Des cosmétiques pour la défense des peuples autochtones

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https://youtu.be/7d1-kzKe-6Q
Défendre les droits humains et les biens communs du vivant, c’est l’engagement de la Fondation France Libertés depuis sa création en 1986.
Et depuis quelques années, la Fondation a lancé une gamme de produits solidaires destinés à permettre le financement de ses actions. Des jeux, des bijoux, des vêtements, des sacs, font, entre autres, partie des produits disponibles. Aujourd’hui, une gamme de cosmétiques vient compléter l’offre pour mettre en avant la défense des peuples autochtones.
Avec Léna Bauer, responsable de la communication à France Libertés
On peut se dire que la vente de produits en ligne par une association de votre type peut paraître étonnant. Quelle est l’idée ?
« La boutique en ligne de la Fondation, c’est avant tout une boutique solidaire. Tous les bénéfices qui sont issus des ventes reviennent aux actions de la Fondation pour défendre les droits humains et les biens communs. Aujourd’hui, on a une cinquantaine de produits sur notre boutique en ligne. Ce sont uniquement des produits qui correspondent à nos valeurs. On peut y trouver des jeux qu’on a développé pour sensibiliser aux peuples autochtones, il y a des gourdes pour éviter de consommer des bouteilles d’eau en plastique, il y a de nombreux livres sur nos thématiques ».
Est-ce une manière de toucher plus de gens, de sensibiliser un autre public à vos actions ?
« Oui. La plupart des produits qui sont sur notre boutique en ligne sont des outils de sensibilisation, sont des outils de découverte des autres. On touche effectivement un autre public grâce à cette boutique, puisque ce sont des personnes qui ne sont pas forcément sensibilisés, engagés, militants, qui vont sur notre site internet pour trouver des produits de qualité, des produits qui leur servent dans la vie de tous les jours mais qui respectent leurs valeurs. »
Vous lancez une gamme de cosmétiques. Quelles sont leurs particularités ?
« C’est une collaboration entre la marque de cosmétiques Aïny et la Fondation France Libertés. On a en vente une dizaine de produits cosmétiques, des gommages, des crèmes, des sérums. Dans tous ces produits, on retrouve des plantes d’Amérique du Sud, et plus particulièrement des Andes et d’Amazonie, qui sont utilisés dans des rituels ancestraux de protection et de guérison. »
Vous travaillez avec la société Aïny, qui développe et commercialise ses produits. Quels sont ses engagements ?
« Aïny est engagée dans une logique de commerce équitable. Elle achète ses plantes aux producteurs à des prix justes. Elle est également engagée pour la nature, puisque ses produits sont biologiques. Ils sont certifiés Ecocert, ils ont une labellisation Cosmébio. Et ils respectent les animaux, puisque ni les ingrédients, ni les produits ne sont testés sur les animaux. »

Avec quelles populations l’entreprise a-t-elle noué des partenariats ?
« Cela dépend des plantes. Pour le Sacha Inchi, l’entreprise a noué des partenariats avec les Ashaninkas et les Yaneshas, qui sont des producteurs de Sacha Inchi en Amazonie péruvienne. Le Sacha Inchi, est une plante qui était déjà connue des Incas et qui est utilisée encore aujourd’hui au Pérou comme un onguent anti vieillissement. Pour d’autres plantes, Aïny a noué des partenariats avec d’autres peuples, par exemple le peuple Quecha, qui habite dans la Vallée Sacré autour de Cuzco au Pérou, et qui sont les descendants directs des Incas. Ou encore avec le peuple Achuar qui habitent en Equateur et au Pérou et qui auparavant était connu sous le nom de Jivaros. »
Quels sont les bénéfices pour ces peuples autochtones ?
« Pour les peuples autochtones, cela leur permet surtout de valoriser leur savoir traditionnels, puisque la marque respecte leurs connaissances et développe avec eux des alternatives à la biopiraterie, c’est-à-dire à l’accaparement de la biodiversité et des savoirs traditionnels. Les peuples autochtones, qui sont les partenaires d’Aïny, reçoivent 4% du chiffre d’affaire de la marque comme droits d’utilisation de leurs savoirs traditionnels. Les peuples ont l’assurance qu’aucun brevet ne sera déposé sur les plantes par la marque. »
C’est un soutien financier et un outil d’aide à leur combat ?
« Tout à fait. C’est un soutien financier qui n’est pas un soutien caritatif. C’est vraiment un soutien dans le cadre des droits d’utilisation de leurs savoirs traditionnels. Les peuples autochtones, ici, sont de véritables partenaires de l’entreprise. C’est une manière de protéger leurs savoirs traditionnels et de les accompagner dans la défense de leurs droits. »

