Afrique Économie – Ghana: Google IA prend ses quartiers à Accra

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Chaque jour sur RFI, vivez la mutation de l'économie africaine. Chefs d'entreprises, décideurs, africains de tous bords et de toute condition témoignent dans Afrique Economie, votre rendez-vous de l'Economie africaine sur RFI.  *** La chronique Afrique Economie diffusée le dimanche est remplacée par l'Afrique en marche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS.  http://savoirs.rfi.fr

Google a officiellement inauguré jeudi 11 avril son tout premier centre de recherche en intelligence artificielle d’Afrique. Après Paris, New York, Tokyo ou Pékin, c’est à Accra que le géant d’Internet a lancé son dernier laboratoire. Ce nouveau centre a pour objectif d’utiliser les technologies avec une perspective africaine pour tenter de résoudre des problématiques concrètes et locales de divers secteurs économiques.

En plein centre d’Accra, le tout nouveau laboratoire de Google réunit dix chercheurs venus du monde entier. Comme Nyalleng Moorosi, ingénieure informatique originaire du Lesotho, l’équipe se focalise à appliquer l’intelligence artificielle à la réalité du continent.

« Quand j’ai su qu’ils allaient créer ce laboratoire, j’ai tout de suite dit oui. Pour moi c’est l’occasion de travailler avec les ressources de Google, tout en restant sur le territoire africain de manière à me concentrer sur les problèmes que nous avons chez nous. Certains de mes collègues par exemple essaient de voir comment la vision par ordinateur, qui est une branche de l’intelligence artificielle, peut diagnostiquer les maladies sur les plantes en agriculture ; aussi l’apprentissage statistique peut être utilisé dans les transports, car on sait combien le trafic est un problème dans les villes africaines… »

L’intérêt des universitaires

Moustapha Cissé, le directeur du centre, insiste sur l’aspect collaboratif. « Beaucoup d’entre nous ont un « background » dans la recherche fondamentale, d’autres font également de la recherche appliquée. Par exemple lorsque nous voulons appliquer certaines à l’agriculture, il est important d’avoir un chercheur qui a déjà appliqué ces techniques dans son domaine, etc. Toutes ces pièces du puzzle font qu’à la fin ça marche. Mais l’Afrique n’a pas attendu qu’on soit là ! Quand nous venons ici, ce que nous souhaitons faire, c’est justement contribuer à renforcer cet écosystème, ce tissu de chercheurs. »

Bourses d’études, cycles de conférences, stages. Le monde universitaire entend profiter de l’installation de Google IA au Ghana. Ayorkor Korsah est la directrice du département des sciences informatiques de l’université Ashesi d’Accra. « L’un de mes objectifs en tant qu’éducatrice est de former les jeunes en Afrique pour qu’ils rejoignent le rang des créateurs de solutions technologiques. Vous savez, beaucoup de gens sont inquiets. « L’intelligence artificielle va-t-elle détruire mon emploi ? », et se demandent finalement « vers quel avenir allons-nous ?! ». Donc, c’est extrêmement important que les jeunes, ici, soient impliqués dans la création de cette technologie, plutôt que simplement utiliser des outils qui auraient été conçus ailleurs. »

Le nouveau centre de Google entend déjà recruter de nouveaux chercheurs.

Afrique Économie – Gabon: l’État peine à fournir de l’eau et de l’électricité de façon permanente

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Au Gabon, un an après la réquisition de la SEEG, la Société d’eau et d’électricité, le gouvernement et Veolia – qui était majoritaire – ont trouvé en février dernier un accord, selon lequel le groupe français vend la totalité de ses parts à l’État gabonais. Coupures intempestives d’eau et d’électricité et mauvaise qualité de l’eau distribuée avaient été, entre autres, les récriminations des Gabonais.

Plus d’un an après les protestations contre les délestages intempestifs et les pénuries fréquentes d’eau, la colère des Gabonais est aujourd’hui un mauvais souvenir, mais pas pour tout le monde, selon Ibrahim Sendjet Mboulou, président de l’OCG, l’organisation des consommateurs du Gabon. « Il y a des quartiers à Libreville qui ont l’eau et l’électricité en permanence. Mais il y en a d’autres dans lesquels vous pouvez trouver de l’eau dans une partie du quartier et pas dans l’autre ! Nous espérons que les choses vont maintenant bouger, parce que l’État dispose de moyens conséquents. Il n’aura pas d’excuses. »

En plus du manque d’eau et d’électricité pour des usagers qui ont signé des contrats avec la SEEG, ils recevaient aussi des factures exorbitantes, sans commune mesure avec leur consommation réelle, explique Ibrahim Sendjet Mboulou. « La période où nous étions en pourparlers avec les anciens responsables de Veolia, ils nous ont dit qu’ils venaient d’expérimenter un logiciel et c’est celui-ci qui a amené toute la catastrophe et causé des dommages aux clients. Nous ne savons pas comment la SEEG peut aujourd’hui dédommager des milliers de clients qui se retrouvent dans ce cas-là. »

Ce que dit le gouvernement du Gabon

Pour répondre aux interrogations de certains abonnés lésés, voici en revanche une réaction du ministre gabonais de l’Énergie, Tony Ondo Mba. « Les objectifs assignés à la SEEG sont très clairs et très simples. Il s’agira d’apporter l’eau et l’électricité à tous les Gabonais, aux meilleurs tarifs possibles et aussi en tenant compte des obligations liées à l’environnement. » Encore faudra-t-il que la SEEG atteigne ces objectifs. Mais dans combien de temps ? Lors d’un récent passage à Paris, le ministre gabonais des Transports s’est contenté de dire ceci : « Les coupures d’eau et d’électricité sont légion en Afrique. Nous travaillons à faire diminuer au maximum l’ensemble de ces désagréments. »

Un accès continu à l’eau et à l’électricité fait partie des atouts mis en avant pour faire venir les entreprises dans la Zone économique spéciale de Nkok, près de Libreville, à côté d’avantages fiscaux, précise Gabriel Ntougou, administrateur général de cette zone. « Pour beaucoup d’investisseurs, il y a d’autres aspects tels que l’accès au foncier, à l’eau et à l’électricité. Et dans la zone de Nkok, vous n’avez plus ces problèmes (délestages et pénuries d’eau, ndlr). »

La SEEG a une capacité de production de 500 MW. C’est encore insuffisant pour fournir de l’énergie de qualité à tous les Gabonais. Sur les quelque 2 millions d’habitants que compte le pays, un sur cinq n’a pas accès à l’eau et à l’électricité.

Afrique Économie – Les modes de financement du cinéma africain se réinventent

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En Afrique francophone, le financement du cinéma fait sa révolution. L’époque où l’argent public français dominait chez les cinéastes est en partie révolue. Les modes de production sont plus souples, grâce au numérique, et les canaux de financement font la part belle au secteur privé.

En Afrique francophone pendant trois décennies, la France a financé le cinéma. Un modèle qui a fait ses preuves et fait encore rêver en Afrique anglophone. « Pour être honnête, je pense que beaucoup de réalisateurs sud-africains aimeraient avoir le soutien financier de la France ! », admet Sean Drummond, producteur et scénariste sud-africain.

Sans ces financements publics français, des réalisateurs comme Souleymane Cissé n’auraient peut-être pas pu s’exprimer. Mais, si généreuses soient-elles, les mamelles de l’ex-puissance coloniales ne donnent rien gratuitement. Claude Forest, spécialiste de l’économie du cinéma africain, souligne les effets pervers de ce système.« Toutes les aides étaient des aides liées à une condition. On donnait de l’argent, mais il fallait qu’une partie de cet argent, la moitié en général, soit dépensée sur le pays donateur, c’est-à-dire la France. Donc, grosso modo, on a empêché une filière de se construire parce que, justement, l’argent allait principalement aux techniciens français », explique-t-il.

