Revue de presse Afrique – A la Une: la «marche du million» au Soudan

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Au Soudan, c’est une foule immense qui a déferlée hier à Khartoum pour réclamer un pouvoir civil. Une vraie démonstration de force. Venus de tout le pays, les manifestants, hier à Khartoum, ont organisé la « marche du million » en direction du quartier général de l’armée pour réclamer du conseil militaire de transition qu’il transfère le pouvoir aux civils…

La transition, justement : « le plus dur commence », prévient, Wakat Séra au Burkina Faso, le Soudan est aujourd’hui « à la croisée des chemins », avec des militaires qui « jouent avec le temps pour reprendre du poil de la bête d’abord, avec des manifestants déterminés à « aller jusqu’au bout de leur campagne de salubrité politique » ensuite ; des manifestants qui ne veulent surtout pas se faire « voler leur révolution ». Autant d’ingrédients qui pourraient bien devenir explosifs, « si la bombe n’est désamorcée avant les premières déflagrations », avertit Wakat Séra, attention, le Soudan, comme l’Algérie qui s’est débarrassée d’Abdelaziz Bouteflika, ne sont pas à l’abri du « chaos ».

Attention, rehausse le quotidien burkinabè Le Pays, « l’histoire a montré que quand le pouvoir kaki se propose de balayer la maison, c’est rarement pour la rendre propre et se retirer ensuite ». Toutefois, veut croire ce journal ougalais, la mobilisation d’hier est un « signal fort pour la junte militaire qui a compris qu’elle marche sur des œufs. Fini le temps où un coup d’Etat militaire était la voie ouverte au pouvoir pour les putschistes, énonce Le Pays. Aujourd’hui, que des civils aux mains nues, puissent contester un régime militaire et réclamer à cor et à cri le pouvoir, est la preuve que les temps ont changé ».

En France, toutes narines au vent, le journal Libération goûte ce matin le « parfum d’optimisme », qu’exhalait hier la « marche du million » à Khartoum. Laquelle capitale soudanaise respirait un « air libre », s’enivre dans Libé un Soudanais « euphorique ». Comme le souligne ce quotidien français, « pour la première fois depuis le coup d’Etat d’El-Béchir, en 1989, les juges sont descendus dans la rue ». Toutefois, en dépit de cette première apparition depuis 30 ans des robes noires dans la rue soudanaise, il reste encore à satisfaire la principale demande des protestataires, pointe encore Libé : la remise du pouvoir à une « autorité civile de transition ». Et cette demande, justement – celle d’une transition – est « la plus difficile à accepter pour les généraux », prévient Libération.

La grande lessive algérienne

En Algérie, justement, la grande lessive se poursuit. Après la série d’arrestations visant des hommes d’affaires, la justice rouvre une enquête pour corruption impliquant l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil. La justice « se rappelle » à lui, lance Liberté, évoquant le transfèrement à la Cour suprême de « deux dossiers de poursuites contre l’ancien ministre de l’énergie », le premier portant sur une « infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger » ; le second concernant « la conclusion de deux contrats par la compagnie Sonatrach avec deux entreprises étrangères en infraction à la loi ».

L’ancien ministre est « rattrapé » par la justice, constate également El Watan. « Depuis plusieurs années, l’ancien ministre de l’Energie échappe à la justice algérienne. Pourtant cette dernière avait lancé contre lui un mandat d’arrêt international en août 2013 », rappelle ce journal algérois, avant de souligner que l’intéressé désormais dans le collimateur de la justice algérienne est « très proche de la famille de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika » et qu’il « était un personnage bien protégé », avant de procéder, chiffres à l’appui, au grand déballage de toutes turpitudes reprochées à l’ancien ministre.

De son côté, le site Observ Algérie relaie la réaction de l’intéressé que son compte Facebook, lorsqu’il écrit que « ceux qui accusent doivent apporter des preuves », avant d’inviter les Algériens à laisser de côté « ces faux débats ».

Revue de presse Afrique – À la Une: Jeannine Mabunda, nouvelle présidente de l’Assemblée nationale en RDC

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C’est la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale en République démocratique du Congo. Et c’est la première fois dans le pays qu’une femme accède ainsi au perchoir. Elle a été élue « sans surprise » hier rappelle le site Actualité.cd et à une très large majorité. Il faut dire qu’elle était la seule en lice après l’annulation de la candidature de son challenger Henry-Thomas Lokondo, dissident du Front commun pour le Congo. « Le suspens n’a donc pas été au rendez-vous », souligne Africanews lors de ce scrutin « boycotté par l’opposition pour protester contre la « coalition majoritaire » qui réunit les partisans du président Félix Tshisekedi et de son prédécesseur Joseph Kabila. »

Jeune Afrique nous en dit ce matin un peu plus sur cette « femme réactive, qui ne se laisse pas faire », selon les mots du député Patrick Muyaya, un de ses proches. Originaire de la province de la Mongala, élue députée en 2011, réélue en 2018, ancienne ministre de la réforme des entreprises publiques, elle était notamment en charge sous l’ancien président Kabila de « la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants soldats ». Dépeinte comme « pragmatique » et à même de « fédérer », Jeannine Mabunda se défend d’avoir été choisie parce qu’elle est une femme. « Je suis une actrice politique à part entière », lance-t-elle à ses futurs collègues de l’assemblée, une instance qu’elle promet de « transformer pour répondre aux besoins de la population ».

