Aujourd’hui l’économie – Pourquoi le téléphérique pour le Kilimandjaro fait polémique

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Pour mieux comprendre notre environnement, Aujourd'hui l'économie vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique. Un focus quotidien complété par une sélection d'informations économiques. Le vendredi, diffusion d’« Aujourd’hui l’économie, le Portrait », celui d’un acteur ou actrice de cette actualité, d’une entreprise grand ou petite...    

L’ascension du Kilimandjaro sera-t-elle bientôt à la portée de tous, via le téléphérique ? C’est l’une des pistes envisagées par le gouvernement pour attirer plus de touristes en Tanzanie. Sitôt annoncé, ce projet a été contesté.

Le plus haut sommet du continent africain est l’un des joyaux du tourisme tanzanien. Chaque année 50 000 randonneurs accourent du monde entier pour réaliser cette ascension qui mène les plus persévérants jusqu’à une altitude de 5985 mètres. Avec ce téléphérique le gouvernement espère augmenter la fréquentation de 50%, selon les projections fournies par le ministre du Tourisme. L’itinéraire n’a pas encore été arrêté. La voie Machame, la plus populaire et la plus spectaculaire, apparaît comme la route la plus probable. Les bennes permettraient d’atteindre non pas le sommet mais une étape importante, le plateau du Shira à 3900 mètres. A pied ce trajet prend une bonne journée de marche.

Ceux qui vivent de la montagne vont-ils profiter des retombées économiques du téléphérique?

Pour le moment ils ont surtout l’impression qu’ils seront les grands perdants. Les porteurs sont les plus inquiets. Au lieu de prendre une semaine pour effectuer l’ascension, les touristes pourraient ne rester qu’une poignée d’heures sur place, le temps de faire quelques selfies et puis s’en vont. Cette innovation pourrait donc priver les porteurs d’une bonne partie de leur revenu. Or cette activité fait vivre 250 000 familles autour du Kilimandjaro et du Meru. Le président de leur association estime qu’un randonneur américain fournit du travail à une quinzaine de personnes, 13 porteurs plus un guide et un cuisinier. Les tours opérateurs eux aussi sont circonspects. Des séjours plus courts, c’est moins de nuitées dans la région, et donc moins de revenus.

Comment le gouvernement a-t-il réagi à ces critiques?

Le ministre du Tourisme temporise et explique que le téléphérique n’est pas destiné aux trekkeurs mais plutôt à tous ceux qui ont envie de découvrir ce sommet mythique sans pour autant avoir la condition physique requise pour une telle aventure. Ce sont donc bien de nouveaux visiteurs qui sont recherchés. La Tanzanie rêve de dupliquer le succès du téléphérique sud-africain bientôt centenaire de la montagne de la Table à Cape Town. Le projet tanzanien n’est pas tout à fait nouveau. D’après l’un des responsables de l’association des tours opérateurs, une société française de transport par câble l’a proposé à la fin des années 60, il avait été retoqué car considéré comme contraire aux intérêts des sociétés locales.

La polémique a aussi rebondi sur le choix des entreprises.

Deux entreprises étrangères sont intéressées. L’une est chinoise et l’autre américaine. Cette dernière aurait déjà passé un accord avec une société locale pour décrocher le contrat. Cette information suscite la colère des Tanzaniens car le code du tourisme stipule que seules les entreprises entièrement tanzaniennes ont le droit d’exploiter les parcs nationaux et leurs trésors. Pour calmer la polémique le gouvernement assure que rien n’est encore décidé. Des études sur les impacts environnementaux, sociaux, et économiques sont en cours.

Ce téléphérique fait partie du vaste plan d’investissements dans les infrastructures lancé pour promouvoir les parcs nationaux. Des routes, des aérodromes, des hôtels doivent être construits pour élargir l’offre. Dans un contexte assez favorable. Les visiteurs étrangers sont de plus en plus nombreux en Tanzanie. Les revenus du tourisme ont augmenté de 7% l’an dernier. Ils se montent à 2,4 milliards de dollars pour 2018 et constituent l’une des principales sources de devises de la Tanzanie.

Aujourd’hui l’économie – Chine-Etats-Unis: l’incertitude s’empare à nouveau des négociations

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Fini l’optimisme de ces derniers mois. Les négociations pour mettre fin au conflit commercial entre Pékin et Washington ont à nouveau du plomb dans l’aile. Le regain d’espoir qui avait marqué le 10ème round de pourparlers la semaine dernière a été douché par une salve de tweets signés Donald Trump. Washington accuse la Chine de revenir sur de précédents engagements et de faire traîner les négociations. Il menace d’appliquer des droits de douanes supplémentaires de 200 milliards de dollars de produits chinois d’ici ce vendredi. Coup de bluff ou pas ? En tout cas, les marchés ont fortement réagi ces derniers jours.

Wall Street d’abord et dans la foulée les autres places en Europe et en Asie ont plongé avant de se ressaisir… Des investisseurs interprétant les menaces de Trump comme un nouveau coup de bluff pour peser sur les négociations. Ce ne serait pas la première menace non mise à exécution. Mais lorsque le négociateur américain Robert Lightizer qui doit recevoir une délégation chinoise demain jeudi a confirmé que les sanctions seraient bien en place vendredi, les marchés sont à nouveau tombés de haut.

