Revue de presse Afrique – A la Une : Fayez el-Sarraj en quête de soutiens

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

« Emmanuel Macron a ‘réaffirmé’ hier le ‘soutien’ de la France au chef du gouvernement libyen d’union nationale Fayez al-Sarraj, pointe Jeune Afrique. C’est ce qu’a fait savoir l’Élysée après une rencontre entre les deux dirigeants à Paris. Le président français a ‘encouragé’ un cessez-le-feu ‘sans conditions’ après l’offensive lancée début avril par le maréchal Haftar, l’homme fort de l’est du pays. Il a également proposé une ‘délimitation de la ligne de cessez-le-feu, sous supervision internationale, pour en définir le cadre précis’. »

Paris était la troisième étape du Premier ministre libyen après Rome et Berlin. Il doit se rendre ce jeudi à Londres.

« Chef du gouvernement d’entente nationale – seule autorité reconnue par la communauté internationale, qui l’a créée en 2015 –, Faïez al-Sarraj tente avec cette offensive diplomatique, relève Le Monde Afrique, de remobiliser les Occidentaux et ‘de réunir des soutiens contre l’agression’, alors que son rival, le maréchal Khalifa Haftar, continue l’opération lancée le 4 avril sur la capitale libyenne. »

Haftar incontournable…

Ces derniers temps, poursuit Le Monde Afrique, « le dirigeant libyen n’a pas caché son irritation vis-à-vis de la France, qu’il accuse de soutenir encore aujourd’hui politiquement le maréchal Haftar, après l’avoir appuyé par le passé y compris militairement. (…) Le tête-à-tête de plus d’une heure entre les deux dirigeants, avec juste les interprètes, aurait donc permis de dissiper quelques malentendus. »

Toutefois, « le maréchal Haftar reste un élément incontournable, pointe Le Monde Afrique. ‘Il est une partie de la solution, même s’il ne peut pas être toute la solution’, rappelle un haut diplomate français. Le problème, c’est qu’il croit encore pouvoir gagner, malgré l’enlisement de son offensive. Outre le soutien de l’Egypte et des Emirats arabes unis, il a celui de la Russie. Et en bonne part, celui de l’administration Trump. Au point qu’à l’ONU, il y a dix jours, rappelle Le Monde Afrique, un projet de résolution porté par Londres et appuyé par Paris a été bloqué à la fois par Washington et Moscou, parce que jugé trop dur contre le maréchal Haftar. »

Enlisement ?

« Le jeu en valait la chandelle », affirme pour sa part Le Pays au Burkina. « La tournée européenne du Premier ministre libyen s’imposait d’autant qu’après l’offensive sur Tripoli, certaines puissances avaient été accusées de rouler pour Haftar. (…) Cette tournée a au moins permis de décrisper l’atmosphère entre Paris et Tripoli. (…) Et des initiatives pourraient être prises pour décanter la situation ‘figée sur le terrain’ avec des combats qui continuent de faire rage. »

Mais pour Le Pays, on est bien loin d’une solution à l’imbroglio libyen : « les Occidentaux, du fait de leurs intérêts, sont tellement divisés sur le dossier libyen que l’on ne voit pas poindre la moindre lueur d’espoir de sortie de crise. Bien au contraire ! »

Les Occidentaux veulent un homme fort !

Pas très optimiste non plus, Aujourd’hui, toujours à Ouagadougou : « les grands de ce monde auront-ils une oreille attentive à celui qui tient la Libye ‘officielle ?’. Diplomatiquement oui ! Sur le terrain non ! », répond le quotidien burkinabé. « Sarraj doit comprendre que face à son incapacité à pacifier le pays, pris en tenaille entre les différentes milices, Occidentaux, Américains et même Africains ont besoin d’un homme fort capable de fédérer, à tout le moins d’apporter un semblant de paix en Libye, mais aussi pour circonscrire la menace djihadiste et le péril migratoire. Car de la Tripolitaine à la Cyrénaïque en passant par le Fezzan, Sarraj n’en mène pas large. »

C’est surtout le cas des Etats européens, poursuit Aujourd’hui, qui veulent « un dirigeant fiable, qui pourra vite leur assurer un minimum de sécurité. Quitte à fermer les yeux contre les agressions du Maréchal Khalifa contre Tripoli. Quitte à ne pas voir le presque millier de morts sous les décombres de Tripoli en moins d’un mois d’affrontements. Quitte à raccompagner Fayez Al-Sarraj à l’aéroport pour un exil avec des formules poliment diplomatiques. Mais sans réelle portée. Ainsi va la realpolitik, fille de la diplomatie. »

Revue de presse Afrique – A la Une: crise de légitimité en Afrique du Sud

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Ce mercredi, constate Le Monde Afrique, les quelque « 26,7 millions d’électeurs sud-africains inscrits doivent se rendre aux urnes pour les sixièmes élections générales depuis l’avènement de la démocratie en 1994. (…) Mais plus de neuf millions de Sud-africains en âge de voter – dont beaucoup de jeunes – n’ont tout simplement pas jugé bon d’inscrire leur nom sur les listes électorales. En soi, il s’agit déjà d’un désamour. Il menace de tourner au désaveu. »

