Révoltes et consolations de John Berger (Extrait)

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Redonner toute leur place aux grandes oeuvres du patrimoine théâtral

durée : 00:25:09 – Théâtre et compagnie – John Berger nous parle du monde à l’oreille. C’est peut-être là que se tient la grande force de ses livres : les insurrections, les fractures de l’histoire, les paysans qui disparaissent, la condition des migrants, il le chuchote tout contre nous, il en fait notre intimité. John Berger est un révolté, lorsqu’il reçoit le Booker Prize pour G voici quarante ans, il secoue l’Establishment britannique en déclarant qu’il donne la moitié de la somme allouée aux Black Panthers et qu’il consacrera l’autre moitié à un projet sur les travailleurs immigrés (ce sera Le septième Homme). Mais ce qui nous secoