A la Une: le jour le plus long en RDC

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

C’est ce lundi soir minuit que prend officiellement fin le mandat présidentiel de Joseph Kabila. Et comme le souligne le site d’information congolais DirectCD, « la tension monte dans le pays. L’opposition, qui réclame le départ de Kabila, promet de descendre dans la rue. Les autorités ont déployé l’armée et la police pour contrer ce mouvement. »
Dès hier soir, un journaliste de DirectCD a d’ailleurs été témoin d’une rafle de jeunes gens dans l’Est de la capitale congolaise. Et plusieurs autres sont rapportées.
 
Qui plus est, les autorités congolaises ont donné ordre aux opérateurs de couper l’accès à tous les réseaux sociaux d’internet. Rappelons aussi que la diffusion de RFI et de Radio Okapi est coupée ou brouillée… Alors que va-t-il se passer ce lundi en RDC ?
 
« L’opposant Martin Fayulu du MLC, cité par Le Point Afrique, n’est pas très optimiste. Il cite l’article 64 de la Constitution : “tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”. Alors, prend-on le risque du chaos ?, demande Le Point Afrique. “C’est eux qui le prennent, répond l’opposant. Mardi, Joseph Kabila ne sera plus reconnu, ni par le peuple congolais ni par la communauté internationale”. Le chaos, donc ? “C’est possible”, répond pour sa part Félix Tshisekedi, autre opposant. »
 
Et Le Point Afrique de conclure : « en ville, les forces de sécurité sont de plus en plus visibles, les contrôles de plus en plus fréquents. La voie légale pour résoudre la crise a échoué, Kinshasa retient son souffle. »
 
L’opposition a décidé… de ne rien décider
 
Le chaos ce lundi en RDC ? C’est peu probable, estime pour sa part Afrikarabia… Afrikarabia qui relève que « la plateforme de l’opposition n’a pas officiellement appelé les Congolais à descendre dans la rue et qu’aucune manifestation n’a été programmée. Deux raisons à cela, précise le site d’information sur la RD Congo. Tout d’abord pour une question d’image, l’opposition n’a pas intérêt à apparaître comme celle qui souffle sur les braises, notamment aux yeux de la communauté internationale qui surveille la situation en RDC comme le lait sur le feu. Ensuite pour une question de stratégie de mobilisation. Les deux dernières manifestations interdites par les autorités n’ont pas été suivies par la population. Par peur de la répression, mais aussi par lassitude. Pour ce 19 décembre, constate Afrikarabia, l’opposition a donc décidé… de ne rien décider. A l’image de l’opposant Félix Tshisekedi, qui a lancé après l’échec des négociations de samedi : “Peuple congolais, la balle est dans ton camp”. Au mieux, conclut le site, la population descendra dans la rue, au pire, cette journée se transformera en ville morte. L’essentiel pour l’opposition étant de ne pas perdre la face. D’autant que les occasions de se mobiliser ne vont pas manquer à l’avenir. »
 
« Que se passera-t-il en RD Congo aujourd’hui et les prochains jours, s’interroge également le quotidien Aujourd’hui au Burkina ? Nul ne peut y répondre. Le seul mince espoir reste, ce rendez-vous d’après-demain, la reprise du dialogue sous l’égide des évêques et dans ce pays, où 80 % de la population est chrétienne, s’il advenait que la sagesse divine visitait les protagonistes de la crise, on pourrait espérer un répit et une solution. Dans le cas contraire, c’est-à-dire, si chacun des camps reste arc-bouté à sa position matricielle et maximaliste, la seule guerre que les Congolais pourraient mener sera civile », soupire Aujourd’hui.
 
Le chat et la souris
 
Le Pays, également à Ouaga, n’est pas très optimiste non plus : « certaines indiscrétions font état de la mise en place d’un Conseil national de transition, pointe le quotidien burkinabé, organe que pourrait diriger le leader de l’opposition, Etienne Tshisekedi. En contrepartie, le président Joseph Kabila resterait à son poste le temps de la transition, sans possibilité de solliciter un troisième mandat. Si par extraordinaire, le dialogue politique venait à accoucher d’un tel attelage, l’on pourrait parier qu’il fera long feu, soupire le journal, puisque cela s’apparenterait à faire cohabiter sous le même toit le chat et la souris. »
 
Et Le Pays de conclure : « Joseph Kabila gagnerait à méditer ce riche enseignement de Modibo Keïta : “On peut tromper une partie du peuple une partie du temps. Mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps”. »

