Afrique Économie – Congo-Brazzaville: un forum pour le consommer local

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Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Economie, votre rendez-vous de l'Economie africaine sur RFI.  *** La chronique Afrique Economie diffusée le dimanche est remplacée par l'Afrique en marche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS.  http://savoirs.rfi.fr

Le Congo multiplie les initiatives visant à diversifier son économie essentiellement basée sur le pétrole. À Brazzaville, s’est tenu cette semaine un forum sur les filières artisanales et du consommer local ? Une initiative soutenue notamment par l’Institut européen de coopération et de développement (IECD) qui a permis de découvrir le potentiel agroalimentaire et forestier du pays.

Ingénieur en travaux publics de formation, la quarantaine révolue, Giscard Bertrand Pambou évolue depuis quelques années comme pépiniériste, dans la ville de Madingou au sud du Congo. Il a fait le déplacement de Brazzaville rien que pour prendre part au Forum : « Je suis venu, comme tout le monde qui est venu présenter son produit et se faire connaître. Je suis dans la production et la commercialisation des plantes. Sur mon stand, il ne me reste plus que des avocatiers, des manguiers, acacias et du moringa. Il y en avait d’autres, mais qui ont été achetés ».

 

Responsable de la microentreprise dénommée « PF et autres », qui cherche à imposer sa marque, Krishna Ngouala, 31 ans, a proposé au public du poulet bio typiquement congolais : « Je suis dans la transformation du poulet local en poulet fumé, afin que le Congolais puisse maintenant manger bio. C’est ce que nous souhaitons. Ce poulet que vous voyez (de seize kilos), je le vends à 4 000 francs CFA. Puis, les autres de quatorze et quinze kilos, je les vends à 3 500 francs CFA ».

À en croire Axelle L’Hostis, transformateur agroalimentaire, le Congo a un important potentiel artisanal et agricole que des acteurs doivent mettre en valeur afin de limiter les importations : « Le consommer local existe ici à Brazzaville. C’est une possibilité, il suffit de l’encourager et d’être présent. Cela coûte moins cher. En tout cas, ce sont des produits de meilleure qualité parce qu’on sait d’où ça provient. L’idée est que l’économie congolaise ne soit pas uniquement basée sur de l’importation, mais qu’elle réussisse à utiliser des propres ressources naturelles qui sont importantes et représentent un fort potentiel. »

 

Initié par trois organisations spécialisées dans l’animation des activités d’accompagnement à la diversification économique locale, le Forum / Expo des Filières artisanales et du consommer local a été un grand moment de dégustation, selon Forel Mambou, un participant : « Du jus de citron c’est ce que je suis effectivement en train de déguster. Il est fait à base du citron et le sucre est à l’état naturel, pas de produits chimiques. »

Le Forum a enfin permis de sensibiliser les maraîchers urbains et périurbains sur les dangers que représentent les pesticides qu’ils utilisent dans leur production.

Afrique Économie – Éthiopie: la lutte des paysans contre l’érosion des sols (2/2)

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Second et dernier volet de notre reportage au nord de l’Éthiopie. La région du Tigray est l’une de celles régulièrement touchées par la sécheresse. On se souvient de celle des années 1980 qui avait ému le monde. Depuis une vingtaine d’années, un village a décidé de changer ses pratiques agricoles pour reverdir. Outre le creusement de puits pour l’irrigation, l’accent a été mis sur la lutte contre l’érosion des sols. Et le village exporte désormais son savoir-faire.

Ils sont des dizaines éparpillés le long du lit de la rivière asséchée. Sous le soleil qui cogne, ils amassent des pierres qu’ils entassent dans de grands carrés de grillage.

Amate Teka est l’une des travailleuses : « Je construis des digues, des terrasses pour retenir la terre quand il y a la saison des pluies et que l’herbe repousse dessus. Tout ça pour que notre bétail boive de l’eau, de l’eau propre, et puisse manger de l’herbe. »

Ces habitants d’Abreha we Atsbeha font partie des 20% du village à recevoir encore de l’aide alimentaire. 15 kilos d’orge contre des heures de travail pour la communauté. C’est un programme de la Banque mondiale. Il y a vingt ans certains fuyaient les lieux. Aujourd’hui, les mesures autoritaires décidées par le chef de l’époque, Aba Hawi ont fait leur effet : interdiction du pâturage sur les flancs de collines, lutte active contre l’érosion des sols lessivés chaque saison des pluies.