En quoi la démarche de l’entreprise rejoint celle de la Fondation ?
« France Libertés lutte contre la biopiraterie depuis plusieurs années. Cette démarche prouve qu’il y a des alternatives à l’appropriation des savoirs, y compris dans le secteur cosmétique. Et plus largement, cela montre que c’est possible pour les citoyens de consommer des produits qui sont en accord avec leurs valeurs et leurs convictions. »
Pour aller plus loin :

Des cosmétiques bio qui respectent les droits des peuples autochtones
Aïny, le pouvoir des plantes sacrées
La boutique solidaire de France Libertés

 
 

L’ACTU : Triomphe électoral des Verts en Belgique !  

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http://www.naturoprod.com/mp3/chronique-2018-10-20-09-00-00-pierre-Ecolo.mp3

Unanimité de tous les partis en lice et des observateurs politiques : le parti écologique belge (créé en 1980, puis scindé en « Écolo » francophone et « Groen » (« Vert ») néerlandophone, militant souvent sous une même étiquette), a fait un triomphe aux élections communales (municipales) dans maintes régions de Belgique (dimanche 14 octobre 2018).
Les titres et commentaires de la presse écrite et des médias radiotélévisés sont explicites à ce sujet, tel celui du quotidien généraliste « Le Soir » avec « Une vague verte sur Bruxelles » (photos ci-contre), ce que confirme le journal économique « L’Écho » avec « Vague verte ».
Le site d’Écolo, quant à lui, ne va pas les contredire et clame « Ils l’ont fait ! Merci à tous nos candidat.e.s d’avoir provoqué cette vague verte ! »
Plusieurs communes seront même dirigées par des Verts et de nombreuses autres verront les écologistes entrer en force dans les majorités.
Aussitôt les résultats connus, des commentaires ont fusé face à cette indiscutable victoire électorale des écologistes et, bien entendu, un argument tendancieux ou fallacieux parmi eux afin d’amoindrir ce succès : « Il s’agit d’un vote de rejet des partis traditionnels plus que de conviction ».
Cet argument n’est donc pas crédible, comme le prouve notre reportage à Woluwe-Saint-Pierre, plus de 40 000 habitants « commune  résidentielle parmi les plus huppées de la capitale et de la Belgique »[1] où les écologistes passent de 10 à 20% des voix !
Il y a donc bien une réelle prise de conscience de nombreux citoyens sur l’urgence climatique et la protection de notre planète et il reste aux politiciens « verts » à ne pas les décevoir !

 
[1] Wikipedia, 2018.

Histoire sacrée du monde (5/6) : L’influence des étoiles sur l’être humain.  

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Avant-dernière chronique consacrée à l’imposant essai L’Histoire sacrée du monde de Jonathan Black (J’ai Lu) avec Paracelse qui voyait, au début du XVIe siècle, la manière dont les étoiles agissaient sur les êtres humains en exerçant une influence à distance à l’intérieur du corps humain. Mars a, par exemple, un lien avec le sang et le soleil avec le cœur, selon lui.
À l’heure actuelle, plus personne ne met en cause l’influence de la pleine lune sur l’augmentation des naissances, autant humaines qu’animales.
Et puis, selon ce médecin, philosophe et théologien laïque, « certaines personnes naissent avec une conscience visionnaire. D’autres peuvent y être initiées par les cérémonies des sociétés secrètes. Les techniques pour induire des états de conscience supérieurs et entrer en contact avec les intelligences supérieures comptent parmi les secrets les mieux gardés. »
L’influence posthume de Paracelse sur la civilisation fut immense. Il aurait été déterminant pour la médecine, traditionnelle comme alternative, pour le développement de la méthode scientifique. On lui attribue la découverte des principes à l’origine de l’homéopathie et de l’importance de l’hygiène en médecine. Il serait le père de la toxicologie et de la médecine expérimentale L’intérêt qu’il portait aux composants chimiques des remèdes le conduisit à identifier et à nommer le zinc.
La plupart des remèdes populaires répertoriés par cet homme itinérant qui mourut seul, ayant atteint son objectif de ne jamais devenir riche, servent de base aux médicaments industrialisés d’aujourd’hui.
Et, comme l’explique l’ouvrage au fil des chapitres et, donc, des siècles, nous avons assisté à un changement de conscience, comme l’humanité passait d’une forme de conscience basée sur les idées à une autre basée sur les objets, mais, au XVIIIe siècle, la science et la philosophie fournirent des résultats escomptés : ils développèrent un ensemble de critères efficaces pour décrire le fonctionnement du monde, soit un virage majeur.

