Revue de presse française – A la Une: le durcissement entre Washington et Téhéran

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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale. Présentée par Frédéric Couteau du lundi au jeudi, par Norbert Navarro le vendredi et le samedi, ainsi que la revue de presse des hebdos le dimanche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

« De nouvelles sanctions contre les secteurs iraniens du fer, de l’acier, de l’aluminium et du cuivre, pointe Libération : hier soir, Donald Trump a encore durci le bras de fer avec Téhéran. Quelques heures plus tôt, l’Iran avait annoncé qu’il suspendait certains de ses engagements pris dans le cadre de l’accord international sur le nucléaire iranien, ­conclu en juillet 2015 et dont les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement il y a un an. En ripostant avec modération aux sévères pressions imposées ces derniers mois par l’administration Trump, le régime iranien, constate Libération, a lancé un ultimatum aux autres signataires (Chine, Russie, Union européenne, France, Royaume-Uni et Allemagne). Lesquels n’ont pourtant jamais semblé aussi impuissants pour sauver cet accord, aujourd’hui très fragilisé, dont l’objectif était de limiter drastiquement le programme nucléaire iranien en échange d’une levée partielle des sanctions internationales. Tout cela, relève encore Libération, dans un climat de tensions régionales extrêmes, alimentées notamment par les faucons de la Maison Blanche. ‘Dans cette phase de ­tension maximale, la possibilité d’incidents armés est quasiment ­infinie’, s’inquiète un ancien haut diplomate français, fin connaisseur du dossier. »

Oui, attention, lance La Charente Libre, « il est des anniversaires qu’il vaudrait mieux ne pas célébrer. Le premier anniversaire de la rupture unilatérale par l’administration Trump de l’accord international sur le nucléaire iranien est de ceux-là, lourd de menaces d’une confrontation directe après un demi-siècle de ni guerre ni paix entre l’Iran et les États-Unis. »

L’Europe trop inféodée ?

« Il y a là, déplore La Croix, une triste illustration du fonctionnement actuel de ce qui mérite moins que jamais le nom de ‘communauté internationale’. L’accord de 2015 a été l’une des dernières illustrations positives du multilatéralisme. Ce texte avait certainement beaucoup de défauts et, au vu de ce qui se passe au Moyen-Orient, personne ne prétendra que l’Iran favorise en toutes circonstances l’amitié entre les peuples. Du moins, pointe La Croix, cet accord laissait-il entrevoir la possibilité d’une désescalade régionale. Donald Trump, poussé par Israël, y a mis un terme, pour tenter de faire chuter le régime de Téhéran. Pari aussi dangereux qu’aléatoire. »

Enfin Le Courrier Picard s’agace… « Depuis un an, coincés entre le marteau et l’enclume, l’Europe et singulièrement la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni n’arrivent pas à contourner les sanctions américaines. La stratégie d’isolement de l’administration Trump fonctionne. Les trois pays européens sont tiraillés entre la position d’outre-Atlantique et celle qu’ils voudraient assumer : le respect d’un accord dont ils ne se sont pas retirés. »

Alors, s’exclame le quotidien picard, « il est grand temps d’imposer les vues internationales de tradition française qui étaient, depuis de Gaulle, de considérer d’abord notre intérêt. On peut détester Poutine, Rohani, le pape ou qui l’on veut. Il faut penser autrement qu’en arrimant l’Europe à l’Amérique… ou à d’autres. Envisager des sanctions envers l’Iran serait dangereux, contre-productif et sans doute inutile. Dès lors, retrouvons la voie du dialogue. Il suffit de se passer de Trump. Ce n’est pas si dur. »

« Parlez-nous d’Europe ! »

A la Une également, le coup d’envoi de la campagne pour les élections européennes…

« Peu de Français auront vu la différence, remarque Le Journal de la Haute-Marne : nous sommes désormais en campagne électorale pour les européennes. La vivacité du débat intérieur, embrasé par le mouvement des Gilets jaunes, l’a quasiment occultée. Le scrutin du 26 mai est une élection intermédiaire qui sert d’exutoire. C’est couru d’avance, estime le quotidien champenois. Les perdants de la présidentielle tenteront de prendre leur revanche après leur lourde défaite, et les vainqueurs feront tout pour arriver en tête. De fait, le débat politique est largement dominé par les affaires domestiques : le pouvoir d’achat, les retraites, l’immigration, etc… »

« Parlez-nous d’Europe ! », fulmine Le Figaro. « Entre black blocs et Gilets jaunes, grand débat et petites polémiques, l’Europe a cherché à se frayer un chemin : en vain. À la place, un simulacre d’entre-deux-tours où comme dans les tournées de province, les premiers rôles sont joués par des doublures : Loiseau dans le rôle de Macron, Bardella dans celui de Le Pen, avec, en arrière-plan, Bellamy s’acharnant, en un sourire angélique, à disloquer cette matrice infernale. »

Pour Le Figaro, la vraie question est : « Quelle Europe voulons-nous ? La question devrait réveiller les esprits, même les plus assoupis. »

Macron, le nouveau géant vert ?

Hier, La République en Marche, le parti présidentiel, a publié son projet pour l’Europe… Un projet qui « confirme les premières tendances, remarquent Les Echos. Le climat et les frontières s’imposent comme les deux grands thèmes de la campagne européenne, côté Français du moins. Le premier inspire la totalité des listes de gauche, les secondes celles des Républicains et du Rassemblement national. Emmanuel Macron mixte des deux. Il met l’écologie en tête, devant le thème de la puissance économique qui lui ressemble davantage ; il n’oublie pas ‘la protection des frontières, condition du maintien des libertés’. »

Justement, Libération s’interroge : « Emmanuel Macron fait-il sa transition écologique ? (…) Emmanuel Macron, le nouveau géant vert ? Ne pas avoir prononcé une seule fois le mot ‘biodiversité’ lors de sa conférence de presse le 25 avril n’aide pas à le croire, pointe le journal. Le peu de conviction avec laquelle le président de la République a annoncé lundi, au débotté sur le perron de l’Elysée, ‘un changement profond’ sur la question écologique non plus. Et même si le programme présenté par Nathalie Loiseau et Pascal Canfin, les têtes de liste LREM aux élections européennes, s’ouvre sur les enjeux environnementaux, la sincérité de ce verdissement macronien interroge. Véritable virage ou simple inflexion ? Affirmation certes trop tardive mais sincère d’une conviction écologique, ou éléments de langage trahissant un pragmatisme plus politicien que politique ? A quelques jours du scrutin européen, conclut Libération, il est permis de douter de la bonne foi présidentielle. »

Les syndicats unis pour la défense du service public

La grève ce jeudi dans la fonction publique… « Les syndicats reprennent du poil de la bête, pointe Le Midi Libre. Éparpillées façon puzzle aux quatre coins de Paris le 1er Mai dernier, les organisations veulent afficher leur unité, ce jeudi, pour défendre tous ensemble les services publics. Peu convaincus par les obscures maisons France-Services voulues par le chef de l’État, les militants de la CGT, de la CFDT ou de FO ont promis de mettre leurs divisions au placard dans l’intérêt des fonctionnaires. »

Et puis les enseignants en grève également… « Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, longtemps qualifié de meilleur élève du gouvernement, est-il en train de perdre la main ? », s’interroge Le Parisien. (…) Le fond du problème ? Une politique ministérielle perçue comme directive, voire autoritaire, relève Le journal, suite à des circulaires inhabituellement détaillées sur la manière de faire classe, ou le rappel à l’ordre d’enseignants qui avaient refusé de faire passer tout ou partie des nouvelles évaluations des enfants à l’entrée en CP, qu’il jugeaient peu adaptées aux enfants. »

Revue de presse française – A la Une : Reds dingues !

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Reds comme les rouges de Liverpool… Et dingue comme cette incroyable demi-finale retour de la Ligue des champions hier soir… « Reds dingue », donc, s’époumone L’Equipe ce matin.