Direction l’Est. C’est justement pour transmettre son vécu qu’Aba Hawi descend de sa montagne dans la plaine Afar. Un filet d’eau coule toute l’année. Un petit canal la conduit jusqu’aux champs. Mais bientôt, la saison pluvieuse du plateau viendra tout emporter dans la vallée.

Medhaniye BiereBerhan, de l’Université de Mekelle : « Donc vous voyiez, c’est par là qu’arrive l’eau depuis le haut de la montagne. Elle coule très vite et elle érode le lit de la rivière. Ça creuse une ravine d’environ deux mètres et demi. Du coup les fermiers n’arrivent pas à profiter les canaux d’irrigation. »

Il veut donc édifier une digue pour briser la puissance du courant et rendre possible la canalisation de l’eau en toute saison. Et dans cette tâche, l’Université compte sur Aba Hawi, retraité de son poste d’administrateur, mais nouvellement embauché pour prêcher la bonne parole.

Medhaniye BiereBerhan : « Nous avons besoin de lui pour deux raisons : il est un expert de l’irrigation et en même temps il a une très bonne image auprès des paysans. Par exemple, je suis un ingénieur civil, j’utilise parfois des termes que les fermiers ne comprennent pas. Aba Hawi comprend ce qu’on pense, ce qu’on dit et est capable de le leur traduire et ainsi on se comprend tous. »

Un paysan qui parle aux paysans, afin de transmettre le savoir-faire qui pourrait contribuer à réduire le nombre d’Éthiopiens bénéficiaires d’aide alimentaire. Ils sont encore huit millions.

Afrique Économie – Ethiopie: les changements dans les pratiques agricoles (1/2)

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En Éthiopie, alors que la sécheresse menace à nouveau une partie de la Corne de l’Afrique, comment améliorer la production agricole ? C’est une question cruciale pour sortir huit millions de personnes de la dépendance à l’aide alimentaire en leur permettant de manger à leur faim, mais aussi de vendre les surplus de leur production. Dans la région du Tigray, dans le nord des hauts-plateaux éthiopiens, un village fait aujourd’hui figure d’exemple en la matière. À la fin des années 1990, un responsable local a décidé de tout révolutionner. Vingt ans plus tard, l’endroit est devenu une oasis de verdure dans un océan de rocaille.

Au pied des montagnes rouges, le village d’Abreha We Atsbeha,  Asqwal Halefom nous emmène visiter son jardin.« Là c’est des mangues, là des oranges, ici c’est du café. »Du café, il y a peu aucun paysan n’aurait parié un centime là-dessus. Et pourtant, nous sommes bien dans l’extrême-nord, une des terres de la sécheresse, de la famine.

Au fond du verger, Madame Asqwal a fait creuser un puits maçonné de huit mètres de profondeur. L’État a financé près de la moitié.« Ici, la terre a besoin de beaucoup d’eau et du compost. C’est comme du sable, ça chauffe vite et ça tue les plantes. On donne de l’eau et du compost toutes les deux semaines, trois semaines. Parfois quand c’est très sec, tous les mois. On a deux puits. C’est assez pour tout le jardin. »

Non loin de chez Asqwal, la demeure d’Aba Hawi. C’est lui, l’ancien chef de village pendant 31 ans, qui a tout enclenché. Il dit avoir appris dans le maquis, formé par la guérilla marxiste qui combattait la dictature dans les années 1980. Des universitaires lui ont aussi donné conseil au fil des ans.

Aujourd’hui, les oiseaux chantent, les feuilles bruissent, les abeilles butinent. Un véritable petit écosystème.« Ça, c’est des mangues regardez. Elles servent à deux choses. La première, ça donne le fruit, ça se mange et ça se vend. La deuxième, c’est que les abeilles peuvent butiner dans les fleurs. On a tout ce qui est cultivable en Éthiopie. Il y a des mangues, du miel, toutes les sortes de fruits, des animaux.. »

Tout ce qui est cultivé ici est soit mangé, soit vendu. En termes de nourriture, Aba Hawi est quasiment autosuffisant.