Nouvelles méthodes de financements

Aujourd’hui l’argent public est plus rare et les producteurs francophones adoptent plus facilement les méthodes anglophones. Charie Kodjo est producteur ivoirien de séries télévisées, pour sa dernière production ; il a appris à jongler avec les différentes sources de financement. « On a d’abord le financement classique par le biais de chaînes de télévision. On a également des subventions, soit de l’État, de la Francophonie par le Fond Image, mais cela ne suffit pas. Donc, on a décidé de développer toute une série de produits dérivés qui nous permettront de pouvoir financer la série. Et enfin, nous avons la diffusion, les canaux traditionnels et notre propre plateforme de vidéo à la demande. Donc, c’est toute cette panoplie qui nous permet de financer la série. »

De nouveaux acteurs sont venus bouleverser les systèmes traditionnels. Plateformes numériques, comme Iroko TV au Nigeria ou acteurs multiformes comme Canal Plus Afrique, à la fois distributeur, diffuseur et producteur. « Pour alimenter, et ses chaînes et ses salles de cinéma, ils ont fait un gros effort d’aide à la production »,expliqueClaude Forest.« Cela passe par les séries aujourd’hui, car c’est cela qui plaît au public, il y a une forte demande au niveau mondial pour les séries. Eux, ils ne font pas d’idéologie ni de politique, et pour avoir des succès sur les antennes nationales, il faut des séries produites par des nationaux et qui montrent des histoires nationales. »

Pour le cinéma et les séries africaines, un basculement s’est opéré en termes de financement. L’amortissement en salle ou par la télévision n’est plus indispensable. Il s’agit désormais de préfinancer intégralement les productions.

Afrique Économie – L’industrie cinématographique marocaine, modèle pour l’Afrique sub-saharienne

| | Episode du | Durée : 00:02:25 | RSS | Site Web

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Il y a tout juste 75 ans, le Maroc se dotait d’un centre cinématographique, en partie copié sur le modèle français. Aujourd’hui, le royaume chérifien produit près d’une trentaine de longs-métrages par an et exporte son savoir-faire en Afrique.

Il y a tout juste 75 ans, le Maroc se dotait d’un centre cinématographique, en partie copié sur le modèle français. Aujourd’hui, le royaume chérifien produit près d’une trentaine de longs-métrages par an et exporte son savoir-faire en Afrique.

Le cinéma marocain peut s’enorgueillir de posséder des réalisateurs de grand talent. Nabil Ayouch, Selma Bargach, Narjiss Nejjar, pour n’en citer que trois. Chaque année, Rabat produit entre vingt-cinq et trente longs-métrages et une centaine de courts. Un dynamisme qui repose en grande partie sur le travail du CCM, le Centre cinématographique marocain, qui soutient et finance la filière. Le producteur Sarim Faassi-Fihri en est le directeur-général depuis 2014. « Nous avons quatre fonds. Un fond pour la production nationale, un fond pour soutenir les festivals. Il y en a soixante-huit qui sont soutenus au Maroc, un fond pour soutenir la rénovation et la création de salles de cinéma – et notamment tout le passage au numérique a été financé par ce fond – et enfin, depuis un an, un fond pour la production étrangère. Don en tout on tourne autour de 20-21 millions d’euros. »

Le tournant date de 2002 avec l’arrivée à la tête du CCM de Nourredine Saïl, un visionnaire selon l’universitaire et spécialiste de l’économie du cinéma africain, Claude Forest.« Lui, son point de vue, c’est qu’il fallait d’abord aider la production, donc la spécificité marocaine est là, depuis 2002 jusqu’à aujourd’hui. Et ça paye. Ils ont aussi soutenu leur industrie technique. Et c’est extrêmement important de pouvoir être autonome, d’avoir des outils, des laboratoires et des techniciens, gens qui travaillent. La visée était là, c’était de pouvoir relocaliser des emplois et des savoir-faire. Et je trouve que cela a plutôt bien fonctionné. »

