L’EPOPEE DES MUSIQUES NOIRES – 17/03/2019

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Retrouvez L'épopée des musiques noires sur Facebook et Twitter. *** Jusqu'au 27 octobre 2018 inclus : Diffusions : - Le samedi à 12h30 TU sur RFI Monde (sauf Paris) - Le samedi à 20h30 TU vers l'Afrique haoussa - Le dimanche à 17h30 TU sur RFI Afrique ; - Le dimanche à 19h30 TU sur RFI Monde (21h30 heure de Paris à Paris) - Le lundi à 02h30 TU sur RFI Afrique. A partir du 28 octobre 2018 : Diffusions : - le dimanche vers le monde et Paris à 15h30 TU, vers l'Afrique à 16h30 TU, vers l'Afrique haoussa à 20h30 TU, le lundi vers l'Afrique à 02h30 TU.

La vie de Nat King Cole fut un combat constant contre toutes formes de discrimination et pour une justice sociale à l’égard des Noirs d’Amérique. Cela passait par une attitude, une image et un discours qui, à cette époque lointaine, ne pouvaient pas être trop agressifs au risque de subir la violence physique et morale de l’administration blanche toute puissante. Ainsi, Nat King Cole choisit l’élégance, la dignité, la retenue, la finesse, pour imposer une représentation respectable du citoyen afro-américain.

C’est en tant que pianiste que Nat King Cole se fait d’abord remarquer. Avec son trio, il propose un jazz accessible, sans aspérités, qui parvient à amadouer le public américain dans son ensemble. Son jeu virtuose et mélodieux inspirera de nombreux instrumentistes dont Oscar Peterson, Erroll Garner, Ahmad Jamal, entre autres… Le pianiste Kirk Lightsey (82 ans) n’était qu’un jeune musicien en devenir lorsque Nat King Cole brillait dans le feu des projecteurs au cœur des années 50 et 60. Il fut profondément marqué par la prestance de son mentor à qui il consacra un album entier en 1990 intitulé From Kirk to Nat. L’impact de Nat King Cole sur ses disciples est indéniable. Pourtant, tous ne sont pas nécessairement des maestros de l’art pianistique.

Le saxophoniste David Murray est, lui aussi, un ferveur admirateur de ce personnage historique, mais il s’y est intéressé sous un angle différent, en se concentrant sur les œuvres en espagnol de son aîné car, on le sait moins, mais Nat King Cole fut très attentif au sort des Latino-Américains qui subissaient, eux aussi, toutes sortes de brimades et d’humiliations quotidiennes de la part des autorités en place. À la fin des années 50, Nat King Cole entreprit donc l’enregistrement de plusieurs albums à destination du public hispanique. Il témoignait ainsi de son soutien aux communautés dites minoritaires.

C’est cependant à la télévision que sa contribution au réveil des consciences fut la plus notable. Les historiens s’accordent à dire que la présentation d’une émission de variétés par un homme noir, à heure de grande écoute, en pleine ségrégation raciale, fut un événement qui a suscité des vocations. Le chanteur Gregory Porter reconnaît aujourd’hui devoir beaucoup à son illustre prédécesseur : « On a dit que cet homme était consensuel et apolitique mais c’est faux ! Son désir perpétuel de parler d’amour était un engagement politique. Il appelait à un amour universel. Il savait ce qu’il représentait et quel public il voulait toucher. Pour moi, il était le premier Barack Obama. Il avait conscience qu’il devait s’adresser à l’Amérique toute entière. Je lui rends hommage car il est, pour moi, aussi important que Martin Luther King. Je le place dans les grandes figures du XXe siècle ».

Il est évidemment impossible de citer tous les titres, immortalisés par Nat King Cole, restés dans nos mémoires. La nouvelle compilation Ultimate Nat King Cole (Capitol Records) est l’occasion de réviser nos classiques. Le concert du 19 avril 1960 à l’Olympia (Collection Live in Paris – Frémeaux & Associés) est, par ailleurs, une vivifiante introduction au répertoire de ce chanteur et pianiste légendaire.

Le site de Nat King Cole.