C’est que un certain optimisme était de mise depuis le début de l’année. Une trêve avait été décrétée entre les deux puissances après plusieurs mois d’un régime de droits de douane punitifs réciproques portant sur des centaines de milliards de dollars de marchandises. On se souvient que fin mars la date limite pour parvenir à un accord avait été repoussée, et ces derniers jours, vraiment, on s’est cru dans la dernière ligne droite pour parvenir à une ébauche de compromis.

Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement ?

Aucune partie n’entre dans les détails mais lors d’une réunion informelle devant la presse, lundi à Washington, les négociateurs américains ont clairement pointé la responsabilité chinoise. Robert Lightizer le négociateur en chef a expliqué que la délégation chinoise a souhaité revoir sa copie et revenir sur des promesses formulées la semaine passée. Il n’a pas précisé lesquelles. On sait quels sont les points les plus importants aux yeux des Américains : ils demandent la fin du transfert des technologies entre les entreprises américaines et chinoises, la protection de la propriété intellectuelle de ces entreprises, et la fin des subventions chinoises aux entreprises locales.

Côté chinois, on ne commente pas spécifiquement. On dit simplement que la Chine ne cède pas à la pression américaine. Le fait notable, c’est que Pékin n’est pas allé jusqu’à annuler l’envoi de sa délégation. Même dans un format restreint, elle est attendue demain à Washington.

Le pire est évité donc puisque les négociations se poursuivent…

Oui, même si l’atmosphère risque d’être moins amicale que tel qu’on nous l’a décrit lors des cycles précédents.

Certains analystes estiment que c’est peut-être parce qu’on est tous proches d’un accord que la tension reprend le dessus. Avec les « faucons » des deux bords qui chercheraient à faire dérailler le processus.

Dans ce jeu-là, Donald Trump aurait le dessus. L’économie des Etats-Unis affiche des performances telles qu’il pourrait se permettre de menacer de nouvelles sanctions à un moment aussi critique dans les négociations.

Quoi qu’il en soit, l’incertitude qui reprend le dessus agite les marchés mais aussi de nombreux secteurs de l’économie qui sont montés au créneau depuis dimanche. Le secteur agricole américain en particulier, dont une large part constitue la base électorale de Donald Trump espèrent la fin des sanctions déjà en place. Il ne pourrait supporter de nouvelles taxes américaines qui attireraient irrémédiablement des représailles chinoises.

Une escalade qui reste, selon la directrice du FMI Christine Lagarde, la principale menace sur l’économie mondiale cette année.

►En bref

Les exportations chinoises ont reculé en avril mais l’excédent avec les Etats-Unis lui n’a pas bougé

C’est le cœur du conflit commercial entre les deux puissances. Cet excédent qui enrage Donald Trump reste stable à 21 milliards de dollars en avril. D’après les chiffres de la douane, les ventes de la Chine à l’étranger ont reculé de 2,7% après un rebond le mois dernier. En revanche, le pays importe davantage conformément au nouveau modèle de croissance basée sur la consommation domestique…+4%. Évidemment, tout cela pourrait changer d’un coup si les sanctions annoncées par le président américain entraient vraiment en vigueur ce jeudi minuit.

Aujourd’hui l’économie – Dette et développement: la Chine invitée à Paris

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Ce mardi, à Paris, se tient une conférence internationale consacrée au financement des pays en développement, notamment la dette contractée par ces États. Pour les pays les plus fragiles économiquement, le danger est forcément plus important. En particulier depuis qu’avec son immense projet des Nouvelles routes de la soie, la Chine est devenue l’un des premiers acteurs du financement des pays en développement. A Paris, les responsables chinois sont attendus sur ce sujet épineux tant certaines de ses méthodes sont décriées.

Quelque 45 pays seront présents à Paris ce mardi, réunis entre autres autour du Club de Paris, ce groupe informel qui rassemble une vingtaine de créanciers publics et qui planchent sur des solutions aux difficultés de paiement des pays emprunteurs. Il y aura les principales organisations multilatérales comme le FMI, la Banque mondiale et de nombreuses multinationales.

On évitera soigneusement de la pointer du doigt mais la Chine sera de tous les débats. S’il est vrai que des institutions financières privées ont provoqué les pires dégâts dans des pays comme le Mozambique [avec ses dettes cachées], pour ne citer qu’un exemple, l’action de la Chine est aussi lourde de conséquences. Et pour cause.

Grâce à ses bras armés, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, la fameuse BAII ou la China Development Bank, la Chine est devenue un acteur incontournable du financement des projets d’infrastructures dans les pays en développement.

La Banque mondiale, qui est largement supplantée par les institutions de financement chinoises en Afrique par exemple, n’est pas la moins avare en récriminations.

Pour son nouveau directeur l’américain David Malpass qui vient de consacrer sa première tournée au continent, le modèle de financement du développement à la chinoise fait perdre aux Etats le contrôle tout à la fois des infrastructures et de leurs ressources. Il est vrai que souvent Pékin se fait rembourser via l’exploitation des ressources naturelles.

En quoi est-ce un problème ?

Il est normal de s’endetter pour financer des infrastructures essentielles. Le risque, c’est le surendettement.

Or, selon le FMI, 40% des pays pauvres sont en situation de surendettement ou en phase de l’être.

De quoi rappeler de très mauvais souvenirs à ces Etats. Une grande partie ont déjà connus des crises souveraines avant d’être contraints à des programmes d’ajustements structurels.

Sans parler de l’impact ou de l’absence d’impact bénéfique sur la croissance, ce que l’on reproche surtout aux financements chinois, ce sont leurs conditions d’octroi. Elles sont souvent opaques et font fi de la situation des Etats débiteurs… ce qu’on appelle leur soutenabilité financière.

Les exemples sur le continent africain ne manquent pas !

Le Congo-Brazzaville, l’Ethiopie, ou encore Djibouti ont vu déraper leur dette. Celle de Djibouti est passée de 50 % à 85 % du PIB en deux ans. Pour Brazzaville, une grande partie était carrément cachée.

Echaudé par le précédent du Sri Lanka qui avait dû céder à la Chine la gestion d’un port faute de pouvoir la rembourser, la Malaisie a renégocié ses projets d’infrastructures des Nouvelles routes de la soie. Le pays a annulé ou rééchelonné certaines dettes dernièrement. Le Congo-Brazzaville le mois dernier également.

Certains dirigeants comme le président sénégalais Macky Sall suggèrent que la relation avec la Chine peut être équitable si les Etats s’en donnent les moyens.

A quoi peut servir une Conférence comme celle de Paris aujourd’hui ?

Tout le monde s’accorde sur le fait que la Chine est un acteur incontournable du financement du développement.

Mais encore faut-il que la Chine s’engage aux côtés des autres acteurs du développement pour fixer un cadre commun et éviter les dérives. Acceptera-t-elle d’engager ses institutions au sein du Club de Paris et de mettre en pratique les principes sur lesquels elle s’est pourtant déjà mise d’accord avec ses partenaires du G20. Ces principes permettent de s’assurer que la trajectoire de la dette des Etats est soutenable et que le jeu est équitable entre tous les acteurs des projets d’investissements… en instituant la transparence.

Récemment, le discours du président chinois Xi Jinping s’est infléchi. Il promet d’instaurer cette transparence dans l’octroi des financements.

En Chine-même, on s’inquiète des conséquences financières de ces prêts consentis si facilement ces dernières années.

Aujourd’hui l’économie – Afrique du Sud: les inégalités au cœur de la campagne électorale

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Dans deux jours, les Sud-africains iront voter pour les élections législatives. C’est le sixième scrutin depuis la fin du régime raciste d’il y a 25 ans. Et l’un des sujets brûlants de la campagne, ce sont les inégalités économiques. L’Afrique du Sud est l’une des sociétés ou l’écart entre riches et pauvres est le plus important au monde. Malgré la promesse faite, il y a 25 ans, de mettre fin à ces inégalités.

Pas étonnant que ce soit un sujet au cœur de la campagne et que les opposants, au premier rang desquels « les Combattants pour la liberté économique » fustigent le bilan de l’ANC. De plus, l’Afrique du Sud est la 2e économie africaine, un géant !

Pourtant, l’an dernier, la Banque mondiale l’avait qualifiée comme étant la société la plus inégalitaire au monde. Malgré des efforts du gouvernement post-apartheid pour réduire la pauvreté en investissant lourdement dans des programmes sociaux et d’infrastructures. Mais les années de croissance n’ont pas profité à tous, loin de là.

Une dégradation de la situation économique qui a enfoncé le clou

La société sud-africaine est extrêmement polarisée. Selon la banque mondiale, en 2015, les 10% les plus riches possèdent toujours 70% des richesses du pays et la moitié de la population vit avec moins de 5 dollars par jour.

Au pays de Nelson Mandela, la dimension raciale de ces inégalités est une constante. La pauvreté frappe surtout les populations noires. Elles sont en moyenne moins éduquées et davantage frappées par le chômage.

Une situation qui ne change pas, car lorsque l’on évoque les inégalités en Afrique du Sud, la dimension spatiale n’est jamais loin et c’est là que l’héritage de l’Apartheid est le plus évident. Les pauvres, en immense majorité Noirs, se concentrent dans les zones qui étaient déjà des ilots de pauvreté avant 1994, à savoir, les anciens homelands fabriqués par le régime ségrégationniste devenus des bidonvilles.

Les riches, en majorité Blancs, sont dans les centres urbains, où se trouvent les emplois, les opportunités économiques. Résultat : le chômage touche plus de 30% de la communauté noire contre 7,6% des actifs blancs.

L’opposition en a fait le cœur de son message, tant que les terres qui ont été récupérées au régime raciste ne seront pas consacrées à construire des habitations décentes pour les plus pauvres, s’offrir un logement aux abords des villes restera un mirage pour eux. Ainsi, la fracture « Noirs et pauvres » et « Blancs et riches », elle, sera toujours d’actualité.

L’échec de la discrimination positive

Dans les universités, les administrations publiques, l’accès de la population noire a été facilitée par le programme « Black Economic Empowerment » du gouvernement.

Mais dans les entreprises privées, le gouvernement l’admet : on donne surtout de la place au mâle blanc, en particulier dans les postes à responsabilité, à 70% occupés par des Blancs si on en croit les statistiques du gouvernement, basées sur les informations que doivent fournir les entreprises.

Dans l’échelon bas de la hiérarchie, les changements sont plus visibles. Plus de lamoitié des postes d’encadrement sont occupés par des non-blancs, Indiens et métis inclus.

En ce qui concerne la propriété des entreprises, c’est une autre affaire. D’après un organisme d’État, le « National empowerment fund », seuls 3% des grandes entreprises cotées en Bourse sont contrôlées par des Noirs sud-africains.

Globalement, le marché du travail s’est beaucoup tertiarisé au détriment de l’industrie (minière notamment). Donc, il réclame compétences et diplômes et à cause de la pauvreté qui persiste et d’un système éducatif public qui s’est détérioré ces dernières années, la population noire reste éloignée de ces emplois qualifiés et de ses relativement bons salaires.

Certes, une classe moyenne noire s’est épanouie avec les années de croissance, mais on est loin de l’objectif du gouvernement d’éradiquer la pauvreté en 2030 et de donner à la population majoritaire toute sa place dans la sphère économique.

Aujourd’hui l’économie – Le durcissement des sanctions américaines ne mènera pas les exportations iraniennes à zéro

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Ce jeudi 2 mai, Washington met fin aux dérogations qui avaient été accordées à huit pays parmi les plus gros clients du pétrole iranien, dont la Chine et l’Inde. Ce durcissement des sanctions américaines contre Téhéran, c’est la victoire de l’aile dure de l’administration américaine.

Incarnée par John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, l’aile dure contre l’Iran l’a emporté à la Maison Blanche. Zéro tolérance désormais pour les pays qui continueraient d’acheter du pétrole iranien. Cette inflexibilité a surpris jusqu’aux alliés asiatiques des États-Unis : l’Inde, la Corée du Sud, le Japon. Gros clients de l’Iran, ils étaient encore en négociation avec le département d’État américain à ce sujet lorsque le couperet est tombé le 22 avril. Du temps d’Obama, ils avaient été épargnés par les sanctions américaines à condition de faire quelques efforts.

Ces pays vont-ils pouvoir respecter les sanctions américaines ?

Certains comme Taiwan, l’Italie et la Grèce n’importent déjà plus de pétrole d’Iran. Le problème se pose pour ceux qui sont encore très dépendants : la Chine, l’Inde et la Corée du Sud. Les liens commerciaux sont importants avec Téhéran. Les raffineries, en particulier en Inde, sont adaptées à la qualité de brut lourd de l’Iran, on ne change pas cela en deux semaines. Mais l’administration américaine accordera peut-être en sous-main 120 jours supplémentaires de délais à l’Inde et à la Corée du Sud, comme le régime de sanctions le permet.

Quant à la Chine qui a ouvertement manifesté son mécontentement quand bien même elle pourrait respecter les sanctions, le voudra-t-elle ? Le pétrole iranien est l’un des multiples dossiers qui l’oppose aux États-Unis. Le risque concerne les individus, les organisations et les sociétés qui ont des intérêts aux États-Unis, la Chine peut tout à fait acheter du pétrole iranien par l’intermédiaire de petites banques qui n’ont pas de ramification en Amérique, voire même acheter via la Banque centrale chinoise, qui a un immense pouvoir de nuisance vis-à-vis des États-Unis.

L’Iran va donc continuer à exporter du pétrole ?

Probablement beaucoup moins qu’avant, d’autant que cette fois les condensats, le pétrole léger associé au gaz, est également soumis aux sanctions, ce n’était pas le cas sous Obama. Mais les exportations iraniennes ne vont certainement pas tomber à zéro comme le prétend la Maison Blanche. Elles sont encore officiellement d’1,4 million de barils par jour. Et il faudrait gonfler ce chiffre de 40% pour se rapprocher de la réalité, estime la société Kayrros. Au cours des cinq derniers mois, elle a observé l’Iran par images satellites : malgré les sanctions déjà en vigueur depuis novembre, le gaz continuait de brûler presque autant à la sortie des puits de pétrole. La production iranienne, donc, ne baissait pas. Or les cuves de pétrole des terminaux iraniens, elles, se vidaient régulièrement, comme l’indiquait le niveau de leur toit flottant, observé lui aussi par image satellite, sans compter les tankers qui éteignaient leur signal après avoir quitté les côtes iraniennes. Plus de 600 000 barils par jour seraient ainsi passés sous les radars. Cela ne veut pas dire que l’Iran ne souffre pas. D’autant qu’il consent un rabais sur ses barils, proportionnel au risque pris par ses acheteurs. Les choses vont maintenant devenir encore plus compliquées.

Quelles sont les conséquences sur le marché du pétrole ?

En milieu de semaine dernière le prix mondial du pétrole, celui du baril de Brent à Londres, a grimpé à son plus haut niveau depuis six mois, 75 dollars à l’annonce du durcissement des sanctions américaines. Mais à leur entrée en vigueur, le cours du Brent redescend. Le repli du pétrole américain est encore plus net. C’est qu’on vient d’annoncer des stocks énormissimes aux États-Unis, avec une production de pétrole qui va de record en record : 12,6 millions de barils par jour la semaine dernière ! De quoi calmer l’inquiétude sur l’approvisionnement mondial que pourrait causer l’absence des barils iraniens, tant que l’Arabie saoudite n’est pas très claire sur ses intentions, ouvrir les vannes ou pas, avant le sommet de l’OPEP du mois prochain. Seule l’aggravation de l’escalade au Venezuela pourrait vraiment stresser les marchés.

Trump est peut-être en train de gagner son pari : être le plus dur possible avec Téhéran (et Caracas) sans trop mécontenter l’automobiliste américain.

Aujourd’hui l’économie – Pourquoi la durée du travail fait polémique

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Le 1er-Mai en France se déroule cette année sur fond de polémique sur la durée du travail. Pendant sa conférence de presse le président Emmanuel Macron a estimé que les Français devaient travailler plus. Une injonction très controversée.

D’abord parce que le président a utilisé un argument hautement inflammable dans l’opinion pour justifier sa proposition : les Français, a-t-il affirmé, travaillent moins que leurs voisins. Or ce fait est très contesté : si l’OCDE et l’institut Coe-Rexecode, proche du patronat français, ont publié des travaux prouvant que les Français sont effectivement parmi les Européens les moins ardents au travail, en revanche les services du ministère de l’Emploi tout comme Eurostat, l’organe de statistiques de la commission européenne, parviennent à la conclusion contraire.

Et au final combien de temps travaillent les Français par rapport à leurs voisins ?

Pour ne retenir que les chiffres des organismes supranationaux, les Français ont travaillé 37,8 heures par semaine en 2018, alors que la moyenne européenne est à 37,1. C’est ce qui ressort de l’enquête effectuée par Eurostat auprès de un million et demi d’Européens déclarés à temps partiel ou complet. L’OCDE de son côté calcule la durée annuelle du travail, quel que soit le profil du poste, salariat ou pas, temps partiel ou complet, dans ce cas les Français arrivent dans la deuxième partie du classement avec 1 526 heures (en 2017). C’est encore mieux que les Danois ou les Allemands.

Pourquoi arrive-t-on à des conclusions aussi éloignées ?

Comme le mentionnent les experts du ministère du Travail en préambule à leur étude comparative prenant en compte 8 pays, il est très difficile d’établir des comparaisons car les données ne sont pas compilées de la même façon d’un pays à l’autre, les lois diffèrent aussi et enfin parce que les choix politiques en matière d’emploi ont une forte incidence sur le temps réel passé au travail. Au Pays-Bas et en Allemagne, on a préféré développer le travail pour tous plutôt que de laisser grossir le chômage, il y a donc beaucoup de temps partiel qui font apparaitre ces pays comme travaillant peu ou moins que les autres alors que le travail est réparti différemment.

Est-ce qu’il y a une nécessité économique à travailler plus en France ?

En demandant aux Français de travailler plus tard dans leur vie, au-delà des 62 ans, on règle facilement le problème d’équilibre du régime des retraites, c’est le non-dit de la prose présidentielle relayée depuis quelques temps par les ténors de la macronie. C’est la solution la plus rapide. L’autre piste, la baisse du chômage qui ferait augmenter les cotisations est beaucoup plus hasardeuse, puisqu’ Emmanuel Macron n’a pas de potion magique pour obtenir un résultat instantané dans la création de millions d’emplois. C’est donc d’abord pour répondre à une question de finances publiques que le président aimerait que les Français travaillent davantage. Mais les Français ne sont pas très motivés par cette injonction, 54% d’entre eux y sont opposés. Rappelons que la fête du premier mai a été instituée à la fin du 19ième siècle pour fêter un acquis social, la journée de 8 heures et que la tendance historique des sociétés occidentales est à la baisse du temps de travail. On ne passe plus que 14% de notre temps éveillé au travail, c’était 34% en 1936, 70% sous Napoléon.

Aujourd’hui l’économie – En Argentine la rue et les marchés sanctionnent les échecs du président Macri

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En Argentine les services publics et les transports seront quasiment à l’arrêt ce mardi 30 avril en raison d’un nouvel appel à la grève générale contre la politique économique du président Mauricio Macri alors que le pays ne parvient pas à sortir de la crise économique.

La rue comme les marchés doutent de plus en plus de ses capacités à redresser l’économie et c’est vrai qu’il y a de quoi s’affoler. Les entreprises ferment les unes après les autres, le chômage augmente, il est à 9% et surtout les prix flambent : +55% en valeur annuelle, tout est de plus en plus cher, trop cher. Un Argentin sur trois est aujourd’hui considéré comme pauvre, c’est le plus fort taux depuis la précédente crise de 2001. Rien ne semble pouvoir arrêter ce dragon de l’inflation qui, avec la baisse du peso, pousse à nouveau le pays tout au bord du gouffre.

L’Argentine est pourtant assistée par le FMI depuis l’été dernier ?

Le FMI honni par les Argentins a été sollicité par Mauricio Macri pour juguler la crise monétaire. Il a fourni le plus grand plan d’assistance de son histoire en prêtant au total 56 milliards de dollars à l’Argentine. La Banque centrale utilise ces billets verts pour soutenir le peso, mais sans succès jusqu’à maintenant. Elle va continuer sur des montants beaucoup plus importants, a-t-elle annoncé hier lundi. La valeur du peso a fondu de moitié l’an dernier et il a encore perdu 16% face au dollar depuis janvier. Plus la monnaie glisse, plus les investisseurs se dérobent. C’est un cycle infernal. Entretenu par la présence du FMI. Les fonds savent que dans le pire des cas, c’est-à-dire en cas de défaut de paiement, le remboursement du Fonds sera prioritaire, ils préfèrent donc vendre leurs pesos et leur dette argentine avant qu’il ne soit trop tard.

Cette crainte du défaut est-elle fondée et pourquoi a-t-elle ressurgi ?

C’est la proximité des élections qui alimente cette peur. Plus les prix montent, plus la cote de Mauricio Macri baisse, il pourrait donc perdre le scrutin qui aura lieu dans six mois. La peur est montée d’un cran depuis qu’il est même donné au coude à coude avec Cristina Fernandez dans les sondages. L’ancienne présidente ne s’est pas encore déclarée, mais son retour associé au souvenir d’une politique économique hétérodoxe hostile au FMI donne déjà des sueurs froides aux créanciers. Celle qui est considérée comme responsable du grand désordre économique et financier dans lequel se trouve aujourd’hui l’Argentine a retrouvé les faveurs des électeurs grâce à la récession ! Malgré les multiples procès en corruption auquel elle doit répondre. Son dernier livre « Sincèrement », en rayon depuis vendredi dernier, est déjà un succès de librairie.

Mauricio Macri avait promis de mater l’inflation, pourquoi a-t-il échoué ?

Certains analystes estiment qu’il a agi trop peu trop tard, qu’il aurait dû d’entrée de jeu, dès son élection, faire un plan d’austérité sévère pour juguler les déficits de son pays. Il a aussi pâti d’un contexte extérieur néfaste. Le rebond du dollar a fragilisé toutes les monnaies émergentes. Le comble pour ce libéral de centre droit c’est qu’il a fini par se convertir aux recettes du péronisme que lui-même réprouve. Depuis dix jours les prix d’une soixantaine de produits sont bloqués. C’est son ultime tentative pour mater l’inflation et conserver ainsi une chance de remporter l’élection.

►En bref

Le Suédois Spotify a franchi le cap des 100 millions d’abonnés payants

La plate-forme de musique en ligne reste gratuite pour ceux qui le souhaitent, mais ce n’est plus le modèle économique de l’entreprise, car l’accès gratuit n’est pas assez rentable en terme publicitaire. Cette pépite cotée à New York a engrangé ses premiers bénéfices il y a un an seulement, une embellie éphémère, ses comptes ne sont toujours pas à l’équilibre.

En France le prix des carburants renoue avec les sommets de 2013,

Le gazole, le carburant le plus consommé dans l’hexagone, coûte en moyenne 1 euro 48 centimes le litre, le sans-plomb 1,58. Cette hausse s’explique surtout par l’augmentation du cours du pétrole et non par celle des taxes qui pèsent tout de même 60% du prix final.

Aujourd’hui l’économie – La peur du chômage va-t-elle influencer le vote indien ?

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En Inde les plus longues élections législatives jamais organisées à travers le monde sont entrées dans leur quatrième phase. Et au fil du temps et de l’actualité, les enjeux du scrutin évoluent : la priorité des électeurs n’est plus la sécurité, c’est désormais le chômage.

Dans le dernier sondage -effectué par CVoters-Ians, publié ce week-end par la presse indienne il y a eu effectivement un basculement de l’opinion : 28% pensent maintenant que l’emploi est le principal problème que le futur gouvernement devra résoudre et 21% seulement mettent l’accent sur l’insécurité, alors qu’à la mi-mars la peur du terrorisme était au coude à coude avec les thématiques économiques. Malgré le discours identitaire brandi pendant toute la campagne par le Premier ministre sortant Narendra Modi et son équipe du BJP, ses échecs économiques lui reviennent aujourd’hui en boomerang.

Le bilan économique de Narendra Modi est-il si mauvais ?

Il est surtout décevant. La croissance promise est bien au rendez-vous. A 6,7% pour l’exercice 2017/2018 et une prévision encore plus forte pour l’année en cours elle demeure impressionnante, et pourtant c’est encore bien trop lent pour rattraper la Chine, l’une des ambitions affichées par le leader du parti hindou. La lutte contre l’inflation a aussi donné un résultat mitigé. La hausse des prix s’est calmée, elle est passée en dessous de la barre des 10%, mais cette performance est très artificielle. L’inflation a suivi la pente descendante du cours de baril de pétrole dont l’Inde est un gros importateur net, mais chaque fois que le brut remonte, cela entraîne le retour de l’inflation et c’est ce que les analystes redoutent pour les prochains mois, depuis que Donald Trump a annoncé le blocage complet du commerce du brut iranien, dont l’Inde est un gros client.

Le quotidien des Indiens s’est-il dégradé pendant ces cinq ans de gouvernance Modi ?

Les Indiens ont surtout été traumatisés par la mise en œuvre ratée de réformes présentées comme majeures. D’abord l’opération surprise de démonétisation censée supprimer la corruption. La Banque centrale a en fait servi de grande lessiveuse en reprenant des milliards de roupies sans atteindre l’argent de la corruption déjà réinvesti dans des actifs sûrs. En revanche ce choc monétaire a totalement congestionné l’économie dominée par l’informel. L’introduction de la TVA a été une deuxième réforme titanesque qui a raté son objectif de simplification. Quant au décloisonnement de l’économie, il a bien profité aux investissements étrangers qui ont bondi ces dernières années, mais la création d’entreprises bute encore sur les blocages bureaucratiques qui ralentissent la moindre décision.

Les Indiens se disent surtout préoccupés par la montée du chômage.

Un phénomène difficile à cerner parce que les chiffres fiables et récents sont rares. D’après les données gouvernementales confidentielles qui ont fuité dans la presse le chômage a bel et bien augmenté, il est supérieur à 6%, du jamais vu depuis 45 ans. Les villes sont encore plus touchées que les campagnes. Onze des plus grands États ont des taux supérieurs à la moyenne nationale. Le Gujarat qu’a dirigé Narendra Modi et qu’il a érigé en modèle de réussite économique a aussi renoué avec le chômage. En fait la croissance indienne est prodigieuse, mais encore bien trop lente face à la poussée démographique. Chaque mois un million de jeunes supplémentaires arrivent sur le marché de l’emploi. Donner à l’économie la capacité d’absorber cette main-d’œuvre sera le plus gros défi du prochain gouvernement.

►En bref,

La réunion annuelle des actionnaires de Boeing se tient aujourd’hui à Chicago, au moment où la responsabilité de l’avionneur est à nouveau sur la sellette.

Boeing a attendu le crash du 737 Max de la Lion air pour prévenir les compagnies que le signal lumineux avertissant des dysfonctionnements de son système anti décrochage était désactivé et qu’il était devenu optionnel et payant. C’est ce qu’ont découvert l’an dernier des inspecteurs de l’agence de régulation du ciel américain en analysant la flotte de la compagnie Southwest, ils ont alors envisagé de clouer tous les Max au sol et ont finalement renoncé. L’accident de l’Éthiopian Airlines aurait donc pu être évité.

Pour la première fois en sept ans, les États-Unis ont augmenté leurs dépenses militaires en 2018

C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle du Sipri, l’institut de Stockholm de recherche sur la paix. Les dépenses mondiales sont en hausse pour la deuxième année consécutive, surtout à cause des États-Unis et de la Chine, les deux premiers budgets de défense au monde. Dans le top 5 suivent l’Arabie Saoudite, l’Inde et la France.

Aujourd’hui l’économie – Boeing: les mauvais comptes du 737 MAX

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Pour mieux comprendre notre environnement, Aujourd'hui l'économie vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique. Un focus quotidien complété par une sélection d'informations économiques. Le vendredi, diffusion d’« Aujourd’hui l’économie, le Portrait », celui d’un acteur ou actrice de cette actualité, d’une entreprise grand ou petite...    

Boeing a déjà perdu un milliard de dollars à cause des catastrophes aériennes à bord du 737 MAX a annoncé mercredi son PDG, à l’occasion de la publication des chiffres trimestriels de la compagnie américaine. La facture pourrait être beaucoup plus lourde.

L’appareil vedette de Boeing a causé la mort de 346 passagers dans deux accidents successifs en Indonésie puis récemment en Éthiopie. Les familles des victimes exigeront des dommages, tout comme les compagnies dont les avions sont cloués au sol depuis l’accident de l’Ethiopian Airlines. Les analystes estiment que ces indemnisations coûteront plusieurs milliards de dollars au constructeur, mais Boeing s’est bien gardé de donner un chiffre précis, faute de visibilité. Pour le moment on ne sait toujours pas quand le 737 MAX volera à nouveau. On ne sait pas non plus si l’avionneur a vraiment trouvé la parade pour modifier le système anti-décrochage de l’appareil mis en cause dans les deux accidents. Il n’y a pas eu de réponses hier à ces questions essentielles pour l’avenir de ce programme phare du constructeur américain.

Pour la première fois depuis 7 ans, aucune commande de 737 MAX n’a été passée le mois dernier

Les usines qui devaient augmenter leur production l’ont réduit depuis que les appareils sont cloués au sol. Mais les salariés sont maintenus à leur poste, Boeing veut garder la capacité de remonter très vite la cadence quand le MAX sera à nouveau autorisé. Ce jet est la machine à cash du constructeur, il devait générer le tiers des revenus de Boeing des cinq prochaines années. Dennis Muilenburg le PDG du groupe a reconnu que regagner la confiance des clients prendra du temps, car la réputation de Boeing a été sérieusement ébranlée par ces catastrophes. Elle souffre aussi des dysfonctionnements signalés récemment sur d’autres appareils. Selon le New York Times des Dreamliner auraient été livrés avec des débris à bord, une information démentie par Boeing. Par ailleurs le Pentagone a suspendu la réception des ravitailleurs KC 46 après avoir détecté des défauts sur ceux qui ont été livrés en janvier.

Wall Street a plutôt bien réagi à ces chiffres trimestriels

Le titre est légèrement remonté à la bourse de New York, +0,4 % à la fin de la séance. Un milliard de dollars, c’est 1 % du chiffre d’affaires de Boeing. C’est tout à fait supportable pour la compagnie, considèrent les investisseurs. Les actionnaires se retrouvent en assemblée générale la semaine prochaine et ils seront peut-être plus critiques avec la direction de la compagnie passée en mode de pilotage à vue. Elle renonce à ses objectifs financiers annuels. Elle renonce aussi à son programme de rachat d’actions qui a contribué à faire remonter son cours. Boeing préfère garder des provisions pour couvrir des pertes qui pourraient grossir très vite si le MAX n’était pas autorisé à retourner dans le ciel d’ici la fin de l’été.

Les concurrents de l’avionneur américain vont-ils profiter de cette mauvaise passe ?

D’ici la fin de l’année, Airbus reprendra le titre de numéro un mondial de l’aéronautique. Une évolution mécanique due à la baisse des ventes de Boeing. Quant au chinois Comac qui rêve de casser le règne du duopole Airbus-Boeing, il met les bouchées doubles pour vendre son C919, le rival du Max et de l’A320Neo européens. Ethiopian Airlines, un bon client du MAX, pourrait ajouter l’appareil chinois à sa flotte, a annoncé son directeur général. Ce ne sont encore que des intentions, l’appareil sera prêt au mieux en 2022.

 

En bref,

En France la prime Macron a bénéficié à un salarié sur trois

C’est ce qui ressort d’un sondage de l’Ifop. Cette prime défiscalisée de 1000 euros par an a été créée en décembre dans l’urgence pour apaiser la colère des gilets jaunes. Le président pourrait annoncer ce soir qu’elle est pérennisée. Cela fait partie des multiples sujets sur lequel il est attendu pour sa première conférence de presse du quinquennat. À 18 h heure de Paris.

Aujourd’hui l’économie – Un excédent budgétaire record pour la nouvelle Grèce orthodoxe

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La Grèce, l’ancien paria de la zone euro, affiche un excédent budgétaire de 4,5 % du produit intérieur brut pour l’année 2018. C’est le record absolu de l’union monétaire. Comment interpréter cette excellente performance ?

Si la Grèce réalise une telle prouesse, c’est d’abord parce que son économie se porte mieux. Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté l’an dernier et les recettes fiscales ont suivi. Et surtout, Athènes garde les cordons de la bourse très serrés. En témoigne le manque cruel de professeurs à l’école ou de médecins à l’hôpital.

Alexis Tsipras continue d’infliger une violente cure d’austérité à ses administrés parce qu’il y est contraint. Depuis sa sortie du plan de sauvetage, en août dernier, la Grèce s’est engagée auprès de ses créanciers à générer un excédent budgétaire primaire d’au moins 3,5 % du PIB jusqu’en 2022. L’excédent primaire, c’est la différence entre les recettes et les dépenses sans tenir compte du service de la dette, des intérêts que l’État doit évidemment honorer.

La Grèce est-elle devenue le bon élève de la classe euro ?

C’est l’avis des agences de notations. Moody’s a récemment relevé sa note, voilà de quoi rassurer les investisseurs. Désormais, ils raffolent de la dette grecque. En mars dernier, lorsque le trésor a voulu lever 2 milliards et demi d’euros pour sa première émission d’obligation à dix ans depuis la crise, les fonds étaient prêts à lui en offrir presque cinq fois plus.

Il y a quelques jours, les taux des emprunts grecs à dix ans sont tombés à leur plus bas niveau depuis 14 ans. À 3,27 %. Alors qu’ils ont grimpé jusqu’à 30 % au plus fort de la crise. Athènes a regagné la confiance des investisseurs et elle jouit aussi du climat déprimé du marché de la dette souveraine européenne. Sans prendre un risque démesuré, prêter à la Grèce rapporte aujourd’hui beaucoup plus que de prêter à la France ou à l’Allemagne.

La dette grecque coûte moins cher à l’État, mais elle continue d’augmenter

Elle représente plus de 180 % de son produit intérieur brut. Cela veut dire que l’État vit toujours au-dessus de ses moyens. À l’image des ménages grecs. Dans les banques le taux de créances douteuses, c’est-à-dire le poids relatif des emprunts qui ne seront probablement pas remboursés, est de 45 %. À cause surtout des emprunts immobiliers dont on sait que les familles sont pour la plupart incapables de payer les traites. Les finances grecques sont en bonne voie d’assainissement, mais il manque un vrai coup de pouce à l’économie réelle pour élargir l’assiette des recettes fiscales.

Comment le gouvernement compte utiliser le surplus dégagé en 2018 ?

Il veut en utiliser une partie pour rembourser au plus vite l’un des prêts consentis par le FMI. Athènes veut se passer au plus vite du créancier le plus sceptique sur la résilience grecque. À l’approche des élections, Syriza aujourd’hui en perte de vitesse dans les sondages a besoin de donner des gages à son électorat.

A priori, c’est une bonne idée sur le plan financier, parce que ce prêt coûte cher, son taux d’intérêt est supérieur à 5 %, alors que le pays peut maintenant emprunter sur les marchés pour beaucoup moins. Mais en termes économiques, le gouvernement ferait mieux d’investir cet argent dans de nouveaux projets de développement. C’est ce dont a urgemment besoin la Grèce. La croissance pour cette année a déjà été revue à la baisse, à + 1,9 %. Or si la croissance est trop faible, il faudra à nouveau taper dans les dépenses publiques pour dégager l’excédent primaire exigé par les créanciers.

 

En bref

En France c’est aujourd’hui l’audience de la dernière chance pour l’aciérie Ascoval

Le tribunal de grande instance de Strasbourg doit examiner les 4 projets potentiels de reprise pour rendre son jugement la semaine prochaine. Cela fait plus d’un an que les 270 salariés attendent un sauveur. Le Britannique British Steel et l’italien Calvi apparaissent comme les candidats les plus sérieux. Le sort de cette entreprise privée suscite un très grand écho politique et médiatique parce que le gouvernement a voulu en faire un marqueur de sa capacité à enrayer le déclin de l’industrie.