Selon Sarim Fassi-Fihri, l’un des enjeux pour le cinéma marocain est de renforcer la visibilité de ses productions.« Je pense qu’il faut les accompagner par des vendeurs internationaux avec une plus grande visibilité. Les accompagner aussi dans les travaux de sous-titrages pour certains territoires. Je pense que c’est important de le faire. »

L’autre axe du développement de l’industrie cinématographique, c’est l’Afrique de l’Ouest. Des accords de coproduction existent avec le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso ou encore le Niger. Mais en la matière, selon Claude Forest, tout est à construire.« Aujourd’hui il n’y a plus de filière de cinéma dans aucun pays d’Afrique de l’Ouest. Donc c’est du coup par coup, en trouvant des partenaires privés individuels. Oui, moi je pense que cela peut être un outil de dynamisation mais je ne pense pas que le Maroc ait ni les moyens ni les ambitions pour que ce soit autre chose que du coup par coup. »

L’avenir c’est aussi l’insertion du cinéma marocain dans les systèmes de distribution modernes, à savoir les plateformes numériques de type Netflix. Une réflexion est actuellement en cours dans tout le Maghreb, elle pourrait servir d’exemple au cinéma ouest-africain.

Afrique Économie – Ghana: la TVA à taux zéro sur le textile pour limiter le tissu de contrefaçon

| | Episode du | Durée : 00:02:19 | RSS | Site Web

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En début d’année, le gouvernement ghanéen a annoncé vouloir réduire à zéro la TVA pour les fabricants de textiles locaux pendant trois ans. La mesure devrait coûter au gouvernement plus de 40 millions de cédis, soit près de sept millions d’euros par an. L’objectif : aider les entreprises locales à faire face à une concurrence déloyale : les tissus de contrefaçon d’origine chinoise. Le secteur employait près de 30 000 personnes dans les années 1980, contre à peine 5 000 aujourd’hui.

Au grand marché de Makola, dans le centre d’Accra, les vendeurs de wax se succèdent. Gladys Torkorno dirige une petite boutique, où l’on ne fait que du 100% local.

« Notre défi avec les tissus de contrefaçon, c’est qu’ils ne sont pas chers. Au moins 50% moins chers ! Et les gens en veulent, même s’ils savent qu’ils sont de mauvaise qualité. Vous savez, nos manufacturiers locaux comme GTP, ATP, ils aimeraient pouvoir baisser leur prix. Mais ils ont de tels coûts de production que c’est impossible. »

Sammy Acquah, responsable des ventes chez Akosombo Textiles Limited, l’un des principaux fabricants ghanéens, fait la tournée des clients.

« Ça, ça vient de Chine ! Vous voyez la chemise que je porte et vous voyez ce tissu ? Ils ont repris notre produit, ont réduit la taille du motif, ils ont joué avec les couleurs. Et ils le vendent, et ils se font tellement d’argent ! C’est illégal ! Mais dans un cas comme ça, qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne va pas saisir le produit et dénoncer notre client à la police. On ne peut pas faire ça dans notre business ! Tous ces tissus sont produits en Chine. Habituellement, ils passent par le Togo, ou d’autres routes. Leur but est d’éviter de payer les taxes et les droits de douane. »

Des design imités, des qualités moindres, des prix cassés, le tissu de contrefaçon représenterait aujourd’hui 70% des textiles vendus le territoire. Pour Kofi Boateng, PDG d’Akosombo, l’initiative d’annuler la TVA sur trois ans est un soulagement.