La voiture électrique, pas si écologique que ce que l’on veut bien nous le dire ?

| Fréquence Terre | Episode du | Durée : 3:00 | RSS | Site Web

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http://www.naturoprod.com/mp3/chronique-2018-10-11-09-00-00-Sebastien-La-voiture-electrique-pas-si-ecologique-que-ce-que-l-on-veut-bien-nous-le-dire.mp3
Stéphane Lhomme est le directeur de l’Observatoire du nucléaire. Il a récemment publié un article, dans lequel il met à mal la voiture électrique. Il lui reproche, entre autres, sa pollution et sa subvention par les pouvoirs publics. Voyons cela avec lui.
Stéphane Lhomme tient à être clair. Il « ne fait pas la promotion de la voiture thermique ». Il la dit être « une calamité environnementale ». Il tient toutefois à attirer l’attention sur la réputation que l’on fait à la voiture électrique. Elle est, à ses yeux, « aussi nocive pour l’environnement que la voiture thermique ». Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview de Stéphane Lhomme ici.

De l’éco quartier à la ville durable : Un nouveau modèle urbain (rediffusion)

| Fréquence Terre | Episode du | Durée : 3:31 | RSS | Site Web

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https://youtu.be/FIxGV6YLqsw
Cela fait de nombreuses années que les éco quartiers et autres cités durables fleurissent un peu partout en France et dans le monde. Les initiatives se multiplient, parfois un peu dans leur coin, sans toujours se nourrir les unes les autres.
Les différentes villes qui se sont lancées dans le développement durable ont mis en place beaucoup de solutions, mais elles restent souvent à l’intérieur des quartiers. Elles relèvent, pourtant, la plupart du temps d’initiatives qui vont dans le bon sens.
La question aujourd’hui est : comment passer d’un quartier durable exemplaire à une généralisation pour l’ensemble de la ville ?
C’est l’objet d’un ouvrage intitulé “Du quartier à la ville durable, vers un nouveau modèle urbain ?”
Edité par le Comité 21, cet ouvrage de 164 pages dresse un panorama d’une centaine d’expériences concrètes, innovantes et transférables, menées dans les collectivités françaises et étrangères.
Pour Antoine Charlot, le responsable du programme Territoires durables du Comité 21, et auteur de cet ouvrage, “la ville durable ne peut se résumer à un cortège de maisons passives ou à la construction d’un éco-quartier. Elle doit représenter un changement radical du modèle urbain, qui doit dépasser les seules mesures environnementales !”
Beaucoup d’exemples dans cet ouvrage, mais surtout pas de modélisation applicable à toutes les villes.
Chaque territoire, chaque commune, doit se construire en fonction de son contexte historique, politique, géographique, et en fonction de sa démographie. De Lille à Marseille, à un village isolé du Cantal, ou du Sénégal au Brésil, la ville durable ne sera pas la même, les enjeux seront différents, les solutions mises en œuvre, très spécifiques.
Il faut donc éviter les labels, mais construire SA ville durable en fonction de SON contexte.
Passer de l’éco quartier à la ville durable, doit se faire par une évaluation de ces expérimentations pour voir comment étendre les solutions à l’échelle d’une ville.