La composition du bureau définitif de l’Assemblée nationale est une étape importante pour lever l’impasse sur la nomination du prochain Premier ministre

« C’est en effet au bureau de l’Assemblée que revient la charge d’investir le Premier ministre, lui donnant ainsi carte blanche pour appliquer son mandat » rappelle Africanews. À peine entrée dans ses habits de porte-voix de l’assemblée, Jeanine Mabunda a d’ailleurs rappelé l’urgence de l’investiture du nouveau gouvernement. Alors « si du côté du pouvoir législatif les choses bougent dans le bon sens, commente ce matin L’Observateur Paalga, l’exécutif pour le moment se résume à un « one man band. »

Mais 100 jours après son accession au pouvoir, Felix Tshisekedi, l’a assuré hier, la nomination d’un chef de gouvernement ne saurait tarder. « Dans quelques jours » dit-il, sans préciser la date tandis que l’opposition s’impatiente.

Alors qui pourrait prendre la tête du gouvernement ? « Le poste de Premier ministre revient à cette coalition de l’ancien régime qui garde, en réalité, le pouvoir dont Félix Tshisekedi n’est finalement que le cogérant, pour ne pas dire un actionnaire minoritaire » estime le journal burkinabè Wakat sera. Un avis partagé par la nouvelle tribune : « même si le président Tshisekedi avait des idées plutôt bien arrêtées sur les années ‘’Kabila’’, nous dit le journal, il devra  composer avec l’ancien président. »

On revient aussi dans les journaux africains sur le décès d’Abassi Madani

Le responsable islamiste algérien est décédé hier au Qatar à l’âge de 88 ans. L’ancien président du Front islamique du Salut, le FIS, « avait choisi de s’exiler après sa libération anticipée de prison en 2003, par l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika » nous dit le site Observ’Algérie.

Le FIS, « c’est une formation politique militant pour la création d’un État islamique et qui est à l’origine de la décennie noire dans le pays » poursuit le journal. Abassi Madani souffrait plusieurs années d’une année de graves problèmes de santé.

Et puis le bilan des inondations s’est aggravé en Afrique du Sud

On découvre ces photos de maisons éventrées et de routes complètement emportées par les eaux et les glissements de terrain. « Les équipes de recherche et de sauvetage continuent de passer au peigne fin les décombres », racontent le Mail&Guardian alors que le dernier bilan fait désormais état d’au moins 51 morts.

Hier Cyrile Ramaphosa, le président sud-africain s’est rendu dans les zones le plus touchées, près de Durban dans la province du KwaZulu-Natal . C’est en effet « le sud et l’est du pays [qui] ont été le plus durement frappés par les pluies torrentielles ces derniers jours » explique BBC Afrique qui prévient : « d’autres inondations et des vents violents sont attendus dans les zones côtières et une alerte rouge est toujours de rigueur ».

Revue de presse Afrique – A la Une: trois mois pour une transition au Soudan

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Abdel Fattah Al-Sissi avait réuni hier au Caire plusieurs chefs d’Etat africains, une première depuis le début des troubles au Soudan. Tous ont « reconnu la nécessité de donner plus de temps aux autorités soudanaises pour rétablir un régime constitutionnel » pointe le Sudan Tribune. Trois mois de plus donc pour le Conseil militaire de transition afin de tenter de ramener le pays sur le chemin de la paix et de la démocratie. « L’UA tente de remettre de l’ordre » résume ainsi Le Point Afrique, avec pour principale préoccupation « le maintien des institutions de l’Etat pour éviter que le pays ne plonge dans le chaos ». Abdel Fattah Al Sissi espérait un sommet « historique », le site Atlas Info résume ainsi la position du  president de l’Union Africaine : d’abord la communauté internationale se doit d’aider le pays à « faire face au fardeau économique », mais ensuite, au Soudan comme dans d’autres crises sur le continent, la réponse se doit d’être « africaine ».

Hier au Caire on a d’ailleurs discuté également de la situation en Libye

Une seconde réunion avait lieu en effet dans l’après-midi alors que les combats font rage aux portes de Tripoli entre les forces loyales au gouvernement d’Union nationale, et les troupes du général Haftar. L’homme fort de l’est libyen est d’ailleurs soutenu, par le président égyptien dans son offensive contre la capitale, rappelle notamment Jeune Afrique. Pourtant avec les chefs d’Etat d’Afrique du sud, du Rwanda et du Congo, Abdel Fattah Al Sissi a appelé hier à « un cessez le feu immédiat ».

Mais dans le fond, « que peut-on véritablement attendre de ces deux sommets de l’UA ? » demande Aujourd’hui au Faso. Et le journal de s’empresser de répondre : « pas grand-chose, si ce n’est rien ». Et ce tant au Soudan « où le Conseil national de Transition est pris entre le marteau de l’Association des professionnels du Soudan (APS), d’un côté, et l’enclume du système El Béchir, décidé à garder ses privilèges » de l’autre. Pas plus d’optimisme sur la Libye où le journal estime que « l’on voit mal comment l’UA peut réussir là où les intérêts des grandes puissances sont en jeu ».

Doit-on alors parler alors de réunions surtout symboliques ?

