Chronique des Matières Premières – 2019, l’année du soja

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

La filière soja est dans l’attente du résultat des négociations entre Américains et Chinois ce vendredi 10 mai aux États-Unis. La guerre commerciale a contribué à diminuer la demande chinoise pour les oléagineux américains. Une demande déjà affectée par l’hécatombe dans les élevages de cochons en Chine liée à la fièvre porcine.

Il n’existe pas de signe dans le zodiac chinois pour cela, mais si 2019 est l’année du cochon, c’est bien aussi l’année du soja. « La situation est difficile pour les producteurs » ne cache pas David Stephens, producteur du Kentucky et président de l’American Soybean Associations dans des propos rapportés par nos confrères de Bloomberg. La Chine est en effet le premier client des exportateurs américains. Ces derniers ont eu droit aux montagnes russes question émotions ces derniers mois : le marché évoluant en fonction des négociations commerciales entre Washington et Pékin, et même parfois en fonction des tweets de Donald Trump.

Menacés par un haut-le-cœur, les producteurs ont manifesté en début de semaine leur colère face à l’administration américaine. Dans le bras de fer qui oppose la Chine aux États-Unis, le soja est devenu, au même titre que le pétrole, un enjeu politique. « Pour vaincre le serpent, il faut frapper à sept pouces de sa tête », dit-on en mandarin. Autrement dit, pour maîtriser son adversaire il faut agir et trouver son point faible, l’équivalent de l’expression française « prendre le taureau par les cornes. »

Le soja, un aliment de base pour les bêtes

Depuis le début de la guerre des droits de douane avec Washington, le soja, perçu comme le point faible des États-Unis, est une arme maniée avec succès par le pouvoir chinois. D’autant que la fièvre porcine qui décime les élevages, plus de 7 millions de cochons ont été abattus ces derniers mois en Chine, a fortement réduit la demande pour les oléagineux.

Comme le notent nos confrères des Échos, les éleveurs chinois comptent parmi les principaux consommateurs de soja, aliment de base pour les bêtes. À ce titre il représente une large part des importations effectuées par la Chine. Et qui dit moins de cochons, évidemment dit moins de besoins en nourriture. « La peste porcine a des conséquences sur nos importations, sachant que le soja importé en Chine est destiné uniquement à l’alimentation des élevages. La fièvre porcine et la crise des élevages industriels ont donc entraîné une chute de la demande d’oléagineux »,explique leprofesseur Wu Jianxiang de l’Institut des Sciences céréalières au sein de l’Académie des sciences de l’agriculture de Chine. Puis d’ajouter : « Le soja chinois sert à fabriquer du tofu et de l’huile, et les importations sont transformées en tourteaux pour les animaux. La Chine doit importer 100 millions de tonnes de soja par an. L’année dernière nous avons notamment fait appel aux producteurs en Amérique du Sud. Mais autre élément qui contribue à diminuer la demande, la Chine a constitué des stocks importants ces derniers mois. »

Une réduction de la demande chinoise qui fait trembler le marché mondial du soja, déjà malmené par la guerre commerciale sino-américaine

Chronique des Matières Premières – Le gouvernement palestinien tente de réguler le secteur du tabac

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La production de tabac dans les territoires palestiniens a très largement augmenté depuis une dizaine d’années, alimentant tout un secteur d’activité. Mais la production de cigarettes locales échappe à tout contrôle du gouvernement palestinien qui peine à imposer son autorité sur le secteur.

De 2005 à 2011, la production de tabac dans les territoires palestiniens était stable : autour de 5 tonnes par an. Mais depuis le début de la décennie, elle a explosé, jusqu’à atteindre 24 tonnes l’an dernier.

L’augmentation de cette production est due avant tout à une détérioration de l’économie des territoires palestiniens. Le mur de séparation construit entre la Cisjordanie et le territoire israélien a fait perdre aux agriculteurs de la région de Jénine une part importante de leurs débouchés pour leur production de fruits et légumes. Face à l’incapacité de vendre leur production, beaucoup ont fait le choix de passer de l’agriculture vivrière au tabac.