L’ouvrage du Comité 21 redonne les enjeux d’un nouveau modèle urbain. L’urbanisation n’est pas un phénomène récent, mais elle présente aujourd’hui une ampleur inégalée : foncier explosif, paysages sacrifiés, voiture nécessaire et omniprésente, exclusion sociale des centres urbains.
Pour contrer tous ces effets négatifs, l’ouvrage tente d’apporter des réponses concrètes et des pistes de réflexion. Il faut repenser la ville dans son ensemble sans se focaliser sur une seule activité.
Les élus doivent donc s’appuyer sur une stratégie globale qui concerne à la fois l’aménagement urbain et l’ensemble des politiques de la collectivité : l’éducation, la formation, l’emploi ou la solidarité.
Tous les acteurs de la ville doivent être mobilisés pour mettre en œuvre cette stratégie : élus, architectes, urbanistes, sociologues, services publics, associations, ou encore spécialistes de l’énergie… et évidemment les habitants eux-mêmes.
Et comme il faut aussi s’inspirer de l’existant pour essaimer ailleurs, l’ouvrage du Comité 21 détaillent quelques expérimentations parmi les plus innovantes.
Initiative, par exemple d’un éclairage public modulé en fonction des lieux de la ville ou de l’heure de la journée, comme cela se fait à Oslo. Multiplicité de l’offre des transports collectifs, comme à Nantes, ou encore les jardins partagés, qui se développent largement et qui sont des lieux d’échange autour de la biodiversité.
Initiatives encore autour de la participation des habitants, comme à Porto Allegre, au Brésil ou à Echirolles, en Isère ; mixité sociale comme à Barcelone ; intégration de la nature dans la ville comme à Londres ou à Nantes ; maitrise de la consommation énergétique, comme à Francfort ou Los Angeles.
Tout cela contribue à penser globalement la ville à l’échelle du développement durable.
“Du quartier à la ville durable, vers un nouveau modèle urbain ?”, un ouvrage du Comité 21 pour réfléchir à des nouveaux usages, valoriser les pratiques, valoriser la ville.
 
Pour aller plus loin :

Comité 21, le réseau des acteurs du développement durable
Du quartier à la ville durable
Eco-quartiers : les 10 enjeux clés
Les éco-quartiers : laboratoires de la ville durable

 

« Dieu ne tue personne en Haïti » de Mischa Berlinski (Albin Michel)  

| Fréquence Terre | Episode du | Durée : 2:15 | RSS | Site Web

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http://www.naturoprod.com/mp3/chronique-2018-10-07-09-00-00-pierre-Haiti.mp3
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
 Mischa Berlinski, auteur du roman Dieu ne tue personne en Haïti (Albin Michel), débute son ouvrage par une parabole créole qui, a elle seule, peut résumer la trame de son récit : « Tout faire pour s’en sortir n’est pas un péché ».
Au fil des chapitres de cette histoire d’un ancien shérif de Floride qui se retrouve en Haïti après avoir accepté un poste aux Nations unies, voici quelques phrases qui l’illustrent davantage :
« Quand on travaille dans le domaine pénal, on est convaincu que tous les hommes naissent pécheurs. »
« Notre chef d’administration était un Trinidadien, dont les barbecues dominicaux reflétaient sa vision de l’ONU en tant que fraternité humaine. Asiatiques, Africains et Occidentaux pour partager des morceaux de poulet à la jamaïcaine. »
« Sur mille personnes, l’une d’elles fera forcément quelque chose que les autres ne feront pas. »
« Comme nous le rappelle le philosophe, la seule chose absolument bonne en ce monde, est une bonne volonté. Alors pourquoi les Américains oppriment-ils autant ? »
« Le monde des riches est intime, soupçonneux, consanguin. »
« C’est la loi de la nature : s’il veut garder son os, un chien doit montrer les dents. »
Et, dans le fond, pourquoi le titre Dieu ne tue personne en Haïti ? Parce que, explique l’auteur, c’est un proverbe créole qui, métaphoriquement, signifie que personne n’y meurt de mort naturelle et que le monde s’éclaire alors d’une sorte d’affreuse logique meurtrière ! Celle de la précarité, de la violence, des gosses qui crèvent de faim… sous l’œil amorphe ou désintéressé des nantis.

La micromobilité électrique : un mode de transport en plein essor

| Fréquence Terre | Episode du | Durée : 2:56 | RSS | Site Web

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http://www.naturoprod.com/mp3/chronique-2018-10-04-09-00-00-Sebastien-La-micromobilite-electrique-un-mode-de-transport-en-plein-essor.mp3
Qu’ils soient gyro roue, gyropode, trottinette électrique ou overboard, ces engins un peu futuristes font une entrée remarquée dans les centres-villes.
On les voit fleurir sur les trottoirs. Qu’ils soient gyro roue, gyropode, trottinette électrique ou overboard, ces engins un peu futuristes font une entrée remarquée dans les centres-villes. On appelle cette nouvelle manière de se déplacer : la micromobilité électrique. Elle consiste à se faufiler comme les piétons, debout sur la chaussée. C’est un moyen de transport qui est en plein essor. Il est à la fois pratique et économique. Il est en plus bon pour l’environnement, puisqu’il rejette séro déchet dans l’atmosphère.
Mi-véhicule, mi-piéton, ces modes de déplacements nouvelle génération répondent à plusieurs noms : véhicules légers électriques unipersonnels, ou nouveaux véhicules électriques individuels. Près d’un million et demi de personnes enfourchent ces engins dans notre pays. Ils sont motivés par aller vite et facilement d’un point à un autre ; ils veulent se départir de la voiture, qui n’est plus le meilleur ami de la mobilité urbaine ; ils ne se retrouvent pas dans l’offre de transports en commun. C’est dans un souci de liberté que l’on croise de plus en plus ces piétons du futur, mais aussi de praticité : non seulement les microvéhicules sont faciles à transporter, mais ils exonèrent aussi leurs utilisateurs des recherches et frais de parkings.

Brésil : Justice pour le peuple Krenak

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https://youtu.be/lK0ZjsGSDqo
C’est l’histoire d’un drame. Celui du peuple Krenak. Il y a trois ans, le Brésil connaissait sa plus grande catastrophe environnementale. Un barrage de déchets miniers cédait. Cela s’est passé à Mariana, au sud-est du pays, à un peu plus de 400 km au nord de Rio de Janeiro. Bilan : 19 morts, plusieurs dizaines de villages touchés, quatre millions de personnes affectés au total.
Trois ans après la rupture, les plaies ouvertes par les boues toxiques sont toujours à vif pour le peuple Krenak, au mode de vie et à la culture profondément connectés au fleuve.
Aujourd’hui, la Fondation France Libertés lance une grande campagne de sensibilisation sur la question du peuple Krenak.

Avec Camille Dechambre, chargée de communication à la Fondation France Libertés

Revenons sur cette journée du 5 novembre 2015. Qu’est-ce qui s’est passé il y a trois ans ?
« Il y a trois ans, le 5 novembre 2015, à 15h30, le barrage de déchets miniers de Mariana s’est rompu. Ce bassin de rétention de déchets miniers extrêmement toxiques s’est déversé dans la vallée du fleuve du Rio Doce. Des millions de mètres cubes de boues toxiques se sont déversées dans la vallée, détruisant tout sur leur passage et tuant le fleuve du Rio Doce. Les boues se sont écoulées au milieu de la vallée en détruisant des dizaines de villages, en tuant 19 personnes. Ce sont près de quatre millions de personnes qui ont été affectées par ce drame criminel. La coulée de boues toxiques a fini par se déverser dans l’océan atlantique le 21 novembre, créant une véritable zone sacrifiée dans toute la région du Rio Doce. »
Quelles ont été les conséquences pour les peuples riverains de la mines, et du fleuve ?
« Il y a énormément de personnes qui vivent sur les berges de ce fleuve. Il y a eu des conséquences humaines et environnementales. Il y a une pollution gigantesque qui a brisé tous les équilibres naturels et les écosystèmes de tout le bassin du fleuve. Les peuples riverains parlent d’ailleurs de la mort du Rio Doce. Aujourd’hui il n’y a plus aucune culture, plus aucune pêche possible. Tous les millions de poissons vivant dans le fleuve sont morts asphyxiés, la végétation du fleuve a entièrement succombé. Tout ce qui poussait sur les rives est aujourd’hui mort ou contaminé par des métaux lourds et impossibles à exploiter. »
La ressource en eau a également été touchée, affectant notamment le peuple Krenak.
« Le fleuve du Rio Doce est mort, et par là, toute la ressource en eau de la région a été touchée, affectant directement le droit à l’eau des populations vivant à côté du fleuve et vivant du fleuve. A coté du fleuve vit notamment le peuple autochtone Krenak, dont toute la culture est intimement liée à l’eau du fleuve.  Non seulement c’est leur source de subsistance pour la pêche, ou l’artisanat, mais ils ont aussi une relation spirituelle très forte au fleuve. Ils en parle comme d’un parent. Donc c’est la mort de leur parent. Et toute leur culture qui tourne autour du fleuve est aujourd’hui morte. »