C’est en effet une lecture possible de « ces palabres à l’ombre des pyramides » comme le dit ce matin Le Pays. Mais le quotidien burkinabè nuance : « il faut saluer cet élan de solidarité à l’endroit de deux peuples qui peuvent quelque peu se sentir orphelins de la communauté internationale ». Avant de poursuivre : « L’initiative des deux sommets est d’autant plus salutaire que la situation en Libye comme au Soudan tend à l’enlisement avec des conséquences désastreuses pour les populations ». Alors si l’on résume : Tentative de « reprise en main » du dossier libyen sur lequel l’Union Africaine était « inaudible depuis le début »,  et « fermeté de l’organisation panafricaine sur le putsch militaire au Soudan », pour Le Pays, l’UA semble donc avoir retrouvé une forme de crédibilité sur ces deux dossiers brulants.

L’Egypte, comme médiateur, joue donc un rôle clé

L’Egypte peut certes représenter « un cordon sécuritaire pour ses deux voisins malades » nous dit encore Le pays. Mais le journal s’interroge tout de même sur la « légitimité d’Al Sissi à donner des leçons de démocratie à ses congénères militaires soudanais ». Référence certainement à  la victoire, attendue, mais non moins écrasante hier à plus de 88 % du président égyptien lors de son référendum. Une modification constitutionnelle qui pourra lui permettre de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2030.

Une note d’espoir concernant la lutte contre le paludisme

« Un vaccin est testé en ce moment même au Malawi » peut-on lire notamment dans Ivoire Soir. L’OMS a en effet lancé hier le premier vaccin antipaludique au monde dans le cadre d’un programme pilote historique. Dans les semaines qui viennent il sera également testé au Ghana et au Kenya. Un vaccin à l’efficacité encore limitée selon les scientifiques, mais la recherche avance. En Afrique 250 000 enfants meurent chaque année du paludisme.

Revue de presse Afrique – A la Une: un nouveau chef du gouvernement au Mali

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C’est le ministre sortant de l’Économie et des Finances Boubou Cissé qui a été choisi hier par le président Ibrahim Boubakar Keïta. Une nomination quelques jours après la démission de son prédécesseur Soumeylou Boubèye Maïga qui allait faire face à une motion de défiance à l’assemblée. Une nomination qui intervient surtout « moins d’un mois après la tuerie de quelques 160 civils peuls dans le centre du pays et une série de manifestations contre la gestion de l’Etat » rappelle Jeune Afrique.

C’est donc lui, Boubou Cissé, qui sera en charge de former « un gouvernement de large ouverture » selon un communiqué officiel de la présidence, largement reprit ce matin par les médias maliens. IBK y insiste sur « la nécessité de mettre le Mali au-dessus de tout » et exhorte les « [forces politiques de la majorité et de l’opposition] à l’accompagner dans le processus de reconstruction du pays ».

Alors qui est Boubou Cissé ? demande ce matin le site Mali24 avant de dresser le portrait d’un économiste de formation, qui termine ses études en France en vue d’intégrer la banque mondiale puis le gouvernement malien en 2013. Il restera au sein de l’exécutif jusqu’à la démission du gouvernement la semaine dernière. Boubou Cissé sera intronisé aujourd’hui lors d’une brève cérémonie, objectif : tenter de sortir le pays d’une crise sociale et sécuritaire.

On reste au Mali où il y a du changement également à la tête du Haut conseil islamique

« Les leaders religieux musulmans ont choisi un nouveau chef qui succède au charismatique Imam Mahmoud Dicko. Et c’est en la personne de Cheick Ousmane Madani Haïdara que les musulmans maliens se reconnaitront désormais », explique maliactu. « Celui qui laissait croire que cette fonction ne l’intéressait pas a pourtant dû batailler pour y accéder », poursuit le site malien. « En effet, quelques jours avant le Congrès, son principal challenger, Cheick Soufi Bilal Diallo, avait alerté sur des manœuvres visant à imposer [sa nomination] sans véritable consensus. » Ce dernier a finalement retiré sa candidature, et pour maliactu « c’est en bon perdant qu’il a appelé à l’union pour accompagner le nouveau président de l’institution ». Toujours est-il que le nouveau bureau de cette instance stratégique va devoir batailler pour imposer sa légitimité.

À la Une également cette opération « mains propres » en Algérie

Plusieurs hommes d’affaires proches d’Abdelaziz Bouteflika ont été arrêtés ces dernières heures. C’est la télévision d’Etat ENTV qui l’a rapporté hier. Ces oligarques qui ont fait fortune sous le règne du président déchu sont entendus dans le cadre d’une vaste enquête anticorruption. Parmi eux, explique El Watan, il y a la première fortune d’Algérie, Issad Rebrab, PDG du groupe privé Cevital, mais aussi la riche fratrie Kouninef, quatre frères arrêtés pour « trafic d’influence ». « La justice accélère », titre ce matin TSA-Algérie, même si la presse algérienne dans son ensemble reste plutôt sceptique sur les motifs de ces arrestations, trois semaines après le renversement d’Abdelaziz Bouteflika.