Le quotidien sportif n’en revient toujours pas : « les mots manquent, vraiment, pour décrire l’ambiance qui a régné à Anfield hier soir. C’était ‘frappadingue’, majestueux, surréel. Au coup de sifflet final, on a vu des stewards perdre le sens commun et se jeter dans les bras des supporters. On a vu Jamie Carragher, un ancien de la maison reconverti consultant, effectuer des sauts de cabri au milieu de la tribune de presse. On a vu Jürgen Klopp, extatique, se diriger lentement vers le Kop pour partager un bonheur qu’il semblait avoir du mal à concevoir. Auparavant, pendant une heure et demi, les fans du Liverpool Football Club avaient hurlé comme des décérébrés pour pousser leurs joueurs, contribuant dans les grandes largeurs à ce que ceux-ci réalisent le plus grand exploit de leur pourtant très riche histoire européenne : éliminer le Barcelone de Lionel Messi en les battant 4-0, après avoir perdu à l’aller 0-3. »

« Un exploit monumental », renchérit Le Figaro. « Anfield en a rêvé, Liverpool l’a fait. Largement défaits en demi-finale aller de cette Ligue des champions, la semaine dernière au Camp Nou, les hommes de Jürgen Klopp ont renversé la situation de manière incroyable devant leur public et se qualifient pour leur deuxième finale consécutive en C1. Pourtant privés de leurs deux attaquants majeurs, Mohamed Salah et Roberto Firmino, blessés, les Reds sont allés puiser au fond de leurs ressources pour créer l’exploit, aidés par un public bouillant et exemplaire. »

« Inimaginable, magnifique, prodigieux…, s’exclame Le Parisien. Quatorze ans après le miracle d’Istanbul en finale de la Ligue des Champions face à l’AC Milan, voici pour Liverpool le miracle d’Anfield. Deux ans après la célèbre remontada du FC Barcelone face au PSG, le club catalan est lui aussi victime d’une remontée fantastique qui restera dans la légende de la Ligue des champions ! »

Afrique du Sud : la dernière chance de l’ANC ?

A la Une également : les élections en Afrique du Sud…

« Cyril Ramaphosa, un caméléon pour rebâtir la nation arc-en-ciel », titre Libération. « Le président sud-africain, en poste depuis un an, devrait rester en place après les élections de ce mercredi, pointe le journal. Ancien proche de Mandela puis businessman, il a la lourde tâche de redorer le blason de l’ANC terni par la corruption et de redonner espoir à un pays en pleine crise. »

En effet, précise Libération, « l’ancien mouvement de la lutte anti-apartheid traverse sa pire crise depuis l’avènement de la démocratie. Lors des élections municipales d’août 2016, le parti hégémonique a essuyé un revers cinglant – 54 %, son score le plus bas – et a perdu le contrôle d’une série de municipalités emblématiques, comme Johannesburg ou Pretoria, au profit de l’opposition. +Certains électeurs devraient revenir vers l’ANC. Mais ils voteront surtout pour Ramaphosa, estime une politologue sud-africaine, interrogée par Libé. C’est un des arguments majeurs de sa campagne : un nouvel ANC vertueux, un parti transformé qui mérite à nouveau la confiance de la population’. »

Et Libération de s’interroger : « Cyril Ramaphosa peut-il tenir ses promesses ? ‘Le Président a très certainement de bonnes intentions, affirme l’analyste politique Ebrahim Fakir. Mais la pourriture est tellement ancrée, à tous les niveaux, jusque dans les municipalités, qu’il est impossible de faire place nette rapidement’. Le chef de l’Etat a aussi du mal à relancer une économie mal en point, à réduire le chômage endémique qui touche plus d’un quart de la population et les profondes inégalités qui minent la société. Malgré les critiques, l’ANC est certain de sortir vainqueur du scrutin et devrait conserver une confortable majorité au Parlement. Mais c’est peut-être, conclut Libération, la dernière chance qui lui est donnée de renouer avec ses idéaux. »

La baisse des impôts : 300 euros en moyenne

La baisse des impôts en France : le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, s’explique ce matin dans Le Parisien…

« Je peux vous dire que la quasi-intégralité des 17 millions de foyers qui paient l’impôt sur le revenu sera concernée, affirme le ministre. (…) En moyenne, environ 300 euros par foyer et par an. Mais c’est simplement un ordre de grandeur parce que nous ferons en sorte que la baisse d’impôt soit plus importante pour les classes moyennes que pour les personnes qui ont des revenus plus élevés. »

Reste une question : comment financer ces baisses d’impôts ? « Dans les couloirs de Bercy, pointe Le Parisien, les cols blancs s’arrachent les cheveux pour trouver l’équation qui maintiendra le budget à flot. Car trouver 5 milliards d’euros n’est pas si aisé. Ces derniers jours, Emmanuel Macron, suivi par plusieurs membres du gouvernement, a évoqué des pistes pour éponger le cadeau fiscal. La principale, celle où le gisement est le plus abondant : la suppression de certaines niches fiscales accordées aux entreprises. Chaque année, c’est un manque à gagner d’environ 86 milliards d’euros pour l’État. »

8 mai : une Europe fragilisée

Ce 8 mai en France et dans d’autres pays marque l’anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale…

Et « retour sous l’Arc de triomphe, ce matin, pour Emmanuel Macron qui ranimera la flamme et rendra hommage aux anciens combattants, note Sud-Ouest. La dernière fois, c’était le 11 novembre, six jours avant la première manifestation des Gilets jaunes et trois semaines avant la profanation du monument national. Souhaitons que ce 8 mai referme enfin cette longue parenthèse. Mais ce jour de la victoire sur l’Allemagne nazie doit surtout donner l’occasion de s’interroger sur le destin de l’Europe, pointe Sud-Ouest, et sur l’état du couple franco-allemand. »

En effet, complète Ouest France, « l’Union européenne est fragilisée. Les bouleversements du monde inquiètent les peuples. Les divisions ressurgissent. Des forces destructrices soufflent sur les braises. En France, alors que l’entente franco-allemande est la pierre angulaire de l’Europe, certains tentent de raviver la haine. (…) La construction européenne est inachevée, constate encore Ouest France. À l’image des cathédrales construites de siècle en siècle, elle appelle une génération de bâtisseurs pour que la paix, la liberté, la démocratie, célébrées en ces jours, continuent de rayonner en Europe et dans le monde. C’est tout l’enjeu des prochaines élections européennes. »

Revue de presse française – A la Une : sauver la biodiversité, « Il n’est pas trop tard pour agir »

| | Episode du | Durée : 00:06:13 | RSS | Site Web

Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale. Présentée par Frédéric Couteau du lundi au jeudi, par Norbert Navarro le vendredi et le samedi, ainsi que la revue de presse des hebdos le dimanche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Les journaux ce matin nous racontent une très vieille histoire. Une histoire qui s’est déroulée il y a 65 millions d’années. C’était la dernière fois que le monde vivant faisait face à une extinction de masse des espèces animales. On parle ici des dinosaures, mais aussi des trois quart des espèces alors présentes sur terre. Aujourd’hui, en 2019, l’histoire risque de se répéter, mais à un rythme 100 fois plus rapide. « Non plus à l’échelle des temps géologiques, nous dit Le Monde, mais en quelques décennies. Avec un unique responsable : l’homme ».

Voilà le bilan que dressent les scientifiques et les experts du monde entier dans un rapport grave et inédit sur la biodiversité. Le constat est sans appel : un million d’espèces sont menacées. Concrètement, c’est 19% des reptiles, 25% des mammifères, 33% des coraux…la liste est longue, et elle donne le tournis. Quelque 8 milliards d’euros par an sont affectés à la restauration de la biodiversité au niveau mondial. « Les experts estiment qu’il en faudrait entre 200 et 300 milliards chaque année. A combien évaluons-nous le prix du vivant ? » interroge le journal du soir.

Plus de questions que de réponses dans la presse ce matin

Comme celle-ci : « Comment renchaîner Prométhée ? » demande Le Figaro, qui convoque la mythologie et qui nous montre en une, un lynx boréal, une sterne arctique, une tortue d’Herman, une anguille européenne et une grenouille des champs. Des espèces que l’homme est en passe de condamner. « La croissance mondiale a pour effet de sortir une partie de l’humanité du sous-développement, reconnait le journal conservateur. À quel prix pour l’environnement ? De l’homme ou de la nature, qui sauver ? Surtout quand celui- là a impérativement besoin de celle-ci… Moderne dilemme que nous n’avons pas fini de méditer…»

On nous rappelle donc notre capacité à agir. « Il n’est pas trop tard », nous dit Robert Watson, le président du groupe d’experts de l’ONU repris dans Ouest France. « Mais seulement si nous le faisons dès maintenant ». Et en effet, chacun peut agir, en tant que citoyen, en tant qu’électeur, en tant que consommateur aussi.