Développé en toute illégalité

Dans un territoire où 31% de la population fume, où les dépenses mensuelles d’un foyer en cigarettes sont supérieures à celles pour l’éducation, le tabac est un secteur porteur. Mais son développement s’est fait en toute illégalité. Si la culture du tabac est autorisée, la confection de cigarettes, elle, est réglementée. Or, pour échapper à tout contrôle de l’Autorité palestinienne, ces ateliers clandestins ont été installés en zone C, la partie de la Cisjordanie entièrement administrée par Israël.

Selon une étude de l’Institut de recherche sur la politique économique de Palestine, le gouvernement palestinien perdrait ainsi près de 100 millions d’euros par an en taxes non perçues. Il souhaite donc réguler ce secteur. Son plan prévoit de contraindre les agriculteurs à vendre leur production à la Compagnie de Jérusalem, société qui produit des cigarettes palestiniennes. Mais le prix qu’elle propose est inférieur de 2 euros 50 par kilo à celui que les producteurs obtiennent au marché noir : une différence qui, tant qu’elle ne sera pas résorbée, demeurera l’assurance vie de ce commerce illégal.

Chronique des Matières Premières – Pétrole contaminé : une «fraude» coûteuse pour l’industrie russe

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C’est une affaire qui pourrait coûter très cher à l’industrie pétrolière en Russie : la contamination de l’oléoduc « Droujba » (Amitié, en russe), qui permet à la Russie de vendre une partie de son brut à l’Allemagne et à plusieurs pays d’Europe de l’Est. Une « fraude » perpétrée par des fournisseurs russes de la région de Samara serait à l’origine de l’incident.

Tout commence à la mi-avril. La Biélorussie affirme que le pétrole acheminé par la Russie est contaminé par des produits chlorés. Ces produits sont utilisés lors de l’extraction du brut, mais ils doivent ensuite impérativement être retirés, faute de quoi ils risquent d’endommager toute la chaîne de transport et de transformation. Dans les jours qui suivent, un vent de panique souffle parmi les acheteurs de ce pétrole frelaté – qui annulent leurs commandes, les uns après les autres. La Biélorussie décide de ne plus accepter le pétrole transitant par l’oléoduc contaminé, bientôt suivi par d’autres pays : l’Ukraine, la Pologne et la République tchèque. Selon la Biélorusse, ce sont cinq millions de tonnes de pétrole qui ont été contaminées pour une valeur estimée par l’agence Reuters à plus de deux milliards de dollars.

Le préjudice est considérable pour les clients, pour les pays de transit, et pour la Russie. D’abord, en raison de la quantité de pétrole contaminé, pétrole qu’il sera très coûteux de purifier. Ensuite, parce qu’il faut nettoyer le pipeline incriminé : un travail laborieux, long et également très coûteux. Durant cette période, il est en outre impossible d’utiliser l’oléoduc, ce qui provoque un nouveau manque à gagner. Enfin, il y a le préjudice en termes d’images pour la Russie et pour Transneft, la compagnie qui assure l’exportation de ce pétrole vers l’Europe occidentale.

Fraude et procédures de contrôle

A Moscou, le patron de Transneft a d’ailleurs passé un très mauvais quart d’heure auprès de Vladimir Poutine, qui a réclamé des comptes, publiquement, à Nikolay Tokarev. Or, celui-ci se dit victime d’une fraude perpétrée par des fournisseurs de pétrole de la région de Samara. Ce mardi, quatre personnes ont été arrêtées dans cette affaire, mais pour l’heure on ne connaît ni leur identité ni les noms des fournisseurs incriminés.