Et puis ça y est, les bureaux de vote ont fermé en Égypte

Les Égyptiens avaient trois jours pour se prononcer pour ou contre la prolongation du mandat d’Abdel Fattah Al Sissi à la tête du pays. Prolongation jusqu’en 2030 grâce à une réforme constitutionnelle. Et il n’y a pas vraiment de suspens selon Africanews : « le scrutin devrait, sans surprise, être favorable au chef de l’État ». Le journal raconte cette « atmosphère festive avec des bureaux de vote décorés de drapeaux égyptiens et de la musique, le tout placé sous haute surveillance de l’armée et de la police. »

Africanews souligne surtout qu’« aucune place n’est accordée dans les médias de masse égyptiens à l’opposition ni aux ONG de défense des droits humains dénonçant ces changements constitutionnels ». Le site d’information dénonce « le musellement de la presse et de l’opposition », mais aussi des « incitations à voter ». « Certains employés ont été invités par leur hiérarchie à se rendre aux urnes, d’autres ont reçu des coupons alimentaires à la sortie des bureaux de vote » raconte le journal à partir des constations de journalistes de l’Agence France Presse. Et Africanews de conclure que cette révision constitutionnelle « octroie surtout un pouvoir politique à l’armée, pilier du régime d’Al Sissi ». Résultat du scrutin prévu au plus tard le 27 avril.

Revue de presse Afrique – A la Une: la suspension des discussions au Soudan entre l’opposition et l’armée

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Les contestataires accusent le Conseil militaire de transition de « s’employer à retarder le transfert du pouvoir au régime civil, et ils ont donc appelé à l’intensification des manifestations. » c’est ce qu’explique ce matin Le Sudan Tribune. L’opposition considère désormais cette instance militaire comme « un prolongement du régime » d’Omar el-Béchir.

Le point Afrique raconte ainsi la soirée de dimanche à Khartoum et ces « manifestants massés devant le QG militaire qui agitaient des drapeaux soudanais, et inondaient de lumière les bâtiments avec les lampes de leurs téléphones portables ». « Liberté, paix, justice », scandait hier la foule. « Notre révolution est civile, elle est protégée par le peuple ». Voilà pour les slogans. Et c’est une nouvelle démonstration de force quelques heures à peine après une allocution télévisée du général al-Burhane qui s’engageait à remettre, justement, le pouvoir dans les mains du peuple.

Et pendant ce temps-là, « les ennuis s’enchainent pour Omar el-Béchir »

Oui c’est le titre d’un article de La Nouvelle Tribune. Le journal béninois rappelait ce week-end que l’ancien président soudanais est « désormais derrière les barreaux. Sa situation pourrait d’ailleurs s’aggraver puisqu’une enquête a été ouverte par le procureur de la République, pour blanchiment d’argent ainsi que détention d’importantes sommes, sans raison légale ». Et comme pour en apporter la preuve, hier soir le chef du Conseil militaire de transition a affirmé que l’équivalent de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide dans la résidence du président déchu.

De l’argent, il en afflue également de l’étranger vers le Soudan

Les récents évènements inquiètent à travers le monde, et plus spécifiquement en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Deux pays qui volent désormais au secours du Soudan. Ils ont débloqué 3 milliards de dollars pour aider à sortir de la crise, et financer les besoins du peuple soudanais en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers selon l’agence saoudienne officielle SPA.Avec pour effet, note le Cameroon-info, que « la livre soudanaise s’est fortement renforcée sur le marché noir, s’échangeant à 45 livres pour un dollar contre 72 livres la semaine dernière ».

À la Une de la presse également, une nouvelle attaque meurtrière au Mali

Elle a visé ce dimanche matin un poste de l’armée à Guiré, dans le secteur de Nara. Bilan : 11 soldats maliens tués par de supposés jihadistes. Et le site d’information malien Koulouba de s’indigner : « C’est dans ce contexte que la communauté chrétienne a célébré la fête de Pâques au Mali. » Le journal reprend les mots de l’abbé Noël Somboro à la cathédrale de Bamako. « Le message de cette fête est « l’amour de Dieu et de son prochain ». Si nous respectons ces deux commandements, nous aurons la paix sur cette Terre » dit-il.

Indignation aussi dans la presse burkinabè. « Pendant que les fidèles chrétiens maliens accueillaient la résurrection du Christ par des chants de louage, le camp de Guiré dans le centre du pays, subissait une des attaques les plus sanglantes », pointe Le pays. Pour le journal basé à Ouagadougou, « la preuve est faite que l’armée n’arrive toujours pas à contrôler et à sécuriser entièrement le Mali. Faut-il le souligner, cette attaque intervient au moment où le président Ibrahim Boubacar Kéita est en pleine concertation en vue de former un gouvernement d’unité. »

Le site Mali actu revient par ailleurs sur cet appel lancé par le président, samedi à Bamako ; appel aux organisations musulmanes. C’était lors de l’ouverture du 3e Congrès du Haut Conseil islamique du Mali. Il leur avait demandé de tracer une ligne rouge entre l’islam et le terrorisme. IBK évoquant « l’islam intolérant et sectaire », avait dénoncé cette mauvaise compréhension de la religion qui crée, dit-il, « l’insécurité, la désolation et hélas trop souvent la mort ». Le chef de l’État malien avait également plaidé, rappelle Mali actu, pour que les musulmans du pays condamnent d’une « voix unanime » et agissent « d’un même élan contre la déviation que constitue l’islam intolérant ».