En effet, poursuit Le Monde Afrique, « deux types de problèmes assombrissent l’avenir : les fondamentaux de l’économie, y compris le coût social pour maintenir à un niveau de survie une nation devenue un modèle d’inégalité – alors que ses fondements politiques étaient ceux de l’égalité –, n’offrent aucune marge de manœuvre. L’argent manque pour financer un plan de relance capable de changer le pays. (…) L’ANC a instauré un système de ponction d’Etat qui s’est aggravé au cours de la décennie écoulée, menant à des points de rupture. (…) De plus, constate encore Le Monde Afrique, en un quart de siècle, l’ANC a, au fond, présidé à l’enracinement d’un système d’inégalités raciales. Et cela ne sera pas tenable éternellement. »

Bonne santé démocratique

Malgré tout, le quotidien sud-africain Business Day veut croire en la bonne vitalité démocratique du pays : « l’économie sud-africaine est mal en point, mais les campagnes politiques de ces derniers mois montrent que notre corps politique est en vie. Au cours du week-end dernier, les trois plus grands partis ont tenu des meetings rassemblant des dizaines de milliers de sympathisants enthousiastes, profondément tolérants et disciplinés. Ces rassemblements témoignent de la vigueur de la démocratie en Afrique du Sud. »

Certes, poursuit Business Day, « nous avons un grand parti dominant qui a gouverné pendant les 25 ans qui se sont écoulés depuis la libération, mais nous avons également une multitude de petits partis qui sont libres de faire campagne et de se faire concurrence. Ces petits partis grandissent à mesure que notre démocratie mûrit. Donc, avant qu’un seul vote ait été exprimé, les Sud-Africains ont beaucoup à célébrer. La démocratie est florissante. »

Une économie en berne

En tout cas, « une chose est sûre, relève Cape Times, cette élection 2019 est un champ de bataille clé et un test de la perception par les électeurs du résultat des luttes de gouvernance politique et financière de ces dernières années. Pour beaucoup, toutefois, reconnaît Cape Times, la situation semble être proche de l’abandon de l’idéal d’une Afrique du Sud prospère, pacifique et stable. L’accélération de la corruption au cours de la dernière décennie, conjuguée à une économie apparemment bloquée en mode limace, a laissé beaucoup d’électeurs se sentir impuissants. Ajoutez à cela le chômage structurel, les niveaux élevés de criminalité, les services publics dépassés et les batailles politiques, et il semble que nous ayons atteint nos limites. »

Vers une remise en question de l’ANC ?

Pour le Mail and Guardian, l’ANC devrait toutefois l’emporter une nouvelle fois… Mais une grosse remise en question s’impose, pointe le site sud-africain : « L’opportunité de changement réside dans le fait que, malgré la marque de pouvoir de l’ANC et sa quasi certaine victoire nationale, les citoyens continuent d’exprimer un profond mécontentement à la fois du parti et de la trajectoire du pays au cours des deux dernières décennies. Les problèmes sont connus : la pauvreté (47% des Sud-Africains vivent sous le seuil national de pauvreté de 43 dollars par mois), l’inégalité des revenus (la plus élevée au monde) et une espérance de vie en baisse. Tout cela malgré la hausse du PIB. »

Alors, oui, l’ANC va devoir redresser la barre, s’exclame Le Pays au Burkina. « Si l’on voit Cyril Ramaphosa faire difficilement pire que son prédécesseur Jacob Zuma à la tête de l’Etat sud-africain, on est, par contre, fondé à croire que l’ANC a aujourd’hui besoin, pour se relever, de faire une véritable introspection et une autocritique sans complaisance. Car, au-delà de la gestion du pouvoir, le véritable défi est celui de l’amélioration des conditions de vie des populations (…) dans cette Nation Arc-en-ciel où l’apartheid social et économique semble avoir pris le relais de l’apartheid racial. »

Revue de presse Afrique – A la Une: Le Niger en deuil après l’explosion d’un camion-citerne à Niamey

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Les images de la carcasse du véhicule calciné et couché sur le flanc s’affichent à la Une des sites d’information. Tous racontent la même scène. Il est environ 1h du matin dans la nuit de dimanche à lundi au niveau de la station Oriba dans le quartier Aéroport de la capitale Niamey. Un camion-citerne s’est renversé quelques minutes plus tôt sur les voies de chemin de fer, et soudain il explose. Mais cette explosion intervient, explique Actu Niger, « alors que la population du quartier, en majorité des jeunes et des femmes, était en train de siphonner le contenu de la citerne qui se déversait. Au début c’était quelques personnes qui s’activaient autour du camion » raconte le journal. « Mais malgré l’arrivée des sapeurs-pompiers qui ont essayé de disperser la foule, celle-ci a continué à grossir ».

« Il y avait des motocyclistes et des gens autour du camion quand le feu a surgi de nulle part et ça a fait « boum » » raconte un témoin à l’AFP, repris sur le site l’Infodrome. « J’ai vu au moins 40 morts », témoigne un autre.

Tamtaminfo décrit aujourd’hui ces « images insoutenables », « des dizaines de corps calcinés, non identifiables. Des débris partout. Un spectacle ahurissant ». Le bilan, lui, est extrêmement lourd, 58 morts, et de très nombreux blessés.