Et pour agir il n’y pas d’âge…

C’est le cas de Victor Noel. 14 ans. Des yeux immenses derrière ses lunettes carrées. C’est France info qui brosse ce matin le portrait de ce jeune ado, « un drôle d’oiseau qui ferait tout pour sauver la biodiversité ». Et les oiseaux, lui, il les connait par cœur, il faut dire qu’il passe le plus clair de son temps à les observer à la jumelle pendant de longues balades en forêt. Victor est devenu célèbre en organisant, du haut de sa petite taille, la marche pour le climat à Metz l’année dernière. Célèbre aussi, pour cet échange télévisé avec Nicolas Hulot. Le ministre de l’écologie de l’époque lui demande ce qu’il ferait s’il était à sa place. « Quand j’aurai l’âge d’être ministre de l’Ecologie, disait-il, ce ne sera plus le temps d’agir (…). Il sera trop tard ». La vérité sort de la bouche des ados.

Eux étaient justement réunis pour agir, mais le G7 de l’environnement à Metz a surtout fait des déçus…

Les ministres de l’Ecologie des sept pays les plus riches de la planète et d’autres pays invités ont pourtant planché sur une charte de la biodiversité, la charte de Metz. Problème, une fois de plus, le texte « n’est pas contraignant, et n’a pas d’objectif chiffré » explique Le Monde, qui cite aussi Green Peace. L’ONG enrage : c’est « le grand écart entre les beaux discours diplomatiques et l’inaction nationale ».

« On s’en doutait un peu », souffle la République des Pyrénées. « On sait bien que ce genre de sommet aboutit sur des communiqués peu conciliables avec ce que le commun des mortels appelle « concret ». Mais on avait envie d’y croire, on trépignait. Une fois le texte sous les yeux, patatras. Déception.

Même constat pour La Nouvelle République : « Aussi ambitieux soient-ils, ces grands rassemblements interétatiques sont loin d’avoir réussi leur entreprise. A vrai dire, on a l’impression que les États sont à la traîne. Ce sont surtout les villes, les collectivités locales, les instances infra-étatiques qui font avancer concrètement les choses sur le terrain »

Face à l’urgence d’agir, Emmanuel Macron a fait hier toute une série d’annonces

Le chef de l’Etat a promis « un changement profond » des modes de production, et rappelé quelques engagements phares : « la lutte contre le gaspillage alimentaire ou la production de déchets plastiques, la réduction des produits phytosanitaires », rappelle 20 minutes. Outre-mer première retient pour sa part les mots du président concernant le projet de mine d’or en Guyane. Emmanuel Macron ne le « juge pas compatible avec une ambition écologique ». Signe d’une victoire à venir peut être pour les associations de défense de l’environnement.

Pour Libération il y a toutefois là encore un « écart affligeant entre le discours et les actes. que fait l’exécutif ? Il parle, un peu, il était temps, nous dit Libé. Mais il agit à contresens. Après avoir omis de prononcer le mot « biodiversité » lors de sa conférence de presse du 25 avril, Emmanuel Macron n’a pas daigné assister à l’ouverture ou à la clôture de la réunion d’experts, pourtant organisée à quelques encablures de l’Elysée. » Les symboles peuvent être aussi importants que les beaux discours.

Emmanuel Macron qui fête aujourd’hui ses 2 ans à la tête du pays

Comme à chaque anniversaire, l’heure du bilan a sonné. Avec encore son lot de questions ouvertes : « Mais où sont passées l’espérance portée en lui et l’audace du commencement ? On est loin de l’enthousiasme du Louvre au premier soir. », estime l’Union qui parle d’un « anniversaire sans gâteau ». Face à la déception des écologistes, face à la colère des «gilets jaunes» aussi, « Emmanuel Macron reste seul » estime La Croix. Alors la campagne des européennes, qui a pourtant bien du mal à passionner les foules, pourrait presque apparaitre comme une planche de salut.

« Le président tente de conjurer les sondages décevants en durcissant l’affrontement « progressistes contre nationalistes » pour remobiliser ses troupes », analyse Les Echos. Hier il a envoyé son Premier ministre à la rescousse de sa candidate Nathalie Loiseau, raconte le journal. Edouard Philippe a tenu un meeting à Caen, pour tenter de faire décoller la campagne. Car à trois semaines de ce premier scrutin du quinquennat, pour l’exécutif, là aussi, il est grand temps d’agir.

Revue de presse française – À la Une: nouvelle escalade de violence entre Israël et Gaza

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Des colonnes de fumée noire, des bâtiments éventrés, et des hommes, hagards, au milieu des décombres. Après plusieurs semaines d’un calme précaire, ces images en une des journaux symbolisent le scénario dramatique qui se répète inlassablement.

 « Gaza et Israël ont repris, une nouvelle fois, la grammaire meurtrière qui depuis plus d’un an surgit sans prévenir, coupant le souffle d’un côté et de l’autre, jusqu’au prochain épisode de violence », nous dit ce matin Libération. « Cet épisode, il dure parfois quelques heures, quelques jours, explose des vies sur son passage, puis disparaît aussi vite qu’il est arrivé. Qu’adviendra-t-il de celui-ci ? » Interroge Libé. Trop tôt pour le dire. « Les factions accusent Israël de ne pas tenir ses promesses. Israël accuse les factions de ne pas assurer un calme absolu, au préalable. La partie est lugubre, et elle semble sans issu », analyse Le Monde.

Alors « Certains parient sur l’épuisement des protagonistes. Mais pour que ce calcul ait une chance quelconque de se vérifier, estime Sud Ouest, il faudra que Netanyahou concède aux Palestiniens davantage qu’un statut de citoyens de seconde zone dans « l’État juif » qu’il vient de définir. En attendant, les pluies de roquettes sur Israël et les raids punitifs sur la bande de Gaza risquent fort de continuer à assombrir l’actualité. »

Pourquoi ce regain de tension intervient-il aujourd’hui ?

Les éléments explicatifs ne manquent pas. L’asphyxie économique de Gaza bien sûr, mais pour le journal L’Opinion « d’autres facteurs se  mêlent aussi pour expliquer cette nouvelle escalade : les pourparlers en cours en Egypte, la formation du gouvernement israélien…et l’approche de l’eurovision ». Le célèbre concours de chant se tiendra en effet dans une semaine à Tel Aviv. Les préparatifs ont d’ailleurs déjà commencé pour l’ouverture du village, au bord de la mer. « Une dizaine de délégations sur les 40 sont déjà arrivées dans la ville où les répétitions ont débuté samedi. Le show télévisé passionne les Israéliens ». Alors l’opinion cite des responsables politiques palestiniens sous couvert d’anonymat qui résument ainsi la situation : « Israël ne peut chanter et s’amuser pendant que Gaza souffre ».

La revue de presse nous emmène aussi au Sri Lanka où la vie a bien du mal à reprendre son cours

2 semaines après les attentats sanglants contre des églises et des hôtels, le pays pense toujours ses plaies. Hier les catholiques se sont une nouvelle fois rassemblés en famille pour la messe dominicale. Mais pas à l’église non, c’est encore trop dangereux. Le dimanche la messe se vit désormais « depuis le salon, devant la télévision » explique L’Obs. Les églises sont fermées, alors « les prêtres « vont aussi de maison en maison, rendent visite aux gens, leur donnent de l’espoir, apportent la communion aux malades et rendent particulièrement visite aux blessés », raconte le père Harshan.

Mais devant le parvis des églises, il y a seulement des soldats. Des militaires qui étaient aussi à pieds d’œuvre hier pour « passer au peigne fin les bâtiments scolaires et leurs environs afin de s’assurer que les enfants puissent revenir en toute sécurité » peut-on lire dans La Croix. Car aujourd’hui, enfin, il y a école. Les cours reprennent dans près de 11 000 établissements. La fin de très longues et sinistres vacances de Pâques pour les jeunes sri lankais.

En France, depuis ce weekend end, un chiffre agite la presse

33. Comme le nombre de listes déclarées en France pour les élections européennes. Record battu. La République des Pyrénées se demande même avec malice si les mairies trouveront « des trottoirs suffisamment longs pour héberger tous les panneaux électoraux ». Car « on se bousculera au portillon démocratique. L’Est Républicain relève d’ailleurs le paradoxe : « D’un côté, la participation ne cesse de baisser, la confiance dans les partis traditionnels faiblit. De l’autre, les candidats, de plus en plus nombreux, se bousculent ». Une cohorte aux propositions pour le moins hétéroclites : « du droit des animaux au féminisme en passant par la restauration d’un roi, l’espéranto ou la décroissance -La Croix s’interroge : « on finit par se demander ce qui unit les Français ».