Revue de presse Afrique – A la Une : la démission de Soumeylou Boubèye Maïga

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« Mes cher(e)s compatriotes, j’ai remis ce soir au Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Ibrahim Boubacar Keïta, ma démission et celle du Gouvernement », a écrit Soumeylou Boubèye Maïga hier soir « à 21H », précise le journal sur InternetBamada.net

Source de Bamada pour cette information, le journal en ligne Koulouba.com ajoute que cette démission du ¨Premier ministre malien intervient « à quelques heures de l’examen par l’Assemblée nationale d’une motion de censure du gouvernement déposée mercredi par des députés de l’opposition, mais aussi de la majorité. Le Premier ministre, en poste depuis 16 mois, cristallisait les critiques depuis plusieurs semaines », souligne Koulouba.com, le départ de Soumeylou Boubèye Maïga était « réclamé tant par des leaders religieux musulmans que par l’opposition –  que ce soit des élus ou les manifestants dans la rue. Mais aussi par des députés de la majorité présidentielle ».

« Le Tigre de Badala comme l’appellent ses fans, après une résistance à la pression des religieux et (de) bien d’autres forces politiques qui réclamaient sa démission, s’est enfin plié (en) quatre », lance Mali24. Comme le pointe ce journal malien en ligne, c’est « en début de soirée » que Soumeylou Boubèye Maïga a donc présenté hier soir sa démission au président de la République.

Tempête politique sur le Mali

Et cette démission intervient dans le cadre d’une procédure inédite. Une motion de censure a, en effet, été déposée conjointement avant-hier soir par des députés de l’opposition et de la majorité. « Une première au Mali », soulignait Jeune Afrique. Selon le site Internet de ce journal panafricain, ces élus reprochaient au Premier ministre « le manque des résultats dans la lutte contre l’insécurité dans le pays, son incapacité à faire face au front social – la grève des enseignants laissant planer le spectre d’une année blanche au Mali – ainsi que son refus de venir à l’Assemblée nationale pour s’expliquer devant les députés, malgré l’appel de plusieurs d’entre-eux ».

C’était en tout cas « la première fois, au Mali, qu’opposition et majorité s’accord(ai)ent ainsi pour déposer une motion de censure contre le Premier ministre, signe que Soumeylou Boubèye Maïga (était) vraiment contesté », pointe Jeune Afrique.

Plus de tigre dans le moteur d’IBK

C’est donc en vain que, quelques heures plus tôt, Le 22 septembre enjoignait Soumeylou Boubèye Maiga à « résister ». Car le désormais ex-Premier ministre est un « combattant, un homme de conviction, un dur », énonçait ce journal malien, « il doit résister au comportement bassement politicien du parti au pouvoir, parce que la résistance au changement n’est que le refus de la croissance ». Se référant à Nelson Mandela, Le 22 septembre estimait que « le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre ». Et il prédisait qu’avec « courage » et « détermination » Soumeylou Boubèye Maiga allait « résister jusqu’au bout ». C’est raté.

De même, avant le dépôt de la motion de défiance, le journal malien Le Républicain estimait qu’en refusant une « solution de compromis », le président Ibrahim Boubacar Keïta avait  favorisé  « le bras de fer, au détriment de tout bon sens et des intérêts du pays » dans un discours « en déphasage avec les attentes des Maliens ».

Revue de presse Afrique – A la Une : l’un part, l’autre reste…

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Contraste saisissant entre deux présidents de deux pays voisins : Omar el-Béchir, le Soudanais, qui est désormais en prison et l’autre Al-Sissi, l’Égyptien, qui pourrait bien rester au pouvoir jusqu’en 2030 !

Comme l’annonce le Sudan Tribune, en effet, « le président déchu du Soudan, Omar el-Béchir, a été transféré mardi à la prison de Kober, dans la capitale, Khartoum. Un transfert qui met fin aux rumeurs sur son départ du pays. Omar el-Béchir est détenu à l’isolement sous surveillance étroite. L’armée soudanaise qui l’a renversé jeudi dernier a toutefois refusé de le livrer à la Cour pénale internationale, indiquant ainsi sa préférence pour un tribunal soudanais. »

Béchir en prison : une diversion de l’armée ?

Commentaire du Pays au Burkina : « quelle chute aussi brutale que vertigineuse, que celle de l’ancien raïs soudanais ! Les tuiles qui continuent de lui tomber sur son crâne dégarni de roi déchu et nu, risquent de l’abattre davantage. Il faut dire que les événements ont évolué à un rythme inouï au Soudan !, pointe le quotidien burkinabé. Hier, seulement placé en résidence surveillée, le voilà à présent contraint de subir les rigueurs de la prison et, ce faisant, d’abandonner ses grands boubous amidonnés, pour enfiler le costume du déshonneur. Quelle triste et pitoyable fin ! Mais qui pourrait plaindre cet homme aux mains dégoulinantes de sang, qui aura régné sans partage sur son pays trois décennies durant ? »

Et Le Pays de s’interroger : « cet emprisonnement procède-t-il d’une grande diversion de l’Armée destinée à calmer la rue toujours gonflée à bloc et déterminée à balayer le système ? On peut, par ailleurs, se demander, maintenant que le vieux lion est en cage, édenté et sans crinière, si l’on s’achemine vers un procès, comme le réclame du reste une bonne partie du peuple soudanais ? »

Al-Sissi au pouvoir jusqu’en 2030 ?