« [Ils] ont été enregistrés et admis dans les différents centres de santé de la ville. Les autorités se sont aussitôt déplacées sur les lieux de l’accident et au chevet des victimes, reprend Actu Niger, alors qu’au sein de la population, c’est l’émotion totale en ce premier jour du mois de Ramadan. »

D’après le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum, joint par Jeune Afrique, un « riverain serait à l’origine de l’explosion  ». L’homme en question, « un motard venu pour siphonner l’essence avec un bidon », aurait « laissé sa moto en marche ». Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances du drame.

A la une également : le retour annoncé de Moïse Katumbi à Lubumbashi

L’opposant congolais l’a annoncé hier sur notre antenne et sur France 24. Il est sorti de son silence pour la première fois depuis sa tentative avortée de se présenter à la présidentielle du 30 décembre. Et il sera donc de retour en RDC le 20 mai prochain. Trois ans jours pour jours après son départ en exil rappelle Cas-info. Le coordonnateur de la coalition Lamuka promet de rentrer « pour aider [son] peuple à sortir de la misère et pour remercier la population qui [l’a] soutenu pendant le malheur provoqué par Monsieur Kabila » dit-il.

« A Lubumbashi comme dans toute la RDC, le compte à rebours a déjà commencé » commente ainsi ce matin Africanews, qui ajoute que « c’est en ‘ homme libre ‘ que Katumbi rentra au bercail. En raison de l’abandon des poursuites contre lui ».

Pour le site Diaposrdc Moïse Katumbi a surtout « reconnu qu’il y a des choses positives dans la gouvernance du chef de l’Etat Félix Tshisekedi, citant notamment la liberté d’expression ».

Alors, s’interroge Le Congo libéré « Pourquoi M. Katumbi a-t-il épargné Félix Tshisekedi et chargé Joseph Kabila ? Pour des raisons politiques sans doute, répond le journal. Le nouveau président ayant probablement facilité les démarches en vue du retour de l’ex-gouverneur du Katanga dans son pays, retour que son prédécesseur a, lui, toujours cherché à empêcher. »

La presse revient aussi sur la condamnation d’un chef religieux sénégalais à dix ans de travaux forcés

Le cheick Béthio Thioun a été reconnu coupable hier de « complicité » et « non dénonciation de meurtres ». Actuellement en France pour des raisons de santé, il était jugé par contumace, sept ans après l’assassinat à son domicile de deux anciens disciples, Ababacar Diagne et Bara Sow. « La justice a également ordonné le paiement de 100 millions de Francs CFA à chacune des familles de victimes en guise de dommages et intérêts » explique Seneplus.

« L’avocat de Cheick Béthio conteste le verdict et compte saisir la Cedeao » rapporte pour sa part Senego. Mais c’est donc la fin de ce procès très médiatique. Dans Dakar Actu on lit que « la salle d’audience a encore été rythmée de cris à l’annonce du verdict. Tandis que certains affichaient un large sourire, d’autres, à la place des larmes, ont manifesté leur colère et leur résignation ».

Revue de presse Afrique – À la Une: l’incarcération du frère d’Abdelaziz Bouteflika

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Le tribunal militaire a ordonné hier le placement en détention provisoire de deux généraux algériens et de Said Bouteflika pour « atteinte à l’autorité de l’Armée » et « complot contre l’autorité de l’État ». C’est la télévision nationale qui l’a annoncé. Les trois hommes avaient été arrêtés la veille samedi. Il s’agit là de 3 figures proches de l’ancien régime. « Le frère et conseiller de l’ex-président, le général de corps d’armée Mohamed Mediene dit Toufik ainsi que le général major Bachir Tartag » précise ALG24.

Tous ont été auditionnés par les services de la Direction générale de la Sécurité intérieure dans le cadre de l’enquête sur leurs activités. Des activités « dénoncées par le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire Ahmed Gaïd Salah », rappelle Observalgerie. Pour le site d’information, il faut donc y voir « le passage à l’acte du général Salah, qui avait déjà accusé l’ex-patron des renseignements de préparer un complot contre l’armée et le mouvement populaire. Il avait également accusé, sans le nommer, Said Bouteflika d’avoir confisqué le pouvoir présidentiel durant la maladie de son frère ».

« On s’y attendait depuis quelques jours, reprend aussi le 360, les menaces du général Ahmed Gaid Salah à l’encontre de ceux qu’il a dernièrement qualifiés de “bandes” montrent très clairement que son objectif était de faire le vide dans l’appareil politique, sécuritaire, et économique des soutiens proches du “bouteflikisme”. Soutiens qui constituent des “bombes à retardement”, instillées, selon lui, dans toutes les structures de l’État. »

La presse algérienne s’interroge donc aujourd’hui sur les peines qu’ils encourent si le motif de complot est retenu. « Jusqu’à 10 ans de prison selon le code de justice militaire et le Code pénal » indique Tout sur l’Algérie.

« Le maximum de la peine est appliqué aux militaires les plus élevés en grade et aux instigateurs dudit complot. » Explique pour sa part Algérie-éco.

Alors dans ce contexte, hier soir la prise de parole du chef de l’État par intérim a été suivie de près par les médias algériens. Abdelkader Bensalah a appelé une nouvelle fois au dialogue, et affirmé « qu’une élection présidentielle dans les délais convenus était désormais l’unique solution à la crise ». Pour TSA, « les Algériens attendaient un discours “décisif”. Ils ont eu le droit à un nouveau discours qui ne propose rien de nouveau ».