Le dépôt des listes, cela met tout de même un peu d’activité dans cette campagne européenne qui a bien du mal à démarrer, confisquée par les polémiques et les débats nationaux.

Pour Le Républicain Lorrain « L’erreur du président de la République fut sans doute de résumer ces élections à un match entre les progressistes et les populistes, dénaturant ainsi le scrutin. Le choix d’Emmanuel Macron se révèle d’autant plus dangereux que l’atmosphère délétère actuelle a modifié l’enjeu en le réduisant à un référendum implicite pour ou contre lui-même. ».

Et puis les journaux français reviennent aussi sur « l’affaire des suicides » à France Telecom.

Nicolas, Yves, Rémy. Les noms de ces salariés dont les vies ont été brisées s’affichent en Une du Parisien. « Nicolas et Rémy se sont suicidés après des mois de maltraitance professionnelle. Yves a sombré dans une longue dépression ». En cause, un harcèlement moral des plus féroces, qui aurait touché 39 personnes à France Télécom, aujourd’hui devenu Orange. Parmi elle, 19 se sont donné la mort entre 2007 et 2010.

Le procès s’ouvre aujourd’hui. A la barre, 7 prévenus, tous d’anciens hauts dirigeants du groupe, dont l’ex PDG Didier Lombard. Ils auraient mis en place une stratégie  d’entreprise « visant à déstabiliser les salariés et à créer un climat professionnel anxiogène ». Principale ligne de défense, le contexte économique du secteur des télécommunications au début des années 2000 où la concurrence faisait rage, explique Le Monde, et où la réorganisation rapide était devenue indispensable.

Alors 10 ans près, « L’affaire des suicides de France Télécom a fait évoluer certaines pratiques en matière de management et de ressources humaines » veut croire Le Figaro. « Observatoires, enquêtes, baromètres se multiplient, on parle désormais de stress, de burn out, et de santé mentale au travail. Les managers sont formés, des référents sont nommés dans les entreprises. »

Mais cette histoire, nous dit Le Monde, « c’est aussi celle des consommateurs que nous sommes. Le procès de ce moment d’histoire économique est prévu jusqu’au 12 juillet. On en lira les comptes rendus sur nos téléphones, nos tablettes ou nos ordinateurs connectés aux réseaux SFR, Bouygues, Free et Orange, bien sûr. »

Revue de presse française – À la Une: la question des discriminations

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C’est la presse sportive qui s’empare de ce sujet. So Foot donne la parole à 25 footballeurs professionnels ou amateurs qui racontent leurs expériences du racisme. Des insultes qui fusent dans les travées des stades, « des balles de kalachnikov en plein cœur » raconte Abdeslam Ouaddou, l’ancien international marocain et joueur de Nancy, Valenciennes, Rennes ou Fulham. Mais aussi des agressions physiques, comme dans le cas de Kerfalla Sissoko, passé à deux doigts de la mort lors d’un match amateur en Alsace l’an passé, quand il est frappé par des supporters adverses. L’ancien joueur de Monaco Luc Sonor explique quant à lui se débattre encore aujourd’hui avec le traumatisme provoqué par le lynchage qu’il a subi lorsqu’il était écolier.

Un racisme tenace, que des anciens joueurs se désespèrent de voir perdurer. Le double vainqueur de la CAN avec le Cameroun, Joseph Antoine Bell se rappelle la remarque d’un de ses coéquipiers à Marseille dans les années 80, devenu depuis entraîneur, qui lui dit qu’il pensait que sa couleur allait partir sous la douche, des kilos de bananes stockés dans les gradins du stade Vélodrome pour lui jeter dessus quand il revient avec le maillot de Bordeaux.

La France, mais aussi l’Espagne, la Russie, la Moldavie, la Grèce, la Turquie, l’Argentine également où le milieu de terrain Felix Orode essuie des insultes à chaque match et explique qu’il a envie « de faire boire à ces supporters le poison qui sort de leur bouche ».

Un point commun : tous déplorent l’immobilisme du milieu du football à ce sujet

L’ancien joueur du PSG et de l’Atletico Madrid Peter Luccin estime ainsi qu’à « une certaine époque on a trop laissé passer les actes racistes si bien qu’aujourd’hui c’est devenu banal ».

Plusieurs d’entre eux reviennent ainsi sur les insultes qu’a reçues récemment Moise Kean auxquelles l’international italien a répondu en allant célébrer son but devant les supporters adverses qui les avait proférées. Avant d’être rabroué par son coéquipier de la Juventus Turin Leonardo Bonucci. « Il faut arrêter les campagnes antiracistes qui ne servent à rien », juge l’international sénégalais Ricardo Faty, qui privilégie la grève, évoquant les Gilets jaunes. Mais « est-ce qu’on est assez solides pour ça ? » se demande-t-il.

Est-ce que surtout les instances du football sont prêtes à réellement prendre des mesures ? Abdeslam Ouaddou regrette ainsi l’absence de réaction de l’arbitre lorsqu’il est victime d’actes racistes lors d’un match Metz Valenciennes en 2007… mais aussi la simple opération de com gouvernementale qui a suivi… le secrétaire d’État aux sports vient lui rendre visite chez lui accompagné d’une équipe de télévision… puis plus rien.

Le sport confronté au racisme, mais aussi à l’homophobie

« Embrassez qui vous voudrez », titre L’Équipe magazine qui consacre la quasi-intégralité de ses pages à la question de l’homosexualité dans le sport. Mais l’injonction est loin d’être évidente.

Un long article revient ainsi sur le destin tragique de l’attaquant anglo-nigérian Justin Fashanu, premier footballeur professionnel à avoir révélé son attirance pour les hommes en 1990. Il se suicidera 8 ans plus tard après une carrière erratique. Depuis, aucun footballeur de premier plan n’a osé faire son coming out et les insultes homophobes continuent de se déverser sur les réseaux sociaux et dans les stades. L’Equipe donne la parole à des supporters LGBT qui font part de leur malaise face à ce phénomène. « Le sujet n’est pas encore assez pris au sérieux » estime Mélanie, fan du PSG, alors que Yohann, qui soutient Marseille, pense que les joueurs devraient clamer « haut et fort que cette forme d’encouragement ne leur plait pas ». Dave, supporter d’Arsenal, explique que son club et son kop sont désormais attentifs à ce sujet et révèle que les stadiers du club interviennent quand des insultes homophobes sont lancées.

Mais pour les amateurs, se pose la question de la pratique au quotidien : aller dans un club classique ou privilégier les associations sportives LGBT qui éclosent un peu partout ? Les points de vue sont contrastés, plusieurs témoins affirmant que les choses évoluent positivement en tout cas dans des sports moins exposés que le football.

Certains ont toutefois pris le parti de revendiquer leur appartenance sexuelle par le sport. C’est le cas de l’équipe de water-polo des Crevettes Pailletées. Une histoire de potes dont l’un des fondateurs du club, le réalisateur Cédric le Gallo a tiré un film qui sort ce mercredi dans les salles.

L’ascension de François Xavier Bellamy

« La droite est de retour », titre Le Figaro Magazine, grâce à la tête de liste des Républicains aux élections européennes. Ils sont en réalité trois à occuper ce poste, mais la presse n’a d’yeux que pour le jeune professeur de philosophie, idole de la frange conservatrice du parti. Le Figaro évoque les salles combles quand le candidat tient meeting… Un engouement dont se fait également écho M Le Monde dans son « voyage en terre de droite ».

L’hebdomadaire raconte son périple de Bordeaux à Versailles en passant par la Touraine, mais pas par la Lorraine. Et « à force de croiser des gaullistes décoiffés par trop de modernisme, des fillonistes ulcérés par tant d’injustice, des sarkozystes irréductibles ou des lepénistes qui s’ignoreraient presque », le journal se dit que la droite n’est « pas prête à se jeter dans les bras du macronisme, mais que si Wauquiez ne représente pas forcément le renouveau, Bellamy bénéficie lui d’une sacrée cote ».

Laurent Wauquiez, « pas antipathique, mais presque » explique un militant vendéen, alors que Bellamy plait beaucoup « sa façon de parler. Il donne du sens ». Mais pour d’autres, le parti va mal, les décisions ne sont pas prises… bref « on minaude » selon un retraité bordelais.