« À cause de tous ces produits de contrebande et cette compétition déloyale, on souffre ! La TVA à zéro nous aidera à être un tout petit peu plus compétitifs. On devrait pouvoir réduire le prix de nos produits de l’ordre de 20 à 50%. Ainsi, on va pouvoir s’agrandir, embaucher plus, faire de nouveaux bénéfices. C’est une aide importante, mais la baisse de la TVA seule ne va pas résoudre tous les problèmes. Il y a également de prévu l’introduction du  » cachet de taxe « . Si vous vendez sur le marché et que vous n’avez pas ce tampon, c’est que votre produit n’a pas été produit au Ghana. Le vendeur verra son produit saisi. »

Si ces tentatives de régulation nourrissent beaucoup d’espoir, leur mise en place se fait encore attendre.

Afrique Économie – Deloitte veut renforcer sa présence auprès des entreprises gabonaises

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Deloitte, un des quatre plus importants cabinets d’audit et de conseil mondiaux veut davantage étoffer sa présence en Afrique, continent d’avenir, selon une forte délégation qui s’est rendue au Gabon entre le 1er et le 2 avril dernier. Le cabinet qui emploie 286 200 personnes dans le monde et a réalisé un chiffre d’affaires de 43 milliards de dollars en 2018 affirme vouloir participer à la croissance économique en Afrique francophone par un soutien accru aux PME/PMI.

C’est quasiment tout le staff dirigeant de Deloitte France et Afrique qui a débarqué au Gabon. Selon Sami Rahal, président de Deloitte France, cette descente fait partie de la stratégie de son groupe pour l’Afrique.« Nous souhaitons accélérer notre impact dans la zone. Deloitte s’inscrit dans une stratégie durable de contribution aux économies dans les treize pays où nous opérons, en particulier au Gabon. »

Les principales cibles de la nouvelle vision de Deloitte en Afrique sont les PME/PMI. Le groupe aide à créer, à développer et surtout à accompagner ces PME dans la recherche des financements. Ce dernier volet est le point fort de Deloitte en Afrique, explique Brice Chasles, Directeur général pour l’Afrique francophone.« On accompagne des PME qui veulent lever des capitaux, recherchent des financements. On les accompagne pour préparer leur recherche de financements, définir des plans d’affaires, les accompagner dans la négociation avec les investisseurs ou les banques. »

Deloitte est présent au Gabon depuis 20 ans où il a créé une centaine d’emplois directs et participe à la formation de l’élite locale dans les domaines pointus de l’audit, la comptabilité et les finances. Pour ne pas louper le marché de l’économie numérique qui se développe très rapidement dans le pays, la délégation venue de Paris a conclu un accord avec Yanick Ebibié, directeur général de la société d’incubateurs numériques du Gabon.« C’est un motif de satisfaction, car là nous sommes en train de permettre le transfert de compétences entre les grands groupes internationaux et les locaux. C’est une manière d’accéder au « local content », c’est-à-dire permettre aux entreprises nationales de bénéficier de tous les grands marchés offerts par l’état ou par les grandes entreprises. »

Le 9 mai prochain, Deloitte co-organisera avec l’ONG Ogooué Lab, un café numérique pour promouvoir les métiers du numérique. Sylvère Boussamba patron d’Ogooué Lab.« Le passage de cette économie traditionnelle à l’économie numérique nous oblige à connaitre les acteurs de l’économie numérique. Nous avons, bien entendu les populations, mais aussi ceux qui produisent des services numériques. »

Perçu comme un cabinet des riches, Deloitte jure qu’il a su adapter son offre à tous les portefeuilles.

Afrique Économie – Bénin : du baume de cajou pour l’industrie

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Au Bénin, la saison du cajou a démarré le mois dernier. C’est l’un des principaux producteurs en Afrique, plus de 100 000 tonnes lors des dernières campagnes. Jusque-là, seule l’amande, qu’on mange, était vendue dans un marché très concurrentiel dominé par l’Inde. Aujourd’hui, d’autres parties de l’anarcarde sont utilisées : la pomme pour faire du jus et la coque pour faire du baume utilisé dans l’industrie. L’usine Fludor, filiale du groupe nigérian TGI, qui produit de l’huile alimentaire et transforme les noix de cajou, est la seule à en fabriquer dans la sous-région. Reportage à Cana, à 2 heures de route de Cotonou.