Le chef a usé de son pouvoir pour obliger les habitants à donner 40 jours par an gratuitement à la communauté. Pour améliorer le village. Le Professeur Gebrehiwot Tadesse, de l’Université de Mekelle, la capitale régionale.« La communauté à laquelle vous avez rendu visite n’est pas facile à convaincre. C’est seulement Aba Hawi qui les a mobilisés, qui les a convaincus. Et pas uniquement de la nécessité de préserver les ressources naturelles, mais aussi de l’interdiction du pâturage. Il est le premier à l’avoir introduit dans cette région. »

Un effort particulier a été fait pour lutter contre l’érosion des sols. Il a valu à Aba Hawi d’être récompensé par l’ONU.

Afrique Économie – Afrique, la place des femmes s’améliore dans le monde des affaires

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En Afrique, les positions des femmes entrepreneuses s’améliorent. Selon une étude réalisée par l’agence de communication Havas-Horizon et le réseau de femmes Women in Africa. La nouvelle génération de femmes d’affaires se dit optimiste pour l’avenir. Même si les pesanteurs sociales restent très handicapantes.

Une grande majorité d’entrepreneuses africaines jugent que l’égalité femme-homme n’est pas satisfaisante dans les entreprises, mais près de huit sur dix constatent un progrès dans l’accession des femmes aux postes à responsabilité.

Anne-Sophie Bradelle, associée chez Havas Horizon : « Elles ont un regard très lucide sur la situation actuelle qui reste très mauvaise, il ne faut pas se voiler la face, et cependant, il y a cet optimisme très fort qui est de dire qu’une dynamique est à l’œuvre et que les choses bougent rapidement. Et si l’Afrique avance du point de vue économique, il faut qu’elle avance au même rythme sur les questions sociétales ».

L’Afrique est le continent où l’entrepreneuriat féminin est le plus élevé. C’est aussi celui où le plafond de verre est le plus résistant. Yacine Fal est directrice générale adjointe de la BAD pour la région Afrique du Nord. Dans son organisation il y a des directeurs, mais des directrices adjointes.

« Je pense que cela va changer. Nous avons des paramètres à tenir. Avec ces indicateurs de plus en plus exigeants, nous serons bien obligés de relever encore le niveau de participation des femmes dans les instances les plus hautes de notre institution », estime-t-elle.

La Sénégalo-Française, Diana Brondel dirige une fintech, Xaalys. Le monde de la finance comme celui du numérique est hyper masculinisé. Pour elle, l’émancipation des femmes passe par leur présence accrue dans les postes clés de la finance, ceux où tout se joue dans les entreprises.

« Qui dit entrepreneuriat dit question du financement. L’accès au financement est encore largement trusté par les hommes. Donc, il faut aussi qu’il y ait des poches de financement dédié aux projets d’entrepreneuriat féminin. Parce que c’est aussi en donnant les moyens aux femmes – pas seulement de faire des petits business tactiques – de faire des business « cross régionaux », qu’on aura aussi des femmes qui vont créer de belles entreprises qui elles-mêmes demain pourront réinjecter de l’argent et de la valeur dans l’économie, pour écrire de belles histoires », défend-elle.

Pour ces femmes, occuper les postes à responsabilité dans les entreprises et les institutions africaines est donc le défi à relever pour que l’égalité prenne tout sens. Pour y arriver, disent-elles, l’un des leviers les plus efficaces et de constituer ou de renforcer les réseaux de femmes d’affaires.

Afrique Économie – L’Afrique et la gestion de la manne pétrolière

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L’Afrique comptera dans les cinq ans à venir pas moins de sept nouveaux pays producteurs de pétrole et de gaz. Le secteur des hydrocarbures fournira donc de nouvelles ressources financières au continent. Encore faudra-t-il bien les gérer, avertissent les économistes, et ne pas répéter les erreurs du passé.