Et ça, c’est grave pour François Xavier Bellamy pour qui la civilisation européenne est en danger. Dans l’entretien qu’il accorde au Figaro, il défend une Europe dopée aux valeurs des civilisations antiques et à celles de la « tradition chrétienne ». Le candidat LR défend un durcissement des politiques migratoires en Europe et appelle à davantage de protectionnisme pour l’économie de l’Union. Bref, « il parle au cœur de la droite » résume le dossier réalisé en partie par un journaliste que François Xavier Bellamy a la courtoisie de citer parmi ses références. Et l’on s’étonne en terminant notre lecture qu’un autre Bel Ami, celui de Maupassant, ne soit pas cité : « ah qu’il est difficile de trouver un homme qui ait ainsi de l’espace dans la pensée ».

Revue de presse française – À la Une: Castaner acculé mais pas isolé

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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale. Présentée par Frédéric Couteau du lundi au jeudi, par Norbert Navarro le vendredi et le samedi, ainsi que la revue de presse des hebdos le dimanche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Je n’aurais pas du employer le mot « attaque » a reconnu le ministre. « Une fuite en aveux » estime Libération, qui relève que ce mea culpa « ne passe pas à gauche » où une commission d’enquête est réclamée a minima quand il ne s’agit de la demande pure et simple de démission de Christophe Castaner.

Le résultat d’un gouvernement jouant « la carte de la tension à outrance » selon Le Courrier Picard alors que La Marseillaise estime que ce ministre, « maillon faible » « a franchi une ligne rouge dans une démocratie ».

Dure critique également dans La Voix du Nord pour qui « un bon ministre de l’Intérieur doit allier finesse et autorité », or, « Christophe Castaner ne déborde ni de l’une ni de l’autre », se prenant les pieds dans le tapis avec « ses grosses ficelles de communication ». « Il surjoue l’autorité pour endosser un costume qui lui sied décidément très mal » juge de son côté Mediapart, dans un article intitulé « Castaner, premier pyromane de France », se demandant « comment [le] prendre au sérieux lorsqu’il explique que le mouvement des « gilets jaunes » s’est radicalisé ».

Les Gilets Jaunes qui se mobilisent pour un Acte 25 qui pourrait être de faible ampleur

Et L’Union se demande ce qu’il reste du mouvement ? « Pas grand-chose » selon le quotidien régional : « un salmigondis de râleurs impénitents, de révoltés fantasmant une révolution et de petits malins ne voulant pas passer à côté de l’occasion de semer le foutoir […] loin du vrai malaise de tous ceux qui se retrouvent hors-jeu soit qu’ils vivent loin des métropoles, soit qu’ils payent la casse industrielle ou la dislocation des liens sociaux, voire les trois en même temps. »

« Tenir bon a-t-il encore une pertinence ? » se demande Le Midi Libre « après les 17 milliards d’euros de mesures diverses annoncées par Emmanuel Macron et censées apaiser les colères de notre pays ? » Le journal se satisferait en tout cas d’un samedi calme sans casse ni dérapage de Christophe Castaner « un bonheur collectif auquel nous ne dirions pas non. »

Le nouveau visage de l’exploitation, les livreurs des grandes plateformes numériques

« Ils savent pertinemment qu’ils se font exploiter, mais le principe de réalité l’emporte. Ils sont en galère de thunes depuis qu’ils sont petits et là ils peuvent faire 500 euros en une semaine. »

Libération consacre un long dossier aux livreurs mineurs qui travaillent pour UberEats, Deliveroo ou Stuart. Des plateformes qui s’engagent pourtant à ne faire travailler que des entrepreneurs de 18 ans et plus. Mais le peu de vérification et un vaste trafic de comptes organisant de la sous-traitance permettent facilement de contourner ces restrictions.

Résultat de nombreux adolescents parcourent la nuit les rues des grandes villes à vélo ou à scooter pour aider leurs parents à boucler leurs fins de mois explique le journal qui donne de nombreux exemples comme Abdel, en Terminale, qui explique avoir commencé vers 15/16 ans et qui reconnaît que ses notes sont depuis en chute libre.

Résultat leurs enseignants sont inquiets forcément

Des professeurs interrogés par Libération affirment voir de plus en plus d’élèves dormir en cours, quand ils sont là. « Uber fabrique de l’échec scolaire » affirme un conseiller principal d’éducation « ou du moins y participe ». Mais c’est une réalité sociale à laquelle l’éducation nationale doit s’adapter en raison de l’appauvrissement des familles dans les quartiers populaires, explique le journal.

Du côté des plateformes, on botte en touche même si Uber affirme faire des efforts en la matière. Mais la situation pourrait vite s’éclaircir car le gouvernement et la majorité parlementaire envisagent de créer un statut spécifique pour les travailleurs des plateformes numériques indique Le Monde. Objectif, forcer les entreprises à garantir davantage de droits, temps de travail maximum, prix décent de la prestation, à ceux qui sont de fait leurs employés.

Les plateformes annoncent pourtant avoir déjà avancé en la matière

Stuart par exemple qui appartient au groupe La Poste, offre une assurance responsabilité civile professionnelle, une aide à l’accès au crédit ou la mutuelle des postiers. C’est ce qu’indique le patron de la Poste, Philippe Wahl, dans un entretien aux Echos. Il défend également le recours aux auto-entrepreneurs, « les conditions d’emploi étant selon lui déterminantes pour la viabilité des modèles économiques. »

Stuart, qui appartient donc à une entreprise majoritairement détenue par l’Etat français, dont on apprend dans Libération qu’elle est actuellement la plateforme la plus prisée par les adolescents livreurs.

Libération consacre également 4 pages aux délogés de Marseille, 6 mois après l’effondrement meurtrier de deux immeubles dans la cité phocéenneLe drame a poussé la mairie et les pouvoirs publics à agir contre les constructions présentant des risques d’écroulement. Ils sont ainsi près de 2 600 à avoir dû quitter leur logement ces derniers mois souvent sans solution de à long terme. Libération donnent la parole à plusieurs d’entre eux, qui avouent leur angoisse face à cet avenir pavé d’incertitudes.

Il faut dire que la tâche est énorme à Marseille comme l’indique Mediapart dans un long article sur le sujet : 40 000 logements privés potentiellement indignes avaient été identifiés dès 2015 précise le site d’information… pour 100 000 personnes concernées sur les 860 000 habitants.

Mais la ville ne parvient déjà pas à s’occuper des cas les plus urgents… ceux des 2 600 évacués. Certains, explique Médiapart, dorment encore dans des gymnases et pour les rares ayant pu revenir dans leur logement, les travaux effectués ne sont guère rassurants et les propriétaires marchands de sommeil n’hésitent pas être menaçants.

Problème supplémentaire, les interlocuteurs officiels ont tendance à se renvoyer la balle. Et comme le résume l’une des sinistrées, « on dirait que nous sommes porteurs d’une épidémie ».

C chiffre : 4. Ce sont les derniers survivants de l’ordre des Compagnons de la Libération, ces hommes et ces femmes ayant œuvré souvent héroïquement pour la France durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le Monde leur consacre une très belle double page à ces 4 survivants, mais pas à eux seulement car comme l’auteur de l’article l’explique, quand il a commencé ses interviews, ils étaient encore une vingtaine encore en vie.

Ne restent aujourd’hui que Daniel Cordier, Hubert Germain, Pierre Simonet et Edgard Tupët-Thomé pour porter la parole de ceux qui « avaient dit non à la fatalité de la défaite ».

Ceux-là et ceux qui s’en sont allés depuis racontent ce qui les a décidés, leurs batailles, leurs blessures. Et puis la suite, des engagements politiques pour certains, un Prix Nobel de médecine pour un autre, François Jacob, qui quand il entre à l’Académie Française célèbre ceux « pour qui la paix ne s’achète pas à n’importe quel prix, l’éternelle poignée de ceux qui pour témoigner sont prêts à se faire égorger ».

Revue de presse française – A la Une: la polémique de la fausse attaque de l’hôpital

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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale. Présentée par Frédéric Couteau du lundi au jeudi, par Norbert Navarro le vendredi et le samedi, ainsi que la revue de presse des hebdos le dimanche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

« La fake news venait de l’intérieur » titre Libération, qui revient en détail sur cette affaire. Minute par minute, le quotidien explique sur ce qu’il s’est passé et réfute la version du gouvernement qui évoquait « une attaque dans l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, menée par des dizaines de militants anticapitalistes d’ultragauche black blocs. »

« Un vent de panique plutôt qu’une intrusion » explique Le Figaro dans un reportage mené auprès du personnel hospitalier. Des manifestants auraient simplement tenté d’échapper aux gaz lacrymogènes avant d’être interpellés par la police dans l’enceinte de l’établissement.