À la une aussi le début du ramadan aujourd’hui

Des millions de musulmans ont appris hier soir le début officiel du ramadan, une date qui évolue tous les ans. Ce qui vaut bien un petit rappel. « Le ramadan est le neuvième mois de l’année, selon le calendrier musulman. À l’instar du calendrier grégorien, il compte 12 mois, mais seulement 354 ou 355 jours, ce qui explique pourquoi la date est décalée chaque année », explique beninwebtv. Le site souligne aussi que « le calendrier islamique est un calendrier lunaire : le mois commence lorsque la lune a effectué un cycle complet. »

Alors pour connaitre la date exacte du ramadan, il faut scruter le ciel, à la recherche du croissant lunaire. C’est ce que de nombreux fidèles ont fait hier soir en Côte d’Ivoire par exemple rapporte Newsabidjan. Dans la tradition islamique, on appelle cela « la nuit du doute ». Si le croissant apparait, alors le lendemain marque le début du jeun. C’était donc le cas hier soir.

Désormais « les musulmans resteront à jeun de l’aube jusqu’au coucher du soleil tous les jours de même qu’ils s’abstiendront d’avoir des rapports sexuels avec leur époux ou épouse dans la journée » nous dit le journal.

« Ce mois “béni” de l’Islam est également accueilli en tant que période de grande générosité, de solidarité et de partage. »

C’est aussi un mois d’intense consommation. Alors en Algérie par exemple, un dispositif de contrôle des prix a été mis en place par le ministre du Commerce. Dans le journal El Moudjahid, Said Djellab explique que « les prix de référence élaborés en vue de mettre une limite à la spéculation sur les prix des aliments durant le mois de Ramadhan, seront affichés, dès ce matin au niveau de tous les marchés sur tout le territoire national ». Une initiative censée protéger à la fois les producteurs, les commerçants, et les consommateurs, pendant ce mois de ramadan.

Revue de presse Afrique – À la Une: la Journée internationale de la Liberté de Presse précédée par la Fête du Travail

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Dans Le Phare Week-End, « Les attentes sans réponse de la presse de la RD Congo ». Selon ce journal, « pour une fois dans l’histoire des médias congolais, la journée internationale de la liberté de la presse est célébrée dans un contexte de zéro journaliste aux arrêts et zéro journaliste en prison pour un délit lié à l’exercice de sa profession ». Et le quotidien de poursuivre : « On peut, à cet effet, saluer la décision de l’actuel de l’État de fermer les amigos des services spéciaux qui étaient devenus, sous l’ancien régime, les lieux privilégiés d’accueil et de séjour des professionnels des médias et des activistes des droits de l’Homme ». Pour Le Phare Week-End, si la décrispation politique et la liberté d’opinions et de manifestation étaient intervenues immédiatement après la chute du régime dictatorial de Mobutu, il y a vingt-deux ans, on n’aurait peut-être pas connu les multiples assassinats des confrères, notamment « Belmonde Magloire Missinhoun, Franck Ngyke, Louis Bapuwa Mwamba, Serge Maheshe, Didas Namujimbo et d’autres héros de l’ombre ».

De son côté, La Référence Plus invite le chef de l’État à « garantir la liberté de la presse et chasser la précarité au sein des organes et parmi les journalistes ». Ce quotidien se félicite ainsi de la reconnaissance du travail du journaliste par le nouveau pouvoir de la RDC. Et demande à celui-ci de « poser des gestes pour chasser la pauvreté qui s’est installée confortablement parmi les chevaliers de la plume ».

« La liberté de la presse est particulièrement importante pour la République Démocratique du Congo qui vient de connaitre sa première passation de pouvoir pacifique et démocratique », écrit de son côté l’ambassadeur des États-Unis, Michael Hammer, dans un article repris dans plusieurs journaux, dont La Prospérité. Pour le diplomate américain qui affirme avoir observé le dynamisme et la compétence des médias congolais, il y a « espoir que le Congo pourrait occuper la place de leader qui lui revient de droit sur le continent, un pays d’importance stratégique », souligne encore Michael Hammer.

Quant à la Fête internationale du Travail, le quotidien L’Avenir s’interroge : « Le 1er Mai, pour qui et pourquoi ? ». Ce journal dénonce le rôle négatif des délégués syndicaux qui ont travesti la fête du 1er Mai en la transformant en scène de beuverie. Le confrère conseille alors de « fêter autrement le 1er Mai au Congo-Kinshasa ».

Et dans Forum des As : « L’intersyndicale nationale du Congo sollicite l’implication de Félix Tshisekedi dans la réduction de la tension salariale ». Selon ce journal qui cite Guy Kuku, président de cette structure, « il est inadmissible qu’un député national ou un sénateur qui travaillent pendant six mois seulement au cours d’une année, reçoivent des émoluments allant jusqu’à 13 000 dollars américains alors qu’un enseignant qui passe toute sa vie à éduquer, instruire les enfants, attend un salaire mensuel de misère de quelques 55 dollars américains ».

Revue de presse Afrique – A la Une: apaisement précaire à Cotonou

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« Le calme est revenu », titre La Nouvelle Tribune dans un compte-rendu de la situation dans le quartier de Cadjehoun, qui garde les traces des échauffourées 5. Le quotidien évoque notamment la présence hier après-midi de nombreux soldats, mais aussi de partisans de l’ex-chef de l’État, armés notamment de talismans… « L’armée et des individus avec des ingrédients mystiques se regardent en chiens de faïence » note ainsi le journal.