A l’époque, Samarco, le propriétaire de la mine de fer, parle d’accident. Vous parlez plutôt de crime. Quelle est vraiment sa responsabilité ?
« Samarco, c’est un consortium de deux multinationales, le géant minier brésilien Vale et une compagnie anglo-australienne BHP Billiton. C’est une multinationale qui est spécialisée dans la production de minerais de fer. Il y a différentes mines de fer dans la même région. L’entreprise ainsi eu l’Etat brésilien, qui donne des autorisations d’exploitation des mines aux entreprises, sont responsables de ce crime. Eux parlent d’accident. Mais ce n’est pas une catastrophe naturelle, c’est un crime. L’entreprise savait pertinemment avant le crime que le barrage était défectueux. Ils avaient été informés par des rapports et des études que le barrage pouvait s’effondrer à tout moment. L’entreprise a fait des choix irresponsables qui ont causé la pollution du Rio Doce. »
Cela fait 3 ans que les Krenak se mobilisent. Que demandent-ils ?
« Tout d’abord, le peuple Krenak demande que ce drame soit reconnu comme un crime et non comme un accident. En parlant d’accident, on opère une déresponsabilisation totale de l’entreprise et de l’Etat. Déjà en reconnaissant la rupture du barrage du Rio Doce comme un crime, cela permettrait de reconnaitre la violation d’un certain nombre de droits du peuple Krenak et ainsi d’obtenir justice. Plusieurs droits humains des Krenak ont été bafoués, comme le droit à l’eau, à cause de la pollution et de leur lien très intime à l’eau, mais aussi le droit à la santé, le droit à l’alimentation, puisque le peuple Krenak vivait de ce fleuve, et aussi le droit des Krenak d’exercer leurs manifestations culturelles et leur religion traditionnelle qui sont liées à ce fleuve qui est sacré pour eux. Le peuple Krenak demande aussi une réparation intégrale et juste du préjudice qui a été causé par Samarco. Ce peuple, en tant que peuple autochtone, a des droits spécifiques liés aux peuples autochtones qui sont reconnus par les déclarations des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Ils demandent une reconnaissance à la propriété de leurs terres traditionnelles, à l’autodétermination. Cela leur permettrait aussi de pouvoir récupérer des terres qui n’ont pas été dévastées par le crime du Rio Doce et de pouvoir retrouver leur droit d’accès à l’eau. »
France Libertés est déjà intervenue sur la question au mois de mars lors du Forum social mondial et se mobilise aujourd’hui avec cette campagne Justice for Krenak. De quelle manière ?
« France Libertés et le peuple Krenak lancent ensemble une campagne internationale dans le but de mobiliser un maximum de personnes en Europe, au Brésil et ailleurs dans le monde, contre les responsables de ce crime qui est sans précédent dans l’histoire du peuple. C’est d’ailleurs le plus grand crime environnemental qui s’est produit au Brésil. France Libertés et le peuple Krenak demandent à un maximum de personnes de se mobiliser pour réclamer que justice soit faite par l’application du droit et donc un procès juste et équitable pour les Krenak. Chacun peut se connecter sur le site Justice for Krenak pour signer l’appel à solidarité appeler à ce que justice soit faite. »
Pour aller plus loin :

Justice pour le peuple Krenak
La campagne Justice for Krenak
Le Peuple Krenak s’adaptera mais ne disparaîtra pas

 

Invitation à mieux respecter la terre avec Hubert Reeves et Frédéric Lenoir  

| Fréquence Terre | Episode du | Durée : 2:21 | RSS | Site Web

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Dans le cadre de conférences consacrées au bien-être et à l’écosystème, il m’a été donné l’occasion de voir et d’apprécier le film-documentaire La terre vue du cœur de Iolande Cadrin-Rossignol.

Ce film, également disponible sur youtube, est dédié aux futures générations et nous rappelle à quel point le vivant, sous toutes ses formes, est un fascinant et touchant mystère.

Ce document donne principalement la parole à Hubert Reeves (astrophysicien, communicateur scientifique et écologiste) et Frédéric Lenoir (philosophe et sociologue), autour de l’inquiétante menace qui pèse sur la biodiversité.