Bref, « tel Donald Trump, Castaner a tweeté plus vite que son ombre » ironise Libération pour qui le fait « qu’un ministre de l’Intérieur se permette de tweeter une information aussi grave sans prendre la peine de la vérifier décrédibilise la fonction. »

Le Républicain Lorrain estime que « dans la guerre de l’image à laquelle se livrent « gilets jaunes » et gouvernement, l’incident a pris des proportions peu en rapport avec les faits réels. Plus qu’une anecdote, cette double lecture est le symptôme de l’immense fossé séparant désormais la rue et l’État. »

Enfin pour L’Union, « la morale de cette histoire, c’est que, soit Christophe Castaner est mal informé, ce qui n’est pas très glorieux pour un ministre de l’Intérieur, soit il est un menteur patenté, auquel cas sa parole est durablement discréditée. Et, dans tous les cas, si la loi antifake news qu’il appelle de ses voeux avait cours, il serait déjà [dans la prison de] Fleury-Mérogis. » Pas de pitié pour Castaner dans la presse française ce matin.

Guère de mansuétude non plus pour Emmanuel Macron, une semaine après sa conclusion du grand débat national

Le Monde revient par exemple sur l’une des mesures annoncées par le président français : la mise en place dans chaque canton du pays d’une maison France Service, regroupant par exemple, Pôle emploi, la Poste ou encore les allocations familiales. Et bien c’est « quelque peu survendu » selon le quotidien. Outre le fait que des Maisons du Service au Public existent déjà depuis presque 20 ans… l’objectif affiché d’en ouvrir 2000 au total est très modeste, puisque 1676 sont déjà en service ou en voie d’ouverture. Et le fonds censé les financer est quant à lui en déficit. Le Monde note également que le risque est de voir l’État se délester de ses obligations au détriment des collectivités locales… « La vigilance s’impose » conclue le journal du soir.

Bonne nouvelle cependant pour le gouvernement français, la reprise de l’aciérie Ascoval dans le Nord du pays, qui il y a encore quelques semaines semblait promise à la fermeture

« Les ouvriers sur un petit nuage », titre Libération après que la proposition de la compagnie anglaise British Steel a été acceptée par le tribunal chargé de superviser les offres de reprise de la société. Le quotidien évoque l’implication importante de l’État français et des collectivités locales depuis 18 mois pour trouver une solution viable.

Le Parisien modère lui cet optimisme dans un reportage auprès des employés d’Ascoval, qui restent prudents : « à force de jouer avec nos émotions depuis toutes ces années, nous avons du mal à nous enthousiasmer, nous avons souffert » explique au journal un délégué syndical.

À charge donc pour la nouvelle direction de garnir les carnets de commande, mais selon Le Journal de la Haute Marne, « au moins les pages du livre sont-elles désormais vierges. Elles restent à écrire. On n’avait que trop l’habitude de ces drames sociaux dont on connaissait l’issue avant la fin de l’histoire. »

Les journaux français s’intéressent également ce matin à la stratégie des États-Unis pour faire pression sur l’Iran

« Donald Trump étrangle l’Iran » annonce Mediapart, qui explique comment Washington est en train d’assécher l’économie iranienne en la privant de la manne pétrolière. « Un nœud coulant passé au cou » du régime iranien selon Le Monde, qui explique que les États-Unis ont mis fin aux dispenses de sanctions dont bénéficiaient 8 pays qui continuaient d’importer le pétrole iranien. Le risque, expliquent Mediapart et Le Monde, c’est d’affaiblir la frange modérée des dirigeants iraniens et d’aboutir par exemple à la relance du programme nucléaire mené par Téhéran. Mais à la Maison-Blanche, pas question de renoncer à la doctrine de la « pression maximale » sur l’Iran, portée notamment par le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, qui milite depuis des années pour une intervention armée.

Libération de son côté illustre l’impact des sanctions avec un reportage sur un cimetière d’avions dans l’aéroport de Mehrabad à Téhéran. Des dizaines d’avions de ligne y sont immobilisés, trop vétustes pour voler et sans moyen de les réparer. L’Iran manque de pièces et de main-d’œuvre pour les entretenir en raison des restrictions. Résultat, un avion d’une compagnie norvégienne qui avait dû se poser en urgence à Shiraz dans le sud du pays, y est resté bloqué pendant 2 mois. Des exceptions sont toutefois possibles, car comme l’explique Libération, « personne n’a intérêt à ce que les sanctions provoquent des crashs à répétition ».

Retour en France, Emmanuel Macron l’a annoncé, la cathédrale Notre Dame de Paris devra être rebâtie d’ici 2024, mais encore faut-il se mettre d’accord sur la manière de le faire

Et la bataille des projets fait rage : c’est même la guerre des Anciens contre les Modernes explique Le Parisien. Car il y a ceux pour qui il faut reconstruire à l’identique ou quasiment et d’autres qui défendent l’idée d’une adaptation aux techniques actuelles, voire celle de repenser totalement la toiture de l’édifice.

Le Parisien propose ainsi en images 10 projets fous pour Notre Dame… alors cela va de toitures en verre ou en vitraux couplés à différents matériaux… jusqu’au côté nature avec une jardinière sous un toit transparent voire une forêt avec des arbres bien vivants pour remplacer la charpente dont c’était le surnom. Mais certains architectes vont plus loin avec par exemple cette idée de ne pas rebâtir la flèche installée au 19e siècle par Violet Leduc et qui est tombée lors de l’incendie, mais la remplacer par un faisceau lumineux. Je vous épargne le projet qui remplacerait cette flèche par une structure en forme de flamme… pas de très bon goût.

Cela fait en tout cas beaucoup rire des internautes cités par Le Parisien qui imaginent par exemple un toit en panneaux solaires pour alimenter de fausses bougies en électricité. Mais nettement moins le ministre de la Culture Franck Riester qui estime que les Français n’accepteraient pas quelque chose d’ultramoderne.

Alors qui des Modernes ou des Anciens vont triompher… ce n’est plus la bataille d’Hernani, mais celle de Notre Dame de Paris.

Revue de presse française – A la Une: 1er mai, «l’insurrection attendra»

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Au lendemain des traditionnelles manifestations, la presse retient plusieurs images. La première, symbolique, a fait le tour des réseaux. Celle de La Rotonde, le restaurant parisien où Emmanuel Macron avait fêté sa victoire à la présidentielle. Hier il était encerclé par un cordon impressionnant de gendarmes mobiles. Une garde rapprochée qui traduit l’ampleur du dispositif de sécurité dans la capitale. Après un Mc Donald saccagé l’année dernière, une Rotonde barricadée cette année.

« Comme si elle incarnait ce président dont les gilets jaunes réclament semaine après semaine la destitution » écrit Libération.

Mais à l’image de La Rotonde, Paris n’aura donc pas été véritablement défiguré. Alors c’est d’abord « le soulagement » qui prévaut ce matin selon Le Figaro. « Les prophètes de l’apocalypse, les sectateurs de l’émeute avaient promis le chaos : il n’a pas eu lieu. Cette extrême gauche qui ne reconnaît qu’une violence légitime, la sienne, a dû remettre son grand soir à plus tard : il faut s’en réjouir […] », le quotidien conservateur garde le sourire. 

Les syndicats, eux, font grise mine, ils ont été totalement dépassés

Oui car « S’il s’agissait de fêter le travail, c’est celui des CRS qui a monopolisé les écrans » résume La Charente Libre. Les violences ont une nouvelle fois monopolisé l’attention, ce qui pousse L’Humanité à s’indigner ce matin :

« Des casseurs, une répression policière aveugle et sans aucun discernement, et même un secrétaire général de la CGT gazé… Tout fut donc entrepris pour tenter de détourner le sens et l’esprit de la Fête des travailleurs. »

L’Huma fait ici référence à une autre image forte, celle de Philippe Martinez contraint de quitter temporairement le rassemblement pour échapper aux violences. « La police nous a clairement gazés et chargés, accuse le secrétaire général de la CGT. Je me trouvais tout près de la camionnette de l’Union régionale, floquée de nos drapeaux rouges, il ne pouvait y avoir aucune confusion. »

Les syndicats dénoncent donc de manière quasi unanime un maintien de l’ordre « scandaleux », rappelle Mediapart. « On n’a jamais connu de telles scènes violentes. C’est à l’image du pouvoir », s’emporte aussi une retraitée de la CGT dans les colonnes du parisien ce matin.