BeninWebTv se demande de son côté « que faire pour éviter pareil incident à l’avenir ». Et la solution selon le site d’information, c’est que « les informateurs de la police doivent être proactifs afin de dénoncer très tôt les conspirations. »

24h au Bénin relaie de son côté les déclarations du ministre des Affaires étrangères Aurélien Ag Bénonci qui estime que « le Bénin n’est pas en crise », alors que plusieurs médias dont La Nouvelle Tribune publie le point de vue de l’ancien 1er ministre et candidat déçu à l’élection présidentielle Lionel Zinsou. Celui-ci défend l’idée qu’ « au-delà de la composition de l’Assemblée nationale, il y a encore de nombreux moyens de gouverner notre pays dans l’union nationale et sauver les libertés publiques » .

Mais la situation au Bénin parait incertaine pour L’Observateur du Burkina Faso qui s’interroge « Patrice Talon va-t-il continuer la mise en œuvre de ses réformes politiques dans une logique de passage en force ou va-t-il marquer une pause et prendre langue avec l’opposition ? »

Toujours au Burkina Faso, Le Pays affiche lui sa confiance : « le peuple béninois n’est pas n’importe quel peuple. Il sait ce qu’il fait », évoquant la possibilité d’un vote sanction à l’encontre du président Talon lors de la prochaine présidentielle.

Au Mali, l’accord politique signé hier entre le pouvoir et une partie de l’opposition pour former un gouvernement d’union fait réagir

« Ca y est, le 1er ministre Boubou Cissé tient son accord politique » annonce Maliweb, tout en expliquant que l’opposition est divisée. Car si au sein d’Ensemble pour le Mali, « tous les partis membres adhèrent à l’accord, il n’en est pas de même au Front de Sauvegarde de la Démocratie et à la Coalition des Forces patriotiques où des partis ont clairement indiqué leur non-adhésion ».

À Bamako.com explique ainsi que l’URD de Soumaïla Cissé ne sera pas de la partie et le déplore : « au lieu d’aider au sursaut national, l’URD et ses alliés ont choisi le camp de la contestation virile pour tenter de donner encore un coup de massue au pouvoir ».

Mais pour Boubou Cissé, l’essentiel est là : le 1er ministre s’est voulu « rassembleur » selon Maliweb tout en jurant que l’accord « ne vise pas à annihiler l’opposition », et « qu’il ne s’agit pas d’un partage de gâteau » ou « d’une fuite des responsabilités » du président Ibrahim Boubacar Keita.

Pour MaliJet, « l’opposition [vient pourtant] au secours d’IBK » qui selon le journal « n’a non seulement et jusqu’à présent pas été à la hauteur, mais ne cesse également de tâtonner. » À charge maintenant pour les deux camps de former le gouvernement et selon le quotidien « de sauver notre bien commun, le Mali, pendant qu’il est encore temps ».

L’Algérie se prépare de son côté à son 11e vendredi de manifestation

« Un vendredi crucial » selon El Watan, trois jours après les annonces de l’homme fort du pays, le patron de l’armée Ahmed Gaïd Salah, qui a défendu l’idée d’organiser des élections le plus tôt possible.

Mais cet appel constant à la solution constitutionnelle n’est guère convaincant selon Liberté pour qui elle n’offre aucune garantie de transparence : « le processus à venir devant être entièrement contrôlé par un personnel issu exclusivement du pouvoir rejeté par la rue ».

Comment les manifestants vont-ils réagir se demande Le Soir d’Algérie ? Quels nouveaux slogans ? La mobilisation sera-t-elle plus forte en ce dernier vendredi avant le mois de Ramadan durant lequel le niveau de mobilisation pourrait reculer ? Réponse dans quelques heures.

Revue de presse Afrique – A la Une: un 1er-Mai mouvementé à Cotonou

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Que s’est-il passé hier autour de la résidence de l’ancien chef de l’État béninois Boni Yayi ? Ce matin encore la presse s’interroge, tant la situation semble confuse.

« Les populations, en protestation à une supposée tentative d’arrestation de l’ancien président, se sont révoltées à Cadjêhoun », explique La Nouvelle Tribune. Cadjêhoun, un quartier de la capitale où il était bien difficile de circuler hier raconte le journal, routes coupées, pneus incendiés. « Les forces de l’ordre ont été dépassées par les manifestants malgré les gaz lacrymogènes et les balles en caoutchouc. »

Très vite, le ministre de l’Intérieur dément toute tentative d’arrestation de l’ancien président béninois, et dénonce une « fausse information ». Selon Sacca Lafia l’opération de police visait en réalité à empêcher une « manifestation non déclarée ».

Les proches de Boni Yayi, eux, sont sceptiques et parlent d’une volonté manifeste de l’interpeller

« Il n’y avait aucune marche prévue aujourd’hui. Le pouvoir panique », affirmait hier à Jeune Afrique un cadre de l’opposition présent au domicile de Boni Yayi.

« Suite à la descente de la police républicaine, plusieurs personnalités se sont rendues au domicile de l’ancien président » rapporte Benin24televisions, parmi elles : Nicéphore Soglo et son épouse Rosine Soglo ou encore l’ancien ministre Candide Azannaï.

Alors d’où vient cette situation relativement tendue ? « La dernière sortie médiatique de Boni Yayi et de Nicéphore Soglo dans le cadre des élections législatives a été fortement critiquée par certains acteurs politiques qui ont même souhaité qu’ils soient interpellés » explique le site Beninwebtv. Avant d’ajouter qu’« Il leur est reproché d’avoir tenu des propos incitatifs à la violence ».

On rappelle que Boni Yayi avait appelé au Boycott des législatives du 28 avril et qu’il avait lancé en début de semaine avec toute l’opposition un ultimatum à Patrice Tallon pour arrêter le processus électoral.

Sur le continent africain, la fête du Travail a tout de même, aussi, été l’occasion pour les syndicats de porter leurs revendications

Par exemple en Côte d’Ivoire. Le traditionnel 1er mai a permis de « faire le point sur les conditions de travail dans le pays. Selon les syndicats, il y a des entraves à l’épanouissement des travailleurs » écrit ce matin Poleafrique.

Les responsables syndicaux ont pu adresser leurs doléances directement à Amadou Gon Coulibaly, le chef du gouvernement ivoirien présent hier sur l’esplanade de la primature à Abidjan. Et ces doléances sont nombreuses poursuit le journal : « La cherté de la vie, les licenciements abusifs, la liberté syndicale, les difficultés à se loger… », la liste est longue. Et le Premier ministre ivoirien leur a répondu, rapporte Abidjan.net. Pour lui « la grève, quoique légale, ne doit pas mettre à mal la marche du pays. »

Au Gabon également c’est avant tout contre les mesures d’austérité que les syndicats ont défilé. Avec un constat d’abord : « Les syndicats ont comme d’habitude brillé par leurs éternelles divisions, regrette Gabonactu, “mais dans le fonds, ils ont formulé les mêmes revendications” […]. »

Et puis en Guinée, la célébration de la fête du 1er mai aura eu une tonalité « pour le moins insolite » raconte Ledjely. « Elle se sera en effet surtout illustrée par ces violences intersyndicales ayant débouché sur des blessés ». Un léger incident qui s’est déroulé dans la capitale Conakry.

Et puis a la Une il y aussi la visite au Sahel d’Angela Merkel

La chancelière allemande est arrivée hier au Burkina Faso. Au menu des discussions avec les dirigeants du G5 Sahel, la situation sécuritaire dans la région, mais aussi la Libye. Deux sujets intimement liés selon le président burkinabè Roch March Christian Kaboré. Hier il a « mis en cause les grandes puissances dans la déstabilisation de la Libye, qui est aujourd’hui l’une des causes du terrorisme dans le Sahel » explique Wakat Sera.

Autre sujet de discussion, la force conjointe G5 Sahel, en mal de financement. Berlin y a contribué à hauteur de 60 millions d’euros.

Mais dans son édito, L’Observateur Paalga ne se montre pas très optimiste : « II faudra bien plus que le séjour de la femme la plus puissante d’Europe pour redonner espoir à des populations qui semblent livrées à elles-mêmes et qui se demandent si cette force censée les protéger existe réellement. »

Revue de presse Afrique – A la Une: les grandes tendances des législatives au Bénin selon la Cena

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Elles ont été dévoilées tard hier soir, et se retrouvent à la une des sites béninois ce matin. Selon la Cena, sur 86% des bulletins dépouillés, l’Union Progressiste arriverait en tête avec 47 sièges, suivie du Bloc Républicain avec 36 sièges.

Mais le chiffre le plus attendu depuis la fermeture des bureaux de vote dimanche soir, c’est bien celui de la participation. Car « pour cette élection qui s’est déroulée entre deux partis proches du président Patrice Talon et à laquelle l’opposition n’a pas pris part, le taux de participation est le principal enjeu » commente ainsi Banouto.info. La Commission électorale nationale autonome l’estime à 22,9%, rapporte La Nouvelle Tribune.

Un chiffre historiquement faible comme on pouvait s’y attendre. Mais « ni le Code électoral et encore moins la Constitution béninoise n’a prévu de seuil pour la validité et la légitimité d’un scrutin législatif » rappelle La Nation. « Dès lors, le débat qui se fait autour de la faible mobilisation des électeurs n’a pas de sens. L’affluence n’était certes pas de mise. Mais ce faible taux de participation n’entache en rien, à l’aune du droit positif béninois, la crédibilité, la légitimité et la fiabilité du scrutin » écrit ce matin le journal dans son éditorial.

Ce n’est pas vraiment l’avis de la mission d’observation électorale de l’Union africaine.

Dans ses conclusions préliminaires dévoilées hier à Cotonou, elle note « une rupture avec le consensus sur lequel repose la démocratie béninoise (…) qui a mis à mal le caractère ouvert, inclusif et compétitif qui a traditionnellement caractérisé les processus électoraux antérieurs au Bénin. ».Cette rupture qui pousse aussi ce matin Benin24televisions à écrire : « On a du mal à comprendre la logique idéologique folle et les motivations réelles de ce régime qui cherche farouchement à inventer une nouvelle forme de gouvernance intermédiaire entre « la démocratie à l’occidentale » et le « populisme dictatorial  »  ». Fin de citation.