Les autorités russes vont sans doute très vite envoyer un message de fermeté, et tenter de montrer qu’il s’agit là d’un incident isolé. Car pour Moscou c’est la fiabilité du pétrole national qui est en jeu, et le pétrole, pour la Russie, constitue une source de revenus absolument essentielle. Il n’est pas surprenant, donc, de voir Vladimir Poutine taper du poing sur la table. Et demander à Transneft de revoir, au plus vite, ses procédures de contrôle.

Chronique des Matières Premières – Aux États-Unis, la guerre du pétrole continue

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Le gigantesque marché du pétrole de schiste aux États-Unis, toile de fond d’une bataille féroce entre deux géants américains de l’industrie pétrolière. Depuis plusieurs semaines, à coup de dizaines de milliards de dollars, Occidental Petroleum et Chevron tentent chacun de prendre le contrôle de leur compatriote Anadarko. Cette âpre bataille pour racheter cette société marque l’intérêt des investisseurs pour la région du bassin permien, ce nouvel eldorado pétrolier entre Texas et Nouveau-Mexique où la société américaine Anadarko est très implantée.

Pour son rachat, Anadarko a d’abord dit oui à Chevron en éconduisant Occidental Petroleum. À 33 milliards de dollars, c’était déjà le plus important contrat de mariage du secteur pétrolier depuis 2015. Un record vite oublié, car deux semaines plus tard, fin avril, Occidental revient à la charge avec une deuxième offre dont le montant astronomique surprend le monde du pétrole : 57 milliards de dollars. Face à une telle proposition, Anadarko semble désormais préférer se laisser racheter par Occidental, jugeant sa contre-offre « nettement meilleure » pour ses actionnaires et ce, d’autant plus que dans cette âpre bataille, Occidental vient de recevoir un soutien de taille.

Ce soutien de taille, c’est celui de la holding du milliardaire Warren Buffet. Berkshire Hathaway promet en effet d’investir 10 milliards dans Occidental en cas de rachat d’Anadarko. Et pourtant, Anadarko est loin d’être la société pétrolière la plus lucrative du marché. Mais c’est surtout l’une des mieux implantées dans le bassin permien et son rachat permettrait à Chevron ou Occidental de devenir un acteur majeur de ce nouvel eldorado du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis. Depuis une quinzaine d’années, le bassin permien est en effet à l’origine de la révolution énergétique américaine. Entre l’ouest du Texas et le sud-est du Nouveau-Mexique, cette zone désertique a fait des États-Unis un exportateur net de pétrole pour la première fois fin 2018.

Cette année, le Permien est même devenu le bassin pétrolier le plus productif au monde avec plus de 4,1 millions de barils par jour selon les chiffres fièrement diffusés en mars par l’Agence américaine d’information sur l’énergie. C’est plus que le principal champ pétrolier d’Arabie saoudite. D’ici quelques années, dès 2023, les États-Unis pourraient même devenir le premier exportateur mondial de brut. Mais des doutes demeurent quant à la durabilité de cette position de nouvelle super puissance pétrolière. Depuis son apparition dans les années 2000 l’économie du pétrole de schiste américain a toujours été jugée incertaine par les investisseurs. Son très coûteux mode d’extraction par fracturation hydraulique est encore largement financé par le crédit et épuise très rapidement les puits du basin permien.

Chronique des Matières Premières – La noisette turque, fruit de l’exploitation des réfugiés syriens

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Depuis quelques années en Turquie, des dizaines de milliers de réfugiés syriens sont employés à cueillir les noisettes. Et ce, dans des conditions déplorables, selon les témoignages rapportés par le quotidien américain New York Times. Les grands industriels de la confiserie, de Nestlé à Ferrero, tentent de s’approvisionner autrement.

Des journées de travail de dix heures à cueillir les noisettes sur des terrains très escarpés voire dangereux, ou à porter des sacs de 50 kilos. Le tout souvent pour moins de 6 euros par jour. C’est ce qu’endurent les réfugiés syriens, et leurs enfants, dans les vergers turcs de noisetiers. Le New York Times a recueilli leur témoignage.