Le baume de cajou, Cashew Nut Shell Liquid, CNSL en anglais, est un liquide brun contenu dans la coque des noix. Un liquide utilisé dans certaines peintures, des vernis, les patins de frein, l’aviation. Il est fabriqué dans une unité spéciale. Devant un énorme tas de coques, alors que les machines tournent à plein régime, Nicaise Degla, son responsable, nous explique le processus : « La première étape consiste à extraire l’huile par le biais de deux presses. La deuxième étape consiste à sécher l’huile, à soustraire l’humidité pour obtenir une huile de qualité. »

Il y a deux sources d’approvisionnement : les noix achetées pour la transformation en interne, traitées par 800 femmes qui séparent la coque et l’amande qu’elles trient et dépelliculent ensuite. Et des noix achetées auprès des deux autres gros transformateurs. La fabrication de CNSL augmente depuis le démarrage de l’activité l’an dernier. Vinod Kumar, l’ingénieur indien qui a installé l’unité, est enthousiaste : « Actuellement, on produit dix tonnes d’huile par jour, pour ça on a besoin de 30 à 40 tonnes de coques. Notre objectif, c’est de prendre toutes les coques du Bénin. On exporte en Inde, au Japon, en Chine, là où les industries qui utilisent le CNSL se développent, il y a plein de nouvelles technologies autour de liquide tiré de la coque de cajou, important pour certaines industries. C’est donc un très bon marché. »

La production de baume répond à des besoins industriels, mais aussi environnementaux. Au Bénin, on ne savait pas se débarrasser de l’huile qui est acide. Pour Roland Riboux, PDG de Fludor, c’est un moyen supplémentaire pour garder la valeur ajoutée, en plus de la transformation, alors qu’avant les noix de cajou brutes partaient à l’export : « Il y a 20% de baume de cajou dans la coque de cajou, c’est quand même significatif. Souvent on brûle les coques, on les enterre, mais c’est très mauvais pour le sol, pour la pollution atmosphérique. Également si on les brûle, c’est une technologie qui n’est pas très facile à maîtriser. Donc pour l’instant, j’ai l’impression que nous sommes les seuls en Afrique de l’Ouest. »

En revanche, pas de risques sanitaires lors de la production, mais il y a des règles de manipulation. Les résidus de coque sont eux aussi utilisés, vendus comme combustibles à des entreprises béninoises.

Afrique Économie – CFAO veut développer la vente de voitures en Afrique

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C’est une petite révolution pour le géant de la distribution en Afrique, CFAO. Il est en train de racheter le plus gros distributeur automobile en Afrique du Sud, Unitrans Motor Group. CFAO se positionne ainsi sur un marché très dynamique et anticipe le boom automobile africain.

Acheter une voiture en Afrique du Sud revient souvent à passer la porte d’un magasin Unitrans Motor Group. Le groupe dispose d’un réseau de distribution fort de 99 points de vente, emploie 6 000 personnes et commercialise une dizaine de marques. Pour le français CFAO, cette acquisition va permettre au groupe de changer de dimension. Philippe Franiatte est le directeur du développement de CFAO :

« Le groupe passera par cette opération, d’un peu plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires à un peu plus de 6 milliards d’euros. C’est un bon significatif en termes de chiffre d’affaires, mais également en termes de personnel puisque nous allons passer de 15 000 à 21 000 employés sur l’ensemble du continent africain et dans les DOM-TOM. »

L’Afrique du Sud est le plus gros marché automobile d’Afrique, et représente 45% des ventes de voitures neuves sur le continent. C’est aussi un marché où les méthodes commerciales sont modernes et CFAO compte bien profiter de l’expérience d’Unitrans Motor Group, selon Philippe Franiatte :