A la Une aussi, l’Algérie qui s’enfonce dans l’impasse politique

C’est le titre de Tout sur l’Algérie ce matin. Le journal revient sur la prise de parole hier du chef de l’ANP, l’armée nationale populaire. Au moment où l’ex Premier ministre Ahmed Ouyahia était entendu par le tribunal d’Alger, Ahmed Gaïd-Salah, lui, a promis que l’opération « main propre » allait se poursuivre. Le chef d’Etat major a aussi réaffirmé « la détermination de l’Armée nationale populaire à ne pas s’écarter de la voie constitutionnelle, quelles que soient les conditions et les circonstances ». « Voilà qui a le mérite d’être sans équivoque », commente TSA. « On retiendra sa détermination à lutter contre la corruption et à n’épargner personne, poursuit le journal, mais sur le plan politique, les propos de Gaïd-Salah ne font pas entrevoir le début de la fin de la crise. ». Pour lui, une seule solution, explique Algérie 360, « tenir des élections présidentielles le plus tôt possible ».

On parle également ce matin dans les journaux de la tournée d’Angela Merkel dans le Sahel

Angela Merkel est de retour en Afrique de l’ouest. Burkina Faso, Mali, Niger. 3 pays, en 3 jours. Lors du précédent déplacement de la chancelière allemande l’année dernière « il était plus question de business » note La Tribune Afrique. Cette fois elle se rendra au Sahel pour parler notamment « sécurité » alors que la région fait face à un regain de violences terroristes.

Première étape donc aujourd’hui : un sommet extraordinaire des chefs d’Etat du G5 Sahel à Ouagadougou. Le déploiement de la force conjointe occupe toujours les débats politiques, et médiatiques. « Par manque de moyens financiers, [elle] n’est toujours pas opérationnelle, poursuit le journal, malgré les promesses faites par les pays européens et d’autres partenaires comme les USA, la Russie, la Chine, la Turquie ainsi que les pays du Golfe. La situation sécuritaire reste toujours préoccupante dans la bande sahélienne et la menace qui a engendré des conflits intercommunautaires notamment au Burkina et au Mali, est en train de s’étendre aux autres pays voisins de l’Afrique de l’ouest. »

Revue de presse Afrique – A la Une: l’opposition demande l’arrêt du processus électoral au Bénin

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Le décompte des voix est toujours en cours, mais déjà l’opposition pose en effet un ultimatum : le processus électoral doit être stoppé dès aujourd’hui. En cause, la très forte abstention lors de ces législatives, du certainement au boycott de l’opposition. Toujours pas de chiffre officiel mais elle pourrait atteindre des records à en croire les observateurs dans les bureaux de vote dimanche. La présidence n’a pas tardé à rejeter d’un revers de la main cet ultimatum, affirmant dans un communiqué que « le processus électoral s’est déroulé conformément aux lois de la république ». Pas de quoi calmer la colère de l’opposition, reprise ce matin dans de nombreux titres de la presse béninoise.

« Le peuple a refusé la dictature. Le peuple exige le retour à notre démocratie » voilà ce qu’en dit notamment Boni Yayi, l’ancien président béninois, dans les colonnes du journal La Tribune. Il participait hier à une réunion de l’opposition. Une opposition privée de scrutin, on le rappelle, c’est une première depuis la transition démocratique en 1990.

L’opposition a donc présenté un visage uni hier

Autour de la table, aucun ne manque à l’appel. Boni Yayi donc, mais aussi un autre ancien chef d’Etat béninois Nicéphore Soglo, son épouse Rosine Soglo ou encore l’ancien ministre Candide Azannai.

Pour l’occasion, le siège de la Renaissance du Benin à Kouhounou a été rebaptisé « siège de la résistance » raconte le site Beninwebtv qui reprend lui aussi les mots de l’ancien président béninois Boni Yayi. Ce dernier qualifie le scrutin d’« Illégitime et illégal (…) sans opposition et sans consensus ». Dans sa déclaration sur le déroulement des élections législatives dimanche soir, le ministre de l’Intérieur béninois Saca Lafia avait bien « condamné les violences » mais il estimait aussi que le processus démocratique suivait son cours au Benin, rappelle La Nation. Boni Yayi, lui, conteste. Pour l’ancien président: « Il n’y a pas eu d’élection démocratique,il y a eu beaucoup de morts, des blessés et des dégâts non moins négligeables », peut-on lire sur le site du média en ligne.

La presse béninoise revient aussi ce matin sur la coupure d’internet dimanche pendant le scrutin

Après le temps de l’indignation, celui des questions. « Que craint-on ? Était-on obligé d’en arriver-là ? qu’est-ce qui fait si peur ? » se demande aujourd’hui Le Matin libre. Le journal rappelle que « de tout temps, les élections au Bénin, n’ont pas été sans les médias modernes. Du moins, depuis qu’ils y ont pris corps. Mêmes, les élections présidentielles dernières, qui ont consacré l’élection de [Patrice Talon] ont été vécues par les internautes. Les tendances, les points de vue, chacun y allait rondement » se remémore le journal. Mais dimanche dernier « la toile n’a pas jasé (…), faut-il le rappeler, sans communiqué d’avertissement, sans aucune alerte ». L’opérateur MTN a décliné toute responsabilité, et a d’ores et déjà promis de rembourser les forfaits internets perdus par les abonnés.