Intermédiaires peu scrupuleux

Depuis 2011 les réfugiés syriens ont peu à peu remplacé la minorité kurde dans les vergers de noisettes de la région de la mer Noire, au nord de la Turquie. Leur statut de «protection temporaire» ne leur permet pas d’avoir un permis de travail. Mais cela n’est pas obligatoire dans les entreprises agricoles de moins de 50 salariés en Turquie, très large majorité des 600 000 fermes de noisettes, qui en moyenne font moins de deux hectares et sont non mécanisées. Les abus sont donc nombreux, souvent le fait des intermédiaires qui emportent la récolte et oublient de payer ou paient la moitié de ce qui était convenu.

Eviter l’écueil de l’huile de palme

En l’absence de contrôle de l’administration turque, ce sont donc les acheteurs de noisette, les grands confiseurs industriels, comme Nestlé ou Ferrero, qui ont tout intérêt à contrôler leur approvisionnement, s’ils ne veulent pas voir leur réputation ternie aux yeux des consommateurs. La noisette turque pourrait devenir un ingrédient repoussoir aussi fort que l’huile de palme, or l’origine turque est incontournable, elle représente 70 % du marché mondial de la noisette.

Nestlé a remonté la chaîne de son approvisionnement, explicité longuement sur son site internet. L’an dernier le groupe suisse a lancé une expérience pilote pour prévenir le travail forcé et le travail des enfants en collaboration avec l’association Fair Labor Association (FLA), à laquelle il a déjà recouru dans les vergers ivoiriens de cacao. Sont associés ses deux fournisseurs en Turquie, les transformateurs Olam et Balsu. Ce dernier a développé une application qui géolocalise le lieu de travail des saisonniers préalablement enregistrés.

Le Chili nouvelle source d’approvisionnement

Parallèlement les géants du chocolat cherchent à diversifier leur approvisionnement, c’est ce que privilégie Ferrero. Le groupe italien investit actuellement dans les plantations de noisetiers en Serbie, en Australie, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis et au Chili. Le Chili qui devrait produire 28 000 tonnes de noisettes cette année, très loin des 800 000 tonnes de fruits secs attendues en Turquie. Mais les surfaces chiliennes de noisetiers n’en progressent pas moins de façon remarquable, 3 000 hectares supplémentaires par an.

Chronique des Matières Premières – L’hydrogène, le carburant de l’avenir qui attire les investisseurs

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Dans la chronique des matières premières, on parlera aujourd’hui de l’hydrogène. Il est utilisé essentiellement dans le secteur de l’industrie, il suscite de plus en plus l’intérêt des industriels, car il est considéré comme la clé de la transition énergétique.

Des géants de l’industrie s’intéressent aujourd’hui à l’hydrogène, ce gaz inodore, non toxique convoîté par les constructeurs automobiles. Le groupe français EDF, leader mondial dans la production d’électricité, a annoncé début avril la création d’une filiale pour fabriquer et commercialiser l’hydrogène. L’allemand Bosch, le premier équipementier automobile mondial se lance de son côté dans la batterie à hydrogène afin d’équiper les véhicules électriques. Un réservoir dans le véhicule stocke l’hydrogène comprimé, il est transformé ensuite en électricité via une batterie pour alimenter un moteur électrique qui ne rejette que de la vapeur d’eau. Une technologie qui intéresse la Chine, premier marché automobile mondial. Le gouvernement chinois vise à mettre sur les routes 50 000 voitures à hydrogène d’ici 2050.

Les véhicules à hydrogène rejettent en effet de la vapeur d’eau, zéro gaz à effet de serre et zéro particule fine. Les experts estiment que le marché mondial de l’hydrogène pourrait passer de 130 milliards de dollars aujourd’hui à environ 2 500 milliards en 2050.