En Égypte, donc, le maréchal Al-Sissi resserre encore son emprise sur le pays… « Sans surprise, rapporte Le Monde Afrique, le Parlement égyptien a approuvé à une écrasante majorité, mardi, un projet de réforme constitutionnelle qui ouvre la voie au maintien du président Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir jusqu’en 2030. (…) Cette réforme doit être soumise à l’approbation populaire, lors d’un référendum. Ses détracteurs, qui y voient un nouveau pas vers la consolidation de l’autoritarisme, huit ans après la révolution du 25 janvier 2011, se font peu d’illusions sur l’issue du scrutin. »

Les militaires vont-ils s’éterniser au Soudan et en Algérie ?

Alors, rappelle Aujourd’hui à Ouagadougou, « Al-Sissi est parvenu au pouvoir grâce une révolution qui éjecta son maître d’alors Hosni Mubarak, laquelle révolution qu’il confisqua manu militari. Eu égard au cas égyptien et avec ce charcutage à la hache de la Loi fondamentale, on comprend l’aversion des Algériens et des Soudanais pour la transition militaire, qu’elle soit ouverte ou voilée. En Algérie, bien que le général Gaïd Salah soit d’une urbanité à toute épreuve et montre un caractère républicain, il est le produit du système voué aux gémonies par ses compatriotes. Bien qu’il ait mis au pouvoir intérimaire 3 civils, contestés d’ailleurs, les Algériens restent circonspects sur l’avenir de la transition et l’issue de la révolution qu’ils savent ‘confiscable’, par la seule force toujours homogène : l’armée. »

Finalement, conclut Aujourd’hui, « l’Égyptien donne raison aux Soudanais et Algériens et apporte de l’eau à leur moulin, car qui a bu boira. Qui nous dit que si les militaires s’imposent au-devant de ces révolutions joyeuses, ils ne s’y éterniseront pas ? »

Destin commun ?

« Algérie et Soudan : deux pays, un destin ? », s’interroge pour sa part Le Point Afrique. « De la forte contestation populaire au questionnement sur la transition en passant par la destitution sous pression de l’armée, l’Algérie et le Soudan sont-ils en train d’écrire une histoire commune ? » Il y a beaucoup de points communs entre les deux pays, relève Le Point Afrique : des décennies de pouvoir fort, un système clanique, un environnement économique morose, une mobilisation populaire avec la même volonté de dégager tous les hommes du pouvoir. Mais à la différence de l’Algérie, il y a au Soudan, une société civile très active et une classe politique très dynamique. Une classe politique prête à prendre la relève…

Revue de presse Afrique – A la Une: en Algérie, l’armée est-elle du côté du peuple?

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Question posée par le journal en ligne algérien TSA après le discours prononcé hier par le général Ahmed Gaïd Salah. « C’est sans doute le discours le plus important du chef d’état-major de l’ANP depuis celui du 2 avril dans lequel il avait appelé pour la dernière fois à l’application “immédiate” de l’article 102 de la Constitution. Son allocution d’hier a été notamment dirigée contre l’ancien chef des renseignements, le général Toufik, cité nommément et sommé de cesser de “comploter contre la volonté du peuple” au risque de faire l’objet de “mesures légales fermes”. »

Commentaire de TSA : « après les péripéties de la semaine et du week-end passés, Ahmed Gaïd-Salah, accusé par certains manifestants d’avoir failli à ses engagements et à ses promesses, n’avait plus d’autre choix que de dire les choses par leur nom. Un exercice d’explication salutaire qui tombe à point pour lever les équivoques nées de la dérive répressive des forces de l’ordre lors de la marche de vendredi dernier.

On sait au moins que l’armée n’est pour rien, pointe TSA, dans la décision de tenter la manière forte pour mettre fin aux manifestations. Son chef le dit presque explicitement et nous apprend au passage que les partisans de l’ancien président sont toujours à la manœuvre et gardent une certaine capacité de nuisance. »

Qui plus est, ajoute TSA, « les propos de Gaïd Salah sont aussi rassurants pour la suite du mouvement populaire. Non seulement il réitère que l’armée “se considère toujours mobilisée […] pour honorer l’engagement qu’elle a pris afin de réaliser les revendications et les aspirations légitimes du peuple”, mais il assure que l’institution “veille à ce qu’aucune goutte de sang algérien ne soit versée”. »

La démission de Tayeb Belaïz

Autre fait important hier en Algérie : la démission d’un des trois « B » : le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz…

Personnalité contestée, à l’instar des deux autres « B », le Premier ministre Noureddine Bedoui et Abdelkader Bensalah, le président par intérim.

« C’est plutôt une bonne nouvelle, pointe le quotidien gouvernemental El Moudjahid, dans la mesure où cela répond à l’une des fortes exigences du mouvement citoyen qui revendique le retrait des figures emblématiques du régime. […] Sa démission, aujourd’hui, […] constitue une sortie honorable pour lui-même et un geste de civilité, dans la mesure où cela pourrait aider à un règlement pacifique de la crise. »

Quid du gouvernement ?