Avec 115 milliards de barils de pétrole et 21 000 milliards de m3 de gaz encore à découvrir, l’Afrique comptera d’ici 2022 le plus grand nombre de nouveaux pays exportateurs d’hydrocarbures. « Pour le pétrole, précise Francis Perrin, directeur de recherche à l’IRIS, il y a aura de façon sûre l’Ouganda et le Sénégal dans les quelques années qui viennent, probablement aussi le Kenya. Pour le gaz, nous aurons le Sénégal, la Mauritanie, le Mozambique et la Tanzanie, là encore de façon sûre entre maintenant et 2022-2023. »

Chance ou malédiction ? L’Afrique centrale, historiquement la mieux dotée en ressources pétrolières, est aussi la région dont l’économie se porte le plus mal depuis 2014 et la chute des cours. Or elle retombe dans les mêmes pièges, constate Mouhamadou Ly, économiste au Policy Center for the New South. « Les premiers chiffres nous donnent vraiment l’impression que les dépenses publiques repartent exactement à la hausse avec les cours du pétrole. Cela laisse présager que les pays n’ont peut-être pas retenu la leçon de 2014. Donc, il faut tirer la sonnette d’alarme, que ces pays engagent des réformes structurelles profondes principalement la diversification de leur économie et adapter leur politique surtout monétaire et des changes aux caractéristiques de leurs économies ».

L’inquiétude pour le Sénégal

L’économiste est également très inquiet pour le Sénégal où enflent déjà les demandes de partage de la rente pétrolière alors que le pays n’a pas encore produit le premier baril. « Ce que l’on note, c’est une surpolitisation de la question des ressources naturelles et cela présage une future captation de rente avec beaucoup de corporations qui auront de plus en plus de revendications d’ordre financier et budgétaire, qui vont mettre la pression sur les autorités pour augmenter les dépenses. N’oublions pas que le pétrole ne va arriver que dans cinq ans ou six ans. Est-ce qu’augmenter les dépenses maintenant sera soutenable ? »

Le Ghana, qui avait fait cette erreur, vient à peine de retrouver sa souveraineté financière, après quatre ans de tutelle du FMI, et il est toujours très endetté.

Afrique Économie – Côte d’Ivoire: WeFi, le sommet ouest-africain pour l’entrepreneuriat féminin

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Abidjan accueillait mercredi le premier sommet WeFi sur le financement de l’entrepreneuriat des femmes. Un projet piloté par la Banque mondiale avec d’autre banques multilatérales comme la BAD ou la Banque islamique de développement, ainsi que 14 pays contributeurs dont les Etats unis. Les Etats unis qui étaient représentés par Ivanka Trump. WeFi fait un constat parmi les nombreux obstacles auquel doivent faire face les femmes dans les pays en développement, il y a l’accès au financement

Afrique Économie – RCA : les localités d’Obo et Zemio sont difficilement approvisionnées

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En Centrafrique, le Sud-Est du pays vit une crise économique importante. Les deux principaux axes de ravitaillement des villes de Zemio et de Obo sont coupés. La frontière avec le Soudan du Sud est fermée, bloquant la route de ravitaillement de Kampala en Ouganda et la route de Bangui est aussi bloquée à cause d’un bac cassé. Dans ces conditions, Obo et Zemio ne sont pas ravitaillées depuis deux mois. Elles vivent sur leurs réserves et le peu qui est amené par avion. Cela a de graves conséquences sur les prix et le pouvoir d’achat des populations.

A Obo, la plupart des boutiques sont fermées. Les chèvres sautillent entre les étales vides, Abdel est un boutiquier. Il ne sait plus quoi faire. « Nous étions ravitaillés par Bangui, mais la route est fermée, il nous restait donc seulement la voie du Soudan du Sud et de l’Ouganda. Malheureusement, elle est aussi fermée maintenant. C’est vraiment pénible de payer le sel 1 500 francs au lieu de 250 francs auparavant et aussi 1 500 francs aujourd’hui pour le savon, qui coûtait hier 500 francs. Ici, la population on ne sait plus à quel Saint se vouer. »

Ici les commerçants musulmans envisagent de quitter la ville. « Nous sommes des commerçants et qui dit commerce dit recherche de bénéfices, explique Djamal Ayoub. On entend dire que les frontières pourraient ne pas rouvrir avant le 1er juin. Si c’est le cas, on sera obligé de fermer boutique. On ne va pas rester ici à perdre nos économies. On a quitté Bangui pour venir chercher de l’argent ici. Donc on ne va pas tout dépenser ici au risque de s’appauvrir. Nous devrons aller ailleurs. »