Des obstacles restent à surmonter

L’hydrogène, même s’il se trouve en grande quantité dans l’eau et les matières organiques il faut le fabriquer et le processus de fabrication est très énergivore. Actuellement, 90 % de l’hydrogène est produit à partir d’énergie fossile, c’est la méthode la plus rentable, mais elle pose le problème des émissions de gaz effet de serre. Il y a une autre technique sur laquelle misent aujourd’hui les industriels, celle qui consiste à décomposer l’eau à l’aide d’un courant électrique afin d’isoler l’hydrogène. Mais cette méthode est coûteuse et devient encore plus si on utilise de l’électricité renouvelable.

Il faut donc que les pouvoirs publics s’en mêlent pour financer les recherches. En Europe, des pays comme l’Allemagne et la France comptent bien ne pas rater la marche : le gouvernement allemand envisage la construction de 400 stations de distribution d’hydrogène d’ici 2023 pour les véhicules, et la France a adopté une enveloppe de 100 millions d’euros pour soutenir la filière, surtout celle de l’automobile.

Chronique des Matières Premières – En Inde, neuf producteurs de pommes de terre poursuivis par PepsiCo

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En Inde, PepsiCo attaque en justice neuf producteurs de pommes de terre. Ils auraient illégalement semé la variété que la filiale indienne de la multinationale utilise pour ses chips. Le contentieux devient très politique.

L’affaire s’est invitée dans la campagne électorale en Inde. Les petits producteurs de pomme de terre vont-ils l’emporter en justice contre PepsiCo ? Le géant américain des sodas est également un géant des chips. Sa filiale indienne a déposé plainte au début du mois contre quatre producteurs de pomme de terre du Gujarat, dans le nord du pays. Ils auraient selon elle, semé illégalement la variété FC5, une semence de pomme de terre à haut rendement et qui a moins d’humidité… L’idéal pour fabriquer des chips ! PepsiCo India dit avoir déposé cette variété auprès de l’autorité locale de protection de la propriété intellectuelle, en 2016.

128 000 euros de dommages et intérêts demandés

Problème : les agriculteurs mis en cause ne sont pas des fournisseurs du géant des chips. La filiale de la multinationale a recours à 24 000 agriculteurs indiens, dans neuf États. Depuis dix ans, elle leur fournit les semences et leur achète toute leur production, à un prix fixé à l’avance. Mais les quatre agriculteurs mis en cause ne font pas partie de son réseau. PepsiCo India, qui veut protéger la qualité spécifique de sa matière première, réclame à chacun d’entre eux 10 millions de roupies de dommages et intérêts, 128 000 euros ! Cinq fois plus que ce que la multinationale avait réclamé l’an dernier à cinq autres cultivateurs indiens. Ils sont désormais neuf à être poursuivis par PepsiCo.

Contre-publicité

Les réseaux sociaux et les politiciens s’emparent de l’affaire. Sur WhatsApp et Twitter, on prend majoritairement fait et cause pour ces agriculteurs, qui n’auraient selon la pétition d’ONG qui circule que 1 à 2 hectares de pommes de terre. L’initiateur de cette pétition, le leader de l’association Jatan Trust juge que l’action en justice de PepsiCo India menace la souveraineté alimentaire. De leur côté, les candidats aux législatives de tous bords politiques sont unanimes à défendre les agriculteurs, et le gouvernement du Gujarat propose même de se porter partie civile.

La publicité devient embarrassante pour PepsiCo, 30 % du marché du snacking en Inde. La multinationale a proposé un règlement à l’amiable aux agriculteurs : qu’ils deviennent ses fournisseurs ou qu’ils détruisent leurs stocks de pommes de terre. Le verdict du tribunal n’est pas moins très attendu, il ferait jurisprudence. Prochaine audience prévue le 12 juin.

Chronique des Matières Premières – La construction d’infrastructures s’accélère dans la bauxite en Guinée

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Les investissements se multiplient dans le secteur de la bauxite en Guinée. Le groupe asiatique SMB-Winning vient de signer un contrat pour la construction d’un nouveau chemin de fer minéralier.