J’ai plus particulièrement épinglé quelques propos pour illustrer ma chronique. Dans un premier temps,  l’ampleur du problème :

« Nous ne sommes pas le but de l’évolution, mais une espèce parmi d’autres (…) Ainsi, il y a une totale interdépendance de tous les êtres vivants, mais nous sommes dans une logique de quantité et non de qualité (…) Dans le siècle dernier, nous avons perdu quelque 80% des forêts originelles ! Or, quand une espèce disparaît, il s’ensuit un déséquilibre désastreux et il faut donc considérer la nature comme un organisme vivant avec qui on doit être en relation (…) »

Ensuite, j’ai relevé deux propositions que tout un chacun se devrait d’appliquer, si ce n’est déjà pas le cas : « Certes, l’avenir de l’humanité est en danger mais il faut continuer à se battre et montrer qu’il y a un avenir (sous-entendu plus radieux) possible » et « Ce n’est pas l’État qui est souverain, mais le citoyen. Dès lors, il faut réconcilier l’écologie et l’économie. »

En conclusion, n’oublions pas que nos actions façonnent le monde. Donc, agissons en citoyens responsables !

La guerre des pauvres : il est temps de faire front ! (Bernadette van Zuylen et Jean-Claude Garot de POUR)

| Fréquence Terre | Episode du | Durée : 3:34 | RSS | Site Web

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http://www.naturoprod.com/mp3/chronique-2018-10-03-09-00-00-pierre-Guerre-des-pauvres.mp3

Dans le récent numéro de POUR dont le titre générique est Nous sommes tous des migrants, l’éditorial titré Il est temps de faire front ! est signé par Bernadette van Zuylen et Jean-Claude Garot. C’est un texte qui mérite une attention toute particulière pour la profondeur de l’analyse de notre société tellement malade de son élémentaire humanité.

Il pose une question essentielle pour mieux discerner les mécanismes mis en place par des politiciens, décideurs, lobbyistes, économistes, quant au rejet de « l’autre », migrants, précarisés, immigrés…

« Ce qui leur est reproché n’est-il pas d’être pauvres et de ne pouvoir immédiatement être générateurs de richesses pour l’économie des pays d’accueil, alors qu’inversement ils sont générateurs dans un premier temps d’un certain nombre de dépenses de solidarité ? »

Leur démonstration est d’une logique implacable : « Si l’immigré est arabe ou musulman, il est immédiatement stéréotypé comme illégal, à rejeter, à renvoyer ou, en attendant, à incarcérer. Mais si cet arabe musulman est prince du Qatar ou milliardaire des Émirats arabes unis, il est accueilli à bras ouverts. Si c’est l’indien Mittal, milliardaire industriel de la sidérurgie, aucun douanier zélé ne le retiendra une seconde pour la couleur de sa peau, et une nuée de journalistes sera toujours disponible pour l’interviewer sur ses rêves financiers liés à l’expansion de son groupe sidérurgique international, sans que les licenciements des travailleurs de ses usines ne dérangent. »

Les éditorialistes de POUR poursuivent leur raisonnement que, bien souvent, l’équipe de Fréquence Terre-Écolodio place également en évidence : « La pression est mise par les lobbies du monde financier pour que le populisme de droite se développe, pour que les droites extrêmes ne se cachent plus pour dénoncer les causeurs de troubles, de chômage ou de misère : les immigrés, les plus pauvres des pauvres. Les Orban, Salvini, Kurz, Buettner, Francken, et les médias qui leur servent de porte-voix, de pousse au crime, ont compris que leur propre pouvoir et celui des fonds financiers qu’ils vénèrent ne sont possibles que s’ils créent la division entre les plus meurtris du système. »

Et de conclure ce rigoureux constat : « Ils stimulent la haine de l’autre, ils créent de toutes pièces, à leur profit, la guerre des pauvres. Ils tentent de réinventer de nouvelles nuits de cristal[1], de nouvelles sélections des valeurs humaines au risque de régénérer aussi de nouvelles formes de nazisme et de fascisme. »

« Il est temps de se lever et de faire front ! » clament-ils et, bien évidemment, nous relayons leur appel légitime au nom de l’humanisme, et son corollaire la démocratie !

 

[1] Pogrom contre les Juifs du Troisième Reich en novembre 1938.