Et maintenant à qui le tour ? « Le gouvernement Bedoui va-t-il démissionner ? » s’interroge Liberté. En effet, relève le quotidien algérien, « le gouvernement de Noureddine Bedoui est partout rejeté. Des ministres sont empêchés de sortir sur le terrain tous les jours. L’Exécutif est devant une impasse. Un prélude à sa démission ? »

En effet, pointe Jeune Afrique, la situation est intenable pour le gouvernement : « des millions d’Algériens continuent de manifester aux quatre coins du pays pour rejeter le gouvernement de Noureddine Bedoui, refuser de reconnaître la légitimité du président par intérim, Abdelkader Bensalah, cacique parmi les caciques du système, et s’opposer au plan de transition qui prévoit la tenue d’une élection présidentielle le 4 juillet prochain. La défiance populaire contre le système prend même de nouvelles formes de désobéissances civiles qui compliquent encore davantage la crise. Des magistrats refusent d’encadrer le scrutin, des maires s’opposent à la révision des listes électorales et à l’organisation du vote, tandis que des ministres sont empêchés d’effectuer des visites sur le terrain. »

Les deux « B » restants et le « S » ?

Alors, s’exclame Le Pays au Burkina, « l’étau se resserre désormais autour des deux autres “B” (Bedoui et Bensalah) qui continuent de s’accrocher à leur fauteuil malgré la clameur du peuple. Jusqu’à quand tiendront-ils face au peuple qui ne montre pas de signe d’essoufflement ? »

Et « il n’est pas exclu non plus, relève Aujourd’hui, toujours au Burkina, qu’en plus des deux “B” restants, les manifestants dans les rues d’Alger ne finissent par aussi mettre le “S” du général Gaïd Salah dans la liste des “indésirables” du système Bouteflika à évincer. Pour le moment, il tente d’avoir cette rue avec lui, multipliant les mises en garde contre la répression des forces de sécurité à l’endroit et des manifestants et l’ouverture de toutes les éventualités pour sortir “rapidement” de la crise. La manœuvre réussira-t-elle ? Les Algériens, conclut Aujourd’hui, sont en train d’écrire l’histoire, la leur, patiemment et inéluctablement. »

Revue de presse Afrique – A la Une: les militaires sous pression au Soudan

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

L’information est à la Une du site Sudan Tribune à Khartoum : « le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a donné au Conseil militaire de transition du Soudan deux semaines pour laisser le pouvoir aux civils, faute de quoi il suspendra l’adhésion du Soudan à l’organisation panafricaine. »

Bravo, s’exclame Le Pays au Burkina : « cette posture fera, sans aucun doute, date. Pour une fois, en effet, l’Union africaine, qui s’est toujours revêtue des oripeaux de “syndicat des chefs d’État” vole au secours d’un peuple. Plutôt que de prendre le parti des plus forts, elle se range du côté des plus faibles. En sommant l’Armée soudanaise, décidée à confisquer la révolution du peuple, de remettre le pouvoir aux civils dans un délai de 15 jours, sous peine de sanctions, en l’occurrence l’exclusion du Soudan de ses instances, l’UA frappe là un grand coup dans l’imaginaire des peuples. Chapeau bas à l’organisation panafricaine qui n’est pas coutumière du fait. […] Reste à espérer que tout cela ne sera pas un simple effet d’annonce et une annonce sans effet. »

« Ces messieurs d’Addis… »

A contrario, L’Observateur Paalga, toujours au Burkina, n’apprécie guère la sortie de l’Union africaine, qui arrive un peu tard selon lui : « l’UA est restée pendant longtemps silencieuse et retrouve subitement la voix maintenant que le peuple a fait le boulot. Ils sont toujours ainsi, ces messieurs d’Addis, fustige le quotidien ouagalais, incapables d’appeler à la raison et à la retenue les membres de leur syndicat, des despotes même pas éclairés souvent, qui veulent battre des records de longévité au pouvoir. Et quand les damnés de la terre se décident à prendre leur destin en main, ce sont les mêmes qui sortent avec leurs vieux principes éculés pour menacer à tout-va. Que le passage par les urnes soit en démocratie le mode normal de dévolution du pouvoir, on le veut bien, mais elle est où, s’interroge L’Observateur Paalga, cette Union africaine quand les autocrates martyrisent leur peuple juste parce qu’ils veulent s’accrocher pour toujours à leur fauteuil présidentiel ? »

Confusion !

En tout cas, où va le Soudan ? Les militaires vont-ils lâcher le pouvoir ? Pour l’instant, c’est la « confusion », pointe Le Monde Afrique.

« À bien regarder le profil des généraux qui, au sein du Conseil militaire de transition, doivent influer sur la manière dont va être géré le Soudan après le départ du président Omar Al-Bachir, il est raisonnable de se demander si le pays est, bel et bien, engagé dans une forme de transformation ou, déjà, englué dans une forme sophistiquée de restauration. […] “Soyons clairs, affirme Suliman Baldo, conseiller de l’ONG de défense des droits de l’homme Enough, ce sont les généraux de Bachir. On ne pouvait, jusqu’ici, accéder à un poste de commandement sans être un proche du régime, et bénéficier d’une confiance absolue. Ils sont à présent dans une position historique de choix entre le démantèlement d’un régime dont ils étaient les piliers ou bien de prolonger ce régime sous une autre forme”. »

Alors, poursuit Le Monde Afrique, « pour introduire une rupture claire avec le passé, les organisations de la société civile et la puissante Association des professionnels du Soudan, réunies au sein de la coalition la Déclaration pour la liberté et le changement, cette coalition a publié un plan en neuf points. Il devra faire l’objet de négociation dans les jours à venir. Tout semble encore possible, pointe Le Monde Afrique. Déjà, sous la pression de la rue, les membres du Conseil militaire ont commencé à mener une dé-Bachirisation précautionneuse. Les responsables de la contestation arrêtés depuis le début des manifestations, les activistes, les manifestants ou les passants raflés au hasard qui encombraient les prisons et centres secrets de détention, sont tous en voie de recouvrer leur liberté. »

Désillusion ?