C’est certain, l’humeur de ce premier mai parisien n’était pas vraiment à la franche rigolade.

« Du monde, du soleil et du muguet : cela ressemble à un 1er Mai, mais ce n’est pas un 1er Mai » souligne Les Echos. Les banderoles sont rares. L’odeur des merguez a disparu sous celle des grenades lacrymogènes.

Autre image marquante, ces manifestants qui ont tenté de pénétrer dans l’hôpital de la Pitié Salpetrière

La scène est édifiante, elle est racontée notamment dans 20 Minutes ce matin. « Des dizaines de participants ont fait brièvement irruption ce mercredi dans l’hôpital parisien. Certains ont même tenté de pénétrer dans un service de réanimation avant d’être délogés par la police » raconte la directrice de l’établissement. Une trentaine de personne ont été placée en garde à vue, le ministre de l’Intérieur parle d’une « attaque ». D’autres manifestants évoquent, eux, les gaz lacrymogènes qui auraient conduits certains d’entre eux à se réfugier dans l’hôpital.

Cette polémique fait donc échos à celle sur les violences policières. Et dans ce contexte une vieille affaire refait surface. L’Affaire Malik Oussekine, du nom de cet étudiant franco-algérien mort sous les coups de matraques de policiers en marge d’une manifestation, c’était en décembre 1986. Un député LaREM, et ancien patron du RAID, Jean Michel Fauvergue, avait affirmé sur France 5 qu’il faillait désormais « oublier cette affaire ». Seule solution pour permettre aux forces de l’ordre de se libérer de ce traumatisme selon lui. Tollé dans l’opposition, qui s’indigne. Interrogé aujourd’hui par Le Parisien, le député assure « ne pas regretter ses propos. Pour lui, ces critiques relèvent de la bien-pensance ». On ne sait pas en revanche, de quoi relève la mémoire sélective.

La lutte contre la bien-pensance, c’est son cheval de bataille. Marine Le Pen organisait hier un « banquet patriotique » à Metz.

Mais son premier mai, aussi, a mal tourné. En marge du meeting de la responsable d’extrême droite, un incident avec des militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Ils tentaient de distribuer des tracts lorsqu’ils ont été pris à parti par le service d’ordre du Rassemblement national, explique franceinfo.

Dans une vidéo diffusée par l’UEJF, on voit le service d’ordre évacuer plusieurs personnes manu militari. Puis cela dégénère, des coups sont portés. Ce qui pousse Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a réagir ce matin: « Le Rassemblement national a beau chercher à ripoliner sa façade, les couches de peinture ne seront jamais assez épaisses pour masquer sa nature profonde ». L’UEJF et le Rassemblement national ont tous deux annoncé qu’ils portaient plainte.

Et puis c’était une fête du travail sous tension aussi au Venezuela

Un homme cagoulé devant une barricade en feu, la photo en Une du site de la Croix nous vient non pas de Paris mais de Caracas, où « le 1er mai 2019 a commencé avec 24 heures d’avance » nous dit le journal, référence aux affrontements très violents la veille entre l’armée et des manifestants de l’opposition.

« Une tentative de coup d’État » selon les mots du président Nicolas Maduro. Mais son principal opposant Juan Guaido avait appelé ses partisans à continuer le combat. « Pour ce premier mai, il entendait faire la « plus grande manifestation de l’histoire du Venezuela », ils étaient donc des milliers à agiter des drapeaux et crier leur rejet du président Maduro » raconte France24. Mais là non plus ce n’est pas le grand soir attendu. Le régime est toujours en place.

Le 1er  mai vénézuélien a donc surtout ressemblé à un « bras de fer entre Maduro et Guaido » estime Le Monde. Bras de fer tragique car une femme a perdu la vie, tuée par balle selon une ONG. Une trentaine de personnes ont également été blessées.

Malgré les violences, l’opposition ne désarme pas : « « On va continuer dans la rue jusqu’à obtenir la liberté », a lancé hier Juan Guaido à la foule de partisans. Avec peut être un changement de méthode à venir, une grève générale se dessine. » Arrêter de travailler, Voilà qui ressemble un peu plus à l’esprit du 1er mai.

Revue de presse française – A la Une: une forte odeur de lacrymogène

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Une odeur qui nous vient d’abord du Venezuela, et qui nous chatouille quelque peu les narines face aux images des affrontements violents hier entre l’armée et les manifestants de l’opposition. Barricades en feu, soldats complètement dépassés, armes à la main et cette foule en colère, qui jette des pierres sur des blindés.

Des images qui traduisent la confusion qui régnait autour de « la Carlotta » à Caracas. La Carlotta, c’est « une base militaire où se trouvait hier le principal opposant à Nicolas Maduro, Juan Guaido ». C’est depuis cette base, explique Le Monde, « qu’il a tourné, à l’aube, une vidéo qui a mis le feu aux poudres, revendiquant le ralliement à sa cause d’un groupe de soldats. Guaido a ensuite quitté la base aérienne perché sur un pick-up et entouré d’une foule l’acclamant et criant : « Sí se puede ! » (« Oui, on le peut ! ») ».

Alors très vite, le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce un « coup d’Etat ». Dans les rues, des dizaines de manifestants sont blessés, souligne France Info. On retient notamment cette image choc qui a fait le tour des réseaux sociaux, et que l’on voit par exemple sur le site du Parisien : un blindé du gouvernement qui fonce sur la foule de manifestants.

La situation est toujours confuse ce matin, et l’opposition appelle à poursuivre les manifestations aujourd’hui

Pour 20 minutes, « l’objectif affiché du président autoproclamé est désormais de maintenir la pression dans la rue »

Mais il y a une question à la une de la presse aujour’dhui : sur quelles forces peut réellement s’appuyer Juan Guaido au sein de l’armée ? Quelle est l’ampleur des des défections ?

« Même s’il a reconnu que l’opposition vénézuélienne n’avait pas réussi à faire basculer dans son camp le haut commandement militaire, explique Ouest France., Guaido a insisté sur le fait que des failles avaient été mises en lumière dans leur soutien à Nicolas Maduro »

A côté des images d’émeute au Venezuela, celles d’une foule qu’on aimerait pacifique pour les manifestations du 1er mai en France

C’est avec des images d’archives, de cortèges joyeux que la plupart des médias nous parlent aujourd’hui du 1er mai. Traditionnel jour de mobilisation, placé cette année plus que jamais sous le signe de la convergence des luttes. « Syndicats, gilets jaunes, et écologistes au programme des manifestations » nous dit Le Monde. Une journée en rouge, jaune, vert…et noir.

Car à la Une des journaux il y a aussi le risque de violence. « Des blacks blocs, plus violents, qui ont été appelés à transformer Paris en « capitale de l’émeute » et à « en faire une journée d’apocalypse » raconte Le Parisien,

« Un an après un 1er-Mai marqué par l’incendie d’un Mc Donalds à Paris et les violences commises en marge du défilé par Alexandre Benalla, rappelle pour sa part l’Express, gouvernement et forces de l’ordre craignent de nouveaux affrontements pour la fête du Travail »

Le dispositif de maintien de l’ordre sera donc encore largement renforcé. Un véritable test pour la doctrine instaurée depuis cinq semaines. Le président Emmanuel Macron l’a promis, la réponse sera « extrêmement ferme » en cas de violences.

Plus de 7400 policiers mobilisés, des contrôles préventifs, des zones d’interdiction de manifester, des unités anticasseurs à pieds et à moto, des drones… les forces de l’odre promettent de durcir le ton explique France Info. A Paris, aussi, cela risque donc de sentir fort le gaz lacrymogène aujourd’hui.

Avec ce risque de débordements lors des manifestations, on en oublierait presque de parler du travail !

Et pourtant « le travail, c’est primordial » nous dit Sabrina dans La Croix. Mais Sabrina, elle, n’en a pas, de travail. Tour à tour serveuse, vendeuse, cuisinière… elle est désormais au chômage, avec deux filles à la maison en Saone et Loire. Mais avec son gilet jaune sur le dos, elle est loin d’avoir renoncé, « hors de question de ne pas travailler, pour gagner de l’argent mais aussi pour sortir de chez soi et avoir une vie sociale ».