« Par exemple ils sont plus en pointe sur ce que le groupe est en termes de véhicules d’occasion. Ils sont également plus en pointe sur tout ce qui est marketing digital. On souhaite utiliser cette expertise pour la développer dans les marchés actuels. »

CFAO, qui travaille traditionnellement davantage pour les entreprises que les particuliers, renforce ainsi son réseau de distribution de détail. Un atout alors que le marché automobile africain va connaître dans les années à venir un développement important, selon Meïssa Tall, spécialiste du secteur automobile au cabinet d’audit Deloitte :

« La moyenne pour 1 000 habitants dans le monde est autour de 200 véhicules alors qu’en Afrique on est plutôt à 20. Le marché africain est un marché sous-équipé par rapport au standard mondial. On a une dynamique à la fois de croissance du continent, mais aussi démographique. Ce sont des facteurs positifs. Ce qui fait que le marché doit aller en croissant puisque les marchés matures sont des marchés de renouvellement. L’Afrique a donc encore un potentiel important au niveau du véhicule. »

L’Afrique ne fait pas que consommer, mais produit de plus en plus d’automobiles. Outre l’Afrique du Sud, le Maroc s’affirme peu à peu comme un acteur majeur. Le royaume devrait assembler l’an prochain plus de 650 000 voitures et faire vivre directement près de 500 000 personnes. Un exemple que suivent désormais de nombreux pays, de l’Algérie à L’Égypte, en passant par le Rwanda et l’Éthiopie.

Afrique Économie – Gabon: à la recherche d’investisseurs pour stimuler la croissance

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Une délégation du gouvernement et d’hommes d’affaires gabonais est en ce moment en Europe, pour vanter l’attractivité de leur pays aux investisseurs potentiels. Elle était, samedi dernier au Sénat pour un colloque d’information suivi de rencontres « B to B », c’est-à-dire des rencontres inter-entreprises. Une journée organisée par Business France.

Avec une part de marché oscillant entre 28 et 30%, la France est le premier partenaire du Gabon. Un niveau d’investissement que Libreville aimerait voir augmenter.

Justin Ndoundangoye, ministre gabonais des Transports et de la Logistique précise quel est l’objectif  : « Nous sommes venus ici pour vendre la nouvelle approche gabonaise, celle de la diversification de son économie en s’appuyant sur les potentiels miniers, potentiels forestiers et potentiels marins. »

Alain Bâ Oumar, président de la Confédération patronale gabonaise, représente 300 entreprises qui pèsent plus de 80% du Produit intérieur brut du pays, avec beaucoup d’intérêts français. Il encourage de nouveaux investisseurs français à se tourner vers son pays, en tenant compte de leurs intérêts, mais aussi de ceux des Gabonais.

« Aujourd’hui nous avons besoin que les PME gabonaises puissent trouver des partenaires français qui viennent les aider à grandir. Notre plaidoyer c’est d’expliquer aujourd’hui à notre Etat ces difficultés financières liées à la crise pétrolière. Mais ces difficultés sont également une opportunité pour booster le secteur privé, l’auto emploi, et répondre donc au problème du chômage des jeunes qui est assez important », souligne Alain Bâ Oumar.

L’offensive du gouvernement gabonais à Paris pour attirer les investisseurs français ne plaît pas à tout le monde : des partisans de l’opposition ont manifesté devant le siège du Sénat français. A l’intérieur du Palais du Luxembourg, des opérateurs, critiques, ont assisté à un colloque où il n’y avait pas d’interaction entre les intervenants et le public.