Toutefois, attention à la désillusion, s’exclame Aujourd’hui à Ouagadougou : « absolument rien ne présage que les choses vont véritablement changer au Soudan. Le rêve de liberté tant caressé risque de ne pas se réaliser. En 1989, rappelle Aujourd’hui, un militaire est monté au pouvoir, avec la bénédiction de l’armée. En 2019, il en est descendu, toujours sous l’injonction de la même armée, qui garde par conséquent la réalité du pouvoir. »

Revue de presse Afrique – A la Une: Algérie, Soudan, l’armée conspuée par le peuple

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Au Soudan, après l’éviction du président El Béchir, l’armée poursuit son opération séduction envers l’opinion nationale et internationale en multipliant les annonces apaisantes : promesse d’une transition démocratique et limogeages de certains chefs militaires.

Pourtant, pour le site Sudan Tribune, c’est clair : « le renversement du président Béchir est dû à un soulèvement populaire et non un à coup d’État ou à une prise de contrôle militaire. […] Le fait que les Soudanais aient organisé des manifestations malgré les risques était un signe de leur détermination à changer le style de gouvernance à Khartoum. Il est donc hautement souhaitable, estime Sudan Tribune, que le conseil militaire accepte un processus politique inclusif associant les forces politiques soudanaises aux mouvements d’opposition internes et armés […]. Les associations professionnelles et les organisations de la société civile doivent également participer à ce processus politique afin qu’un gouvernement de transition inclusif soit formé avec un tableau de marche clair vers une transition démocratique. »

Le printemps soudanais

Interrogé par Le Monde Afrique, le chercheur Jean-Nicolas Bach, coordinateur du CEDEJ et de l’Observatoire de l’Afrique de l’Est, à Khartoum, estime que les militaires vont finir par lâcher le pouvoir : « le Conseil militaire n’est pas légitime aux yeux de ceux qui ont risqué leur vie depuis des semaines, explique Jean-Nicolas Bach. Sa durée de vie même paraît extrêmement limitée […]. Le Soudan tient son printemps. Mais, s’interroge-t-il, des facteurs inquiétants demeurent : quelle place pourra occuper le NISS (les services secrets) ? Comment éviter les purges à l’échelle du pays ? Comment concilier militaires de hauts rangs et civils au sein d’une transition dont les contours se font attendre ? »

« Et maintenant ?, s’interroge en écho Wakat Séra au Burkina. C’est la question qui est sur toutes les lèvres au Soudan, après la chute historique d’Omar el-Béchir qui a tenu, pendant plus de trente ans, le pays d’une main de fer. […] Le déficit de confiance entre l’armée et le peuple devient si abyssal que les décisions de la junte militaire au pouvoir pourraient bien rencontrer un mur de protestation infranchissable. »

Le pouvoir kaki en question

En fait, au Soudan comme en Algérie, pointe le quotidien Aujourd’hui, toujours à Ouagadougou, « les civils ne veulent pas de la transition des prétoriens. […° Dans ces deux pays, se joue l’avenir du pouvoir kaki, qui depuis les après-indépendances, sont entrés par effraction dans l’arène politique, et ne veulent plus en sortir. […] Et si en Algérie ou au Soudan, in fine, ce sont les 2 généraux qui arbitreront ces transitions, il est peu probable, estime Aujourd’hui, qu’ils gardent le pouvoir, comme en Egypte avec le général Al Sissi. Les temps changent, l’Afrique se démocratise. » Et le quotidien ouagalais de s’exclamer : « transitaires Oui ! Titulaires Non ! Par la volonté des peuples soudanais et algérien. »

La mobilisation populaire va-t-elle finir par payer ?

Pour TSA en Algérie, le peuple finira par avoir raison des militaires et des caciques de l’ancien régime, toujours en poste : « le mouvement populaire a pris une telle ampleur qu’il relèverait d’une candeur infantile que de penser pouvoir le mater en faisant appel à la machine répressive du pouvoir. »

Le quotidien Liberté est sur la même ligne : « le mouvement populaire a, certes, réussi à ébranler les fondements mêmes du système, le poussant dans ses retranchements, mais il lui reste à réaliser le plus important, à savoir faire partir les figures honnies du régime pour jeter les bases d’une transition politique pour la reconstruction du pays. La tâche ne s’annonce pas de tout repos face à un système politique qui n’hésitera pas à user, comme à son habitude, de la répression pour tenter de s’éterniser… mais pourra-t-il indéfiniment bloquer la marche de l’Histoire ? Il va sans dire que la mobilisation citoyenne va finir par payer. »

Enfin,El Watan enfonce le clou : « quel que soit le degré de la répression, le peuple ne reculera devant aucun sacrifice pour recouvrer sa liberté. « Ils ne peuvent pas nous tuer, nous sommes déjà morts ! » Ces terribles propos lus sur la pancarte d’un manifestant résument l’état d’esprit des femmes et des hommes de ce pays. »