C’est la même situation dans la ville de Zemio. Issa vend tout à l’unité même les gousses d’ail. « C’est le savon ougandais. Son prix a déjà été augmenté. On le vend 2 500 francs. il coûtait auparavant 1 500. Quant à l’huile, elle se vend 4 000 francs le litre, contre 1 000 francs auparavant ». Et l’huile il vous reste combien de litres ? « C’est déjà terminé, il me reste vraiment un litre et demi. »

Les vêtements qu’il a en stock, eux, ne partent pas. Face à cette situation, le sous-préfet Aroun Bi-Ndjobdi est désemparé. « Les petites boîtes de tomates, on divise la boîte par deux et une partie se vend à 100 francs. Auparavant c’était à 25 francs. »

Les effets se font déjà ressentir.  Abdoulaye Awat est agriculteur dans la ville de Zemio. Cela fait deux ans qu’il n’y a pas eu de récoltes à cause du conflit. « C’est très difficile en ce moment de trouver à manger. Imaginez-vous, les produits de première nécessité, comme le sel et le savon, on n’en a pas. La situation que nous vivons en ce moment est vraiment difficile. Il arrive que nous passions une journée sans manger. »

L’aide alimentaire peine à arriver. À l’hôpital local, on note déjà un nombre de cas de malnutritions en augmentation.

Afrique Économie – Oragroup devient la plus importante introduction à la BRVM

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Le groupe bancaire panafricain Oragroup a fait son entrée à la bourse régionale des valeurs mobilières hier à Lomé pour la levée de 56,920 milliards de francs CFA. Une première dans l’histoire de la BRVM depuis sa création faisant ainsi la plus importante introduction en bourse.

Afrique Économie – Filière coton en Côte d’Ivoire: le gouvernement recadre Olheol Industries

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Capter autant que possible la valeur ajoutée pour les différentes productions du pays, c’est l’ambition des autorités ivoiriennes. Parmi ces productions, il y a le coton, dont la fibre est essentiellement vendue à des négociants pour l’exportation, mais une partie des graines est transformée sur place par des triturateurs, pour faire de l’huile et des tourteaux, destinés à l’alimentation du bétail. Mais parmi ces triturateurs, Olheol Industries se plaint de manquer de matières premières.

Ayant racheté l’ex-société Trituraf de Bouaké en 2009, Olheol Industries a du mal à faire tourner ses machines depuis 2016, faute de graines de coton, « alors que l’État avait promis de [lui] garantir » l’achat de la matière première localement. La réaction de Frédéric Komenan, directeur général de l’activité industrielle au ministère du Commerce et de l’Industrie.

« Lorsque le problème nous a été posé, nous avons initié, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des concertations entre égreneurs et triturateurs, pour faire en sorte qu’il y ait une meilleure entente entre aux. Donc, sous notre égide, nous avons facilité ces relations, qui ont permis d’avoir un accord-cadre signé entre les égreneurs et les triturateurs. L’État n’en est pas signataire ! »

Selon Frédéric Komenan, la Côte d’Ivoire est un pays qui a une « économie libérale ». Il renvoie donc la balle aux égreneurs et aux triturateurs, qui doivent s’entendre. Jean-François Touré, Président d’APROCOT, l’Association professionnelle des sociétés cotonnières de Côte d’Ivoire.

« Nous n’avons aucun avantage à vendre à l’extérieur, si le prix du marché est respecté. Parce que nous devons assurer aux producteurs le paiement du prix convenu, du coton graine. Je pense que pour l’instant, Olheol Industries n’a pas trouvé les conditions commerciales qui lui conviennent. Nous sommes disposés à vendre à l’industrie nationale, si les conditions commerciales agréent les parties. »

En général, les triturateurs payent d’avance et vont chercher eux-mêmes les graines de coton dans les entrepôts des égreneurs. Les graines ne doivent pas être entreposées trop longtemps, sinon elles sont perdues. Aux arguments de Jean-François Touré, Sékou Keita, Directeur général d’Olheol Industries, pointe plutôt une organisation de la filière faite pour décourager les initiatives locales.