Une nouvelle ligne ferroviaire acheminera bientôt la bauxite guinéenne de SMB-Winning de Santou, vers le port fluvial de Dapilon. Le contrat vient d’être signé entre le groupe sino-singapourien et l’entreprise chinoise China Railway, pour une mise en exploitation prévue avant la mi-juin 2021.

Les chemins de fer minéraliers se multiplient en Guinée. Cela permet de désenclaver les régions minières et d’éviter le transport de la bauxite par camion, à la fois dangereux pour les populations riveraines et très polluant. La tendance est à la mutualisation de ces lignes ferroviaires entre les différents projets miniers, sur les encouragements de la Banque mondiale. Une mutualisation en cours entre le chemin de fer de la Compagnie des bauxites de Guinée, l’entreprise historique, et le groupe émirien Alumina, pour acheminer le minerai de Sangarédi jusqu’au port minéralier de Kamsar.

Production multipliée par 2,5 en deux ans

L’essor de ces infrastructures reflète le véritable boom de la bauxite guinéenne. Le pays ouest-africain a plus d’un quart des réserves mondiales, mais sa production était encore faible en 2013 : 18 millions de tonnes. C’était avant le retrait de l’Indonésie et de la Malaisie du marché mondial de la bauxite non transformée. Les investissements se sont alors multipliés en Guinée pour prendre le relais des deux champions asiatiques.

Depuis deux ans, la production guinéenne a été multipliée par deux et demi pour atteindre 50 millions de tonnes. En 2018, la Guinée a même doublé le Brésil, pour devenir le numéro trois mondial, derrière l’Australie et la Chine. La Chine, qui est le premier producteur, est aussi le premier importateur de bauxite, qu’elle transforme en alumine, puis en acier.

Aujourd’hui, 44 % de ses importations proviennent de Guinée. Ce qui explique le poids des investissements chinois dans le pays, ceux de Chinalco et surtout de SMB-Winning, principal contributeur de l’essor de la bauxite guinéenne – aux côtés des Russes de Rusal, des Émiriens d’Alumina Corp et des Britanniques d’Alufer.

Transformation timide

Quant à la transformation de la bauxite guinéenne, les projets d’usine d’alumine tardent à se concrétiser. Seule l’ancienne usine du Français Péchiney aujourd’hui entre les mains du Russe Rusal a redémarré timidement. La transformation de l’alumine en aluminium n’est pour l’heure pas envisagée.

Chronique des Matières Premières – Abondance de blé annoncée dans l’hémisphère Nord

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La tendance est au repli des cours sur le marché mondial du blé. De toutes parts, on anticipe de très belles récoltes, en particulier en Russie, le premier exportateur mondial.

Abondance de blé annoncée dans l’hémisphère Nord ! Le Conseil international des céréales (IGC) a encore revu la production mondiale à la hausse jeudi dernier. 762 millions de tonnes de blé devraient être récoltées en 2019, d’après l’organisation intergouvernementale basée à Londres, soit 27 millions de tonnes de plus que l’an dernier, 10 millions de tonnes de plus que la consommation mondiale.

Amples récoltes de l’Inde au Canada en passant par l’UE

Aux États-Unis, la qualité des cultures est supérieure à la moyenne décennale. Le Canada prévoit de récolter plus de blé, de même que l’Union européenne, anticipe la Commission de Bruxelles (141,3 millions de tonnes), grâce à une augmentation des semis et à un printemps plus doux que l’an dernier.En Asie, la Chine produira davantage (131,5 millions de tonnes), tout comme l’Inde (99,12 millions de tonnes), ce qui pèse actuellement sur les prix indiens du blé. Pour calmer le mécontement des agriculteurs, en plein scrutin, les autorités de New Delhi viennent d’imposer une taxe de 40 % sur les importations.