A la Une: RDC, compte à rebours à Kinshasa

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

Etant rappelé qu’officiellement, le mandat de Joseph Kabila s’achève toujours lundi 19 décembre, dans trois jours, à Kinshasa, le journal Le Potentiel agite en Une le spectre de « la psychose du 19 décembre ». Ce qui se joue en ce moment, résume ce quotidien kinois, c’est « le quitte ou double. Et dans tout ce jeu politique, c’est le sort de la République démocratique du Congo qui est en jeu. La RDC qui se trouve aujourd’hui entre les mains de 32 délégués du Centre interdiocésain », où la Cenco, la Conférence épiscopale, organise ce « forum » de la dernière chance avant cette fatidique échéance constitutionnelle.
 
De ce huis-clos, Le Potentiel a ouï-dire que « de chaudes empoignades » n’ont pas manqué d’opposer les « deux camps » au sujet de deux questions qui « divisent » : premièrement, le « chronogramme » du processus électoral et deuxièmement, les mesures de « décrispation » politique. Où en est-on ? « Pas encore dans l’impasse », affirme ce matin Le Potentiel, mais le temps presse et le 19 décembre « approche à grands pas. Il faut éviter […] que la RDC retombe après cette date dans un vide juridique indescriptible. D’où, l’urgence d’un compromis avant cette échéance fatidique », enjoint donc ce quotidien kinois.
 
Burkina Faso : dissonances à Ouaga
 
Confusion, au Burkina Faso, au sujet des écoutes téléphoniques présumées entre l’ivoirien Guillaume Soro et l’ex-ministre Djibrill Bassolé. Après l’expertise de ces écoutes, la presse burkinabè ne sait plus à quel saint se vouer. « On ne sait plus à quel son se vouer », lance même, tout à la fois malicieusement mais aussi, un brin agacé, L’Observateur Paalga, au sujet de cette expertise, étant rappelé que ces écoutes téléphoniques sont relatives à la tentative avortée de coup d’Etat militaire de septembre 2015 au Burkina Faso. Il faut dire qu’après que les avocats de l’ex-ministre Bassolé, qui est toujours sous les verrous, se soient vivement félicités de la conclusion de cette expertise en affirmant que les écoutes en question n’étaient pas exploitables devant une juridiction, le parquet du tribunal militaire de Ouagadougou a tenu à préciser rigoureusement le contraire.
 
Et donc, s’irrite ce journal ouagalais, « pour la même expertise, effectuée par le même expert, l’Allemand Herman Künzel, on a deux interprétations différentes : d’un côté, les avocats de Bassolé qui se réjouissent de ce que les analyses aient prouvé que l’enregistrement à charge n’est pas exploitable […] ; de l’autre, le parquet, qui […] affirme le contraire : “Les écoutes téléphoniques sont exploitables” ». « Qui croire ? Qui ment », se demande, courroucé, L’Observateur Paalga.
 
CPI : fin de mois difficiles à La Haye
 
Encore un coup dur pour la Cour pénale internationale. La CPI avoue ne pas avoir les moyens de tenir plus de deux procès à la fois. Et ça n’est pas une mince affaire, car trois procès sont en cours en ce moment devant la CPI. Du coup, celui de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et de l’un de ses ex-ministres Charles Blé Goudé ne reprendra qu’en février 2017. La « liste des dysfonctionnements de la CPI vient encore de s’allonger », souligne le site français d’informations en ligne Mediapart, les droits des accusés sont « mis à mal par des problèmes budgétaires ».
 
La CPI « semble vouloir clore rapidement le dossier Ntaganda, souligne ainsi une source à la Cour citée par Mediapart. Ne chercherait-elle pas dans le même temps à rallonger toujours plus la procédure engagée contre Gbagbo et Blé Goudé ? », se demande toutefois ce journal en ligne. Qui estime que ces « derniers développements devraient renforcer les arguments des pays qui souhaitent quitter la Cour, comme le Kenya dont le président Uhuru Kenyatta a annoncé le 12 décembre qu’il réfléchissait “sérieusement” à l’idée de s’en retirer à cause “d’un manque flagrant d’impartialité” en son sein ».