« Les sociétés cotonnières négocient avec les banques pour avoir des crédits de campagne, elles n’attendent pas la veille de la campagne pour faire leurs dossiers financiers. Un dossier financier doit comporter et le prix et la quantité qu’on achète. Ils disent qu’ils ne nous vendent pas parce qu’on n’a pas d’argent. Pour nous, ce n’est pas un problème d’argent. Pour acheter la moitié de notre capacité, il nous faut presque 12 milliards de francs CFA. Ça ne se trouve pas dans un coffre-fort ! C’est un dossier financier qu’on monte. Mais un dossier financier pour décaisser 12 milliards, sans compter les intrants qu’on commande en Europe, on ne peut pas en un mois ! »

Il y a aujourd’hui 6 sociétés cotonnières en Côte d’Ivoire qui encadrent près de 100 000 producteurs. Elles assurent aussi l’égrenage. Le manque de graines de coton pour Olheol Industries a mis au chômage technique 600 personnes à Bouaké depuis 2016.

Afrique Économie – Les impacts de la PAC sur les paysanneries d’Afrique

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Comment lutter contre le dumping des produits alimentaires qui bénéficient de la PAC, la Politique agricole commune en Europe et qui sont exportés vers l’Afrique à des prix défiant toute concurrence des produits locaux ? Le cas emblématique est celui des produits laitiers. Une campagne ouest-africaine dénommée « Mon lait est local » a commencé l’année dernière. Depuis, sa coordonnatrice mène le plaidoyer dans les capitales européennes. Après Bruxelles, elle était la semaine dernière à Paris lors d’une journée organisée par Coordination SUD (Solidarité Urgence Développement), qui posait la question de la cohérence de la PAC avec le développement des agricultures paysannes du Sud.

Coordinatrice de la campagne « Mon lait est local » en Afrique de l’Ouest, Hindatou Amadou s’inquiète plus globalement des APE, les Accords de partenariat économique, que l’Union européenne veut imposer aux pays africains.

« Il y a des mesures qui contraignent nos États à signer ces accords-là. Mais nous avons foi que nos décideurs ouvriront les yeux et qu’ils choisiront de promouvoir la filière lait local, que de mener des politiques qui vont beaucoup plus enrichir les industriels. Nous voulons que nos États incitent les multinationales à collecter le lait local et si elles ne coopèrent pas, il faut les contraindre. »

Les transformateurs laitiers ont la possibilité de s’approvisionner, soit avec du lait local, soit avec de la poudre importée, dont les prix sont inférieurs de 30% à ceux du lait local, explique Laurent Levard, responsable de programmes au GRET, une ONG internationale de développement.

« Il y a une responsabilité des pays d’Afrique de l’Ouest parce que le marché intérieur est très peu protégé : il n’y a que 5% de droits de douane ; mais également une responsabilité de l’Union européenne, parce que ces produits ne pourraient pas être exportés à un prix aussi faible s’il n’y avait pas les aides de la PAC. »

Laurent Levard est aussi en charge actuellement de la réalisation d’une étude pour Coordination SUD (Solidarités Urgence Développement), sur les impacts de la politique agricole commune européenne sur les paysanneries des pays du Sud. Il précise qu’en réalité, les poudres qui concurrencent le lait en Afrique de l’Ouest ne sont pas des produits laitiers.

« C’est en fait la protéine du lait mélangée avec de l’huile de palme, c’est-à-dire de la matière grasse d’origine végétale. D’ailleurs, officiellement, dans le Codex alimentarius, ce n’est pas un produit laitier, c’est une préparation alimentaire. Donc, c’est tout à fait incorrect d’appeler ça du lait ! »

Il y a quelques années, l’Union européenne inondait l’Afrique de l’Ouest en découpes de poulets, des sous-produits subventionnés et bon marché. C’est moins le cas aujourd’hui, sans que ce soit le résultat des seules campagnes de la société civile, explique Philippe Collin, administrateur d’Agronomes et vétérinaires sans frontières.

« L’Afrique a été protégée depuis 3-4 ans par l’épidémie de grippe aviaire qui a frappé tous les élevages occidentaux, ce qui a permis aux États de protéger leurs éleveurs de volaille en interdisant pour des raisons sanitaires, l’importation qui provenait de l’Europe, principalement. » 

C’est une illustration que les États africains ont la possibilité de se protéger des importations qui mettent en péril les producteurs locaux. Mais il s’agit pour l’instant d’un cas isolé.