Patron d’une PME, voici entre autres ce qu’aurait aimé dire Joanne Zué : « Nous n’avons pas accès à la commande publique. La politique est tellement présente et omniprésente que pour avoir des marchés au Gabon, il faut militer dans le parti en place. C’est ce que nous réfutons formellement. Nous pensons que nous pouvons être entrepreneurs, et être neutres et totalement désintéressés de la politique. »

Le Gabon veut passer d’une économie de rente à une économie de production. D’où la création d’une zone économique spéciale à Nkok, à une trentaine de kilomètres de Libreville. Gabriel Ntougou, directeur général de l’ANPI, l’Agence gabonaise de la promotion des investissements précise : « Vous avez dix ans d’exonération d’impôts sur les sociétés, dix ans d’exonération de droits de douane, vingt-cinq ans d’exonération de TVA. C’est très attractif ! »

Mais il faut exporter au moins 75% de sa production pour bénéficier de toutes ces exonérations. Les entreprises ne se bousculent pas encore pour s’installer dans cette zone économique spéciale.

Afrique Économie – Sauver la filière laitière ouest-africaine

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En Afrique de l’Ouest, les producteurs de lait font face à une concurrence monumentale, celle du lait en poudre importé du monde entier : d’Australie, d’Uruguay, et bien sûr d’Europe. 80 % des industriels présents en Afrique de l’Ouest utilisent exclusivement du lait en poudre importé. Difficile de les blâmer, le lait local est plus difficile à conserver et, surtout, il coûte en moyenne deux fois plus cher. Un séminaire organisé par le Pafao, le programme de Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest, a réuni à Paris des acteurs de la filière, venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, pour trouver des solutions pour sauver les filières laitières locales.

Le lait en poudre importé est très peu taxé : 5 % seulement, et cela en vertu d’accords signés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. Pour mettre un terme à cette concurrence jugée déloyale, la première revendication, ancienne et portée par tous les acteurs de la filière, est d’augmenter cette taxe. Sans quoi, tout effort de valorisation des filières locales restera vain.

Par ailleurs, certaines pratiques des industriels pourraient également être modifiées nous explique Guillaume Duteurtre, agro-économiste au Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

« C’est faire en sorte que ces produits ne soient l’objet de tromperies auprès des consommateurs, puisqu’il ne s’agit pas de produits laitiers au sens strict, dans le cas des mélanges réengraissés. Donc, dans un premier temps, il faut travailler sur l’étiquetage. 70% du lait importé en Afrique de l’Ouest, c’est sous forme de mélange de lait en poudre et de matières grasses végétales. »

Or, les pays ouest-africains produisent du lait et peinent à écouler leurs stocks. Soutenir la filière, c’est donc soutenir les mini-laiteries pour la collecte, la conservation ou même pour la transformation.

Moustapha Dia est président de l’Adena, une association sénégalaise de développement pastoral, qui rassemble une vingtaine d’organisations communautaires, plus de 7000 éleveurs. Il y a presque dix ans, il a créé sa propre unité de transformation, non sans difficultés.

« Ce sont des équipements que nous ne maîtrisons pas, que nous apprenons à connaître. C’est le cas pour les équipements de pasteurisation, conservation ou les équipements de conditionnement. On a des véhicules pour le commerce du lait, et des réfrigérateurs qui fonctionnent au solaire. Or, nous ne maîtrisons pas le système solaire, et nous rencontrons des difficultés. »

Autre piste pour valoriser la production locale de lait : miser sur de nouveaux produits. Malick Diallo vétérinaire à ICD, une ONG malienne qui accompagne plus de 400 producteurs dans une dizaine de mini-laiteries abonde dans ce sens.

« On est arrivé à faire des produits à forte valeur ajoutée, genre fromage, beurre liquide, cela permet de conserver et de les revendre plus tard. C’est à mon avis une opportunité car il y a une forte demande. Mais c’est une technique à développer et il faut que l’on ait les financements pour. »

Les producteurs locaux demandent de véritables politiques nationales de valorisation de leur filière. Ils comptent également sur l’aide internationale et même sur les industriels eux-mêmes, qui pourraient à terme trouver leur intérêt à financer et utiliser la production locale.