A la Une également, cette nouvelle attaque dans la province de Soum au Burkina Faso

Elle a visé dimanche une église protestante de Silgadji, à 60 km de Djibo. « Il est 13h, les fidèles quittent l’église à la fin de l’office religieux quand les assaillants sont arrivés à moto » raconte un témoin interrogé par l’AFP et cité notamment par Jeune Afrique. « Ils ont tiré des coups de feu en l’air avant de viser les fidèles » Bilan : 6 morts. Le pasteur, et 5 fidèles.

« Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes jihadistes » explique le site Africa news. « Si des prélats chrétiens et musulmans ont déjà été visés, il s’agit de la première attaque d’une église depuis 2015, date des premières attaques jihadistes » poursuit le journal.

« A quel saint se vouer désormais ? » interroge donc le Wakat Serat dans son éditorial. « L’horreur des attaques terroristes continue de prendre des proportions inquiétantes », nous dit le journal burkinabè. « Elle ne se fixe plus de limite, s’attaquant pour la première fois à un lieu de culte chrétien. Jusque-là épargnée dans un Burkina Faso où la tolérance est une valeur très partagée par les différentes obédiences religieuses, la religion est désormais prise pour cible ».

Revue de presse Afrique – A la Une: vers une abstention massive pour les législatives au Bénin

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Ils étaient plus de 5 millions de béninois appelés aux urnes hier pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y avait pas foule dans la majorité des bureaux de vote pour choisir entre le Bloc Republicain et l’Union progressiste, deux partis proches du président Patrice Talon. L’opposition, privée de scrutin à la suite de la révision de la loi électorale, avait appelé au boycott. Et cet appel semble donc avoir été entendu.

Hier, les reporters de Beninwebtv observaient en effet « un calme plat » dans plusieurs centres électoraux, soulignant que le vote avait été maintenu « malgré les appels au report et les menaces de violences ». Dans la région de Seme-Podji par exemple, région de l’opposant en exil Sébastien Ajavon, « les électeurs ont défilé au compte-goutte » raconte le président d’un bureau de vote interrogé par l’AFP. « On a jamais vu ça » rapporte pour sa part un observateur.

« Cette très faible affluence a poussé le camp présidentiel à faire usage de mégaphones ambulants pour appeler les électeurs à aller voter ». Sans succès, estime Afrik.com qui titre aujourd’hui : « Talon d’Achille du Bénin, Patrice cherche électeurs désespérément ».

« Des élections sans opposition, et pratiquement sans électeur » écrit aussi ce matin le Wakat Serat. Et cette abstention massive est lourde de sens. Car c’est « un laboratoire de la démocratie en Afrique de l’Ouest » qui montre aujourd’hui un nouveau signe de fragilité. « Ce match entre « talonistes », sans arbitre de l’opposition ternira le charme de la démocratie béninoise qui n’avait pas besoin de cette nouvelle mauvaise publicité ». Cette abstention historique qui s’annonce, c’est surtout une victoire pour l’opposition, et une réponse à ce que de nombreux observateurs qualifient, rappelle Le Monde Afrique, comme « un tournant autoritaire du président Patrice Talon ».

C’est donc une élection sans opposition, presque sans électeur, mais aussi sans internet

La presse réagit en effet ce lundi matin à la coupure des accès internet hier dans le pays. Une coupure sans préavis des autorités béninoises. « Impossible de communiquer par les réseaux sociaux au Bénin. Facebook, télégramme, Whatsapp, Twitter, etc. Aucune plateforme ne marche plus dans ce pays » s’indignait dans la journée La Nouvelle Tribune.

Avant d’ajouter : « C’est un paradoxe lorsqu’on se rappelle qu’en 2016, le candidat Patrice Talon a géré une bonne partie pour ne pas dire la grande partie de sa communication par les réseaux sociaux ».

Depuis internet est revenu, aux alentours de minuit hier. Trop tard, pourrait-on dire. Et pour Jeune Afrique, ce dimanche 28 avril, c’est décidément « une histoire de première. Première élection sans opposition. Premier scrutin sans réseaux sociaux également ».

L’autre grand titre aujourd’hui à la Une de la presse africaine, c’est le retour en RDC de Martin Fayulu

L’opposant est rentré à Kinshasa hier après sa tournée euro-américaine entamée au mois de mars. A peine sur le tarmac à l’aéroport de Ndjili, il a été accueilli par des milliers de personnes avant un meeting dans l’est de la capitale. Le candidat malheureux de la dernière présidentielle en décembre 2018 conteste toujours la légitimité du président Tshisekedi. Devant ses militants il lui a donc demandé de « rendre public le contenu de l’accord signé avec son prédécesseur, Joseph Kabila », rapporte actualité.cd. « Pour le champion de la Coalition Lamuka, un accord secret lie en effet le président, Félix Tshisekedi à Joseph Kabila » explique le site Magazine24.

L’opposant en a profité pour tirer à boulets rouges sur le bilan des 100 premiers jours de Felix Tshisekidi à la tête du pays. « Il n’a ‘ rien réalisé ‘ durant ses trois premiers mois, à part dépenser tout le budget annuel de la présidence », voilà les mots de Martin Fayulu rapportés ce matin parMediacongo.

On retiendra surtout cette phrase : « Nous sommes venus demander à Félix Tshisekedi de démissionner », elle est à la Une du Kinshasa Times ou encore du site Diaspordc, avec cette photo de Martin Fayulu, tout sourire hier au milieu des militants de la coalition Lamuka, des soutiens indéfectibles appelés donc à continuer le combat.