Christophe lui est sur les ronds points à Nantes depuis 6 mois, il nous dit « aimer beaucoup son métier » de conducteur de travaux, mais il observe aussi que la pression est de plus en plus forte. « Avant, pour construire une maison, on se donnait un an. Maintenant, il faut tout finir en huit mois ». Résultat : « il en est facilement au double des 35 heures ». Une cadence infernale pour 1800 euros net par mois. Le travail, c’est donc pas forcément la santé.

Ce qui inquiète aussi les français, c’est la perte de sens dans leur travail.

C’est ce que nous dit une étude parue hier dans le Figaro. « Un français sur 5 ne percevrait ni le sens, ni l’utilité de son emploi ». Ces travailleurs ont la sensation d’occuper un « bullshit job », un « job à la con » selon la formule consacrée par l’anthropologue américain David Graeber.

Alors pour soigner ce nouveau mal du siècle, l’étude avance quelques pistes. « Pour plus de 20% des Français, le salut passerait par la création de sa propre activité » souligne le Figaro. Voilà une statistique très « start up Nation » qui en ce jour de mobilisation sociale devrait faire plaisir à l’exécutif.

Et puis 1er mai rime aussi chaque année avec muguet

Cette tradition botanique remonte à la Renaissance nous raconte RTL. La fleur devient alors un porte-bonheur que l’on offre aux dames de la cour depuis Charles 9 pour célébrer le printemps. Mais plus tard, c’est le maréchal Pétain qui impose le Muguet pour la fête du travail nous dit l’historienne Mathilde Larere. « Le muguet remplace l’églantine jugée trop prolétarienne, trop rouge, trop révolutionnaire ».

Voilà pour l’histoire, et puis sachez aussi Arnaud, si l’idée vous en prenait de m’offrir un brin de muguet aujourd’hui, que cette plante peut être très toxique. Un poison mortel se cache en effet dans la tige et les feuilles nous apprend le Dauphine. Alors « muguet, joli mois de mai », mais il y a peut-être mieux pour couvrir les odeurs de lacrymogène.

 

Revue de presse française – A la Une: «Alerte, la biodiversité s’effondre»

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Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale. Présentée par Frédéric Couteau du lundi au jeudi, par Norbert Navarro le vendredi et le samedi, ainsi que la revue de presse des hebdos le dimanche. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Les médias sonnent l’alarme face à la destruction accélérée du vivant. Pourquoi maintenant, me direz-vous ? Parce que les délégués de 132 pays, mais aussi des experts, des scientifiques, sont réunis depuis hier et toute cette semaine à Paris. Une sorte de GIEC de la biodiversité pour réfléchir, évaluer, et alerter donc sur la 6e extinction de masse. Cette extinction, dramatique, qui se déroule en ce moment sous nos yeux.

« Alerte » peut-on lire, donc, à la Une de nombreux journaux aujourd’hui. « Alerte rouge » même sur le site du Monde. Mais parfois les superlatifs manquent pour décrire l’urgence de la situation.

« Alerte, silence. Alerte rouge, silence. URGENCE, SILENCE. La sonnette est fatiguée de retentir dans le vide à propos de la disparition des espèces » se désole ainsi Libération. « On nous répétera que des centaines de milliers d’espèces pourraient disparaître en quelques décennies. Une catastrophe qui nécessite des décisions radicales et pour laquelle Emmanuel Macron n’a pas eu un mot lors de la prise de parole qui devait dessiner le grand tournant du quinquennat. La violence de la sixième extinction de masse a-t-elle assommé les responsables politiques ? » S’interroge Libé, en connaissant déjà la réponse.

L’écologie serait donc la grande oubliée des annonces d’Emmanuel Macron

Le rendez-vous parisien sur la biodiversité arrive quelques jours seulement après la prise de parole du président de la République. Et rien sur l’écologie peut-on lire aussi sur le site de BFMTV. « Aucun gouvernement au monde n’en fait assez, aucun, y compris en France. Et c’était vrai sous François Hollande, c’était aussi vrai avant l’accord de Paris, sous Nicolas Sarkozy, et c’est vrai aujourd’hui sous Emmanuel Macron ». Ce bilan, il est signé Pascal Canfin, l’ancien président de WWF aujourd’hui sur la liste du parti présidentiel aux européennes. Figure de l’écologie et récente prise de guerre de la République en marche, il a tout de même haussé le ton hier sur LCI.

« Il ne faut plus réclamer le changement, il faut le provoquer » pourrait presque lui répondre Pierrick qui s’exprime dans les colonnes du site Reporterre. Pierrick c’est un habitué des ronds-points tenus par les « gilets jaunes », mais c’est aussi un militant pour le climat. Il prône la « désobéissance civile », seule stratégie à même selon lui de faire bouger la politique. Mais sur le terrain aussi, la tâche est difficile. Pour preuve : Pierrick était ce weekend end à Verdun, et il s’est senti bien seul au milieu de la centaine de personnes réunie pour le Printemps du changement. Une initiative qui visait « la convergence entre Gilets jaunes et Marcheurs pour le climat, et qui n’a pas vraiment pris » se désole Reporterre.

Ce n’est donc pas un vent d’optimisme qui souffle ce matin dans les kiosks français, car les perspectives de changement, en France, comme à l’étrangers, sont bien minces : « Allez dire au président Bolsonaro, qu’il faut arrêter de massacrer la forêt amazonienne avant que la planète ne puisse plus respirer, lance le Courrier picard ; allez dire à Trump qu’il faut cesser l’exploitation du gaz de schiste pour espérer avoir encore de l’eau potable ; allez dire, allez dire…». Sentiment de lassitude dans la presse, sentiment de l’avoir déjà beaucoup dit.

Les scientifiques, eux, continuent d’égrener une liste d’indicateurs, tous dans le rouge.

Et oui car pourtant, pourtant les chiffres donnent le tournis : « Un quart des espèces évaluées – sur les 8 millions estimées sur Terre – sont déjà menacées d’extinction » explique France Info. Mammifères, amphibiens, oiseaux, poissons, la liste macabre est longue et glaçante. On pourrait aussi y ajouter la destruction du couvert forestier mondial, dont la superficie a reculé de 20 % en un quart de siècle. « La destruction de la nature menace l’homme au moins autant que le changement climatique et mérite donc autant d’attention pour éviter des impacts dévastateurs » résume ainsi La nouvelle République.

Et la France peut tout particulièrement s’inquiéter de cette diminution de la biodiversité. « Le pays figure parmi ceux qui hébergent le plus grand nombre d’espèces menacées au niveau mondial » nous apprend Le Monde. Chez nous un quart des espèces évaluées seraient aujourd’hui menacé d’extinction, et le risque ne fait que s’accroitre dans l’hexagone. Ce « très riche patrimoine en péril  » donne pourtant à la France « une responsabilité toute particulière (…). Pour convaincre de sa détermination à pousser les négociations internationales en faveur du vivant, la France devra commencer par se montrer exemplaire pour sa propre biodiversité ».

Il y a aussi dans les médias ce matin quelques raisons d’espérer

Pour cela il faut aller par exemple dans la Drome, comme l’a fait Le Figaro. Plus précisément dans la Réserve de vie sauvage du Grand Barry. « 130 hectares de terres couvertes de prairies et de forêts nichés à 800 mètres d’altitude, un véritable refuge pour la faune local ». Si l’on y voit renards, chamois, ou petits geais des chênes, c’est grâce à une association qui avec des dons privés, a pu acheter ce lopin de terre et y réaliser une « expérience singulière : le retour définitif à la vie sauvage ». Ici tout est préservé de l’homo détruitus. Les images en noir et blanc d’une petite caméra fixée sur un arbre captent ainsi cette nature qui revit. 156 déclenchements automatiques de l’appareil au dernier relevé, la biodiversité, quand on la protège, peut aussi se porter comme un charme.

Et puis cette autre image qui let du baume au cœur, elle est à découvrir dans Sud Ouest. Celle de l’ours Sorita, l’une des deux ours slovènes relâchées dans le Béarn en octobre dernier. Elle aussi se porte bien, la preuve, on la voit aujourd’hui avec deux oursons, se promener dans les hautes Pyrénées. La nouvelle peut énerver les éleveurs, elle rassure certainement les écolos. Mais la question de la préservation de la biodiversité dépasse bien sur ces divisions. Et de loin. Car entendons ce constat de Bruno David, président du Museum national d’histoire naturelle. Il nous dit dans l’Obs que « notre irresponsabilité nous menace nous-même. La vie sur terre continuera d’exister, mais peut-être, sans l’espèce humaine ».