A la Une: dernière ligne droite en RDC

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

« Le ciel de Kinshasa est aussi changeant que l’atmosphère politique, relève Le Point Afrique : tantôt chargé de nuages noirs, annonciateurs de vents tempétueux et de pluie, tantôt dégagé, exposant la gigantesque capitale de la République démocratique du Congo à un soleil implacable. Seule constante, la chaleur impitoyable. C’est dans cette ambiance plombée qu’ont commencé avant-hier les travaux du deuxième dialogue, dernier espoir avant le 19 décembre, et défi de taille pour le rassemblement des partis d’opposition, la majorité présidentielle et la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, qui l’organise. »
Des travaux qui se déroulent à huis-clos… C’est ce que pointe le site d’information congolais 7 sur 7 : « par souci de transparence et de redevabilité devant le peuple, la plateforme pilotée par Etienne Tshisekedi avait insisté pour que les négociations passent à la télé. Mais, l’opposition s’est heurtée au refus catégorique de la Majorité présidentielle et des évêques. Les organisateurs ont démontré que pour assurer la sérénité des travaux, il était nécessaire que tout se passe à huis-clos. »
 
En tout cas, c’est « la dernière ligne droite », s’exclame Le Potentiel en première page. « Les délégués des parties prenantes au dialogue de la Cenco n’ont plus que 48 heures pour sauver le pays, en prenant de bonnes résolutions ou bien l’enfoncer dans un gouffre, en refusant de dégager un consensus. En effet, demain vendredi 16 décembre, pointe le quotidien kinois, selon les évêques catholiques qui assurent la médiation, un accord devra être signé afin d’apaiser les esprits avant la date fatidique du 19 décembre, qui sanctionne la fin constitutionnelle du second et dernier mandat du président de la République. Personne n’a droit à l’erreur, souffle Le Potentiel. C’est le moment ou jamais de prouver à la face du monde qu’en République démocratique du Congo, on peut aussi compter sur de grands hommes politiques. C’est surtout le temps de prouver que tous ces débats politiques qui s’éternisent le sont réellement pour l’intérêt supérieur de la Nation et non pour les ventres des politiciens. »
 
Des positions encore très divergentes…
 
Alors que peut-on attendre des ultimes tractations en cours entre l’opposition et la majorité présidentielle avant la date fatidique du 19 décembre ? Le site Afrikarabia a posé la question à Thierry Vircoulon, spécialiste de l’Afrique centrale, chercheur à l’Institut français des relations internationales et Maître de conférences à Sciences-po. Voici sa réponse : « ces négociations piétinent, affirme-t-il. Elles achoppent sur deux points principaux : le fait que Joseph Kabila se prononce publiquement pour dire qu’il ne briguera pas de nouveau mandat et sur le calendrier électoral. Cette médiation de la dernière chance a été tentée par l’Eglise catholique congolaise et aucun des deux camps ne voulaient être perçus comme celui qui refuserait cette ultime négociation. Leurs positions semblent encore très divergentes, poursuit Thierry Vircoulon, sachant qu’après le 19 décembre, Etienne Tshisekedi considère que le président Kabila n’a plus aucune légitimité légale. A moins d’une surprise de dernière minute, les probabilités sont très minces pour que cette médiation aboutisse. »
 
Gambie : hystérie dans le clan présidentiel
 
A la Une également, l’impasse en Gambie… Echec hier de la médiation de la Cédéao ; le président battu dans les urnes continue de contester la victoire de son challenger, Adama Barrow…
 
En fait, relève Le Pays au Burkina, « la victoire inattendue de l’opposant a créé la panique dans le clan du satrape. Cette panique a pratiquement viré à l’hystérie face à la volonté manifeste du peuple gambien de demander des comptes hic et nunc à tous les concepteurs et exécutants de la satrapie de Jammeh. Il fallait donc dans l’urgence pour le demi-dieu de Banjul et ses disciples trouver un moyen pour arrêter les choses pendant qu’il est encore temps. Et la trouvaille est de contester les résultats de la présidentielle devant la plus haute instance judiciaire de Gambie. […] Ce faisant, le satrape a conscience que ni les démocrates de son pays ni la communauté internationale ne seront disposés à avaler cette couleuvre-là. Mais de cela, il n’en a cure. »
 
Les positions sont donc figées de part et d’autre… Le site d’information guinéen Ledjely.com résume la situation : « la communauté internationale est aussi mobilisée que ferme sur sa volonté de faire respecter les résultats issus du scrutin du 1er décembre 2016. Mais confrontée à l’implacable réalité que lui impose Yahya Jammeh, elle est bien embarrassée. D’un côté, la diplomatie parait bien incapable de faire entendre raison au président sortant. De l’autre, une éventuelle intervention militaire, face à un dictateur qui n’a rien à perdre, est bien risquée. Or, conclut Ledjely.com, le statu quo, quant à lui, est quelque chose de tout simplement inenvisageable. »