La Russie sera massivement présente sur les marchés

La hausse de la production céréalière mondiale, on la doit cependant avant tout à la Russie. Les sources convergent, la Russie devrait cette année frôler voire dépasser les 80 millions de tonnes récoltées, comme en 2017, soit environ 8 millions de tonnes de plus que l’an dernier. La société de conseil Agritel l’a constaté en inspectant les champs dans les régions de Krasnodar et Rostov : les surfaces ont augmenté et les rendements seront meilleurs grâce à de bonnes conditions de semis et de germination. De quoi asseoir le rang de premier exportateur mondial de blé que la Russie a ravi aux États-Unis. « Une forte concurrence de la mer Noire est encore à prévoir pour le blé français cette année », confirme Agritel. D’autant que l’Ukraine et le Kazakhstan annoncent aussi de très belles récoltes.

Rien n’est joué en Europe et aux États-Unis

L’impact se fait sentir sur les cours mondiaux du blé. Ils n’ont cessé de plonger depuis trois semaines à environ 160 dollars la tonne sur la Bourse de Chicago et environ 170 euros sur Euronext à Paris. Pourtant, rien n’est joué jusqu’à la récolte. En Europe du Sud, la sécheresse inquiète. Aux États-Unis, c’est au contraire l’excès de pluie qui pourrait dégrader la qualité des épis. Les spéculateurs ont jusqu’à présent parié comme jamais à la baisse des cours du blé, mais ils pourraient brutalement changer d’avis.

Chronique des Matières Premières – Une contamination du pétrole russe propulse les cours à plus de 75 dollars le baril

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Les cours du baril de Brent ont dépassé les 75 dollars ce jeudi 25 avril. Le durcissement des sanctions américaines contre l’Iran n’est pas seul en cause. Une contamination du pétrole russe raréfie ces derniers jours l’offre de brut en Europe.

Le pétrole russe est indésirable depuis quelques jours en Europe : trop chargé en produits chlorés organiques. Ces additifs acides, utilisés au niveau des puits de pétrole pour dissoudre les débris calcaires et doper la production, doivent être retirés ensuite. Sinon le pétrole est impropre à la transformation, avec des acides qui risquent d’endommager sérieusement les installations de raffinage. Or ces produits chlorés organiques ont été retrouvés dans le pétrole russe à des taux jusqu’à 30 fois le maximum autorisé.

Oléoduc de l’Amitié contaminé

La Pologne et la République tchèque ont d’après Reuters cessé d’accepter le pétrole russe en provenance du méga-oléoduc de l’Amitié, qui approvisionne l’Europe jusqu’en Allemagne, l’équivalent de 700 000 barils par jour, presque 1% de l’offre mondiale. Les importateurs et les négociants boudent aussi le pétrole qui arrive par voie maritime depuis le port russe de Ust Luga, sur la mer Baltique. Au moins cinq tankers auraient été refusés à leur arrivée dans les ports européens, où des analyses, explique un expert, sont toujours systématiquement réalisées.

Risque de pénurie

Autant de pétrole que les raffineurs, de PKN en Pologne à Total, Shell ou Eni en Allemagne doivent remplacer en urgence. La Norvège, l’Arabie saoudite, le Nigeria et l’Angola fournissent aussi la Pologne, mais leurs expéditions risquent d’être insuffisantes. D’où l’envolée des prix du brut à plus de 75 dollars le baril, leur plus haut niveau depuis octobre dernier. Le risque de pénurie mondiale s’accroît, après la décision des États-Unis de ne pas reconduire les dérogations aux pays importateurs de pétrole iranien.

Jusqu’au 29 avril

Les autorités de Moscou ont promis de régler ce problème de qualité du pétrole d’ici la fin du mois. Le vice-Premier ministre russe s’est engagé à ce que le pétrole expédié par l’oléoduc de l’Amitié soit à nouveau « propre » le 29 avril, dans cinq jours, le temps de repomper le pétrole contaminé qui est allé jusqu’en Biélorussie et en Pologne, où des discussions sont prévues avec des représentants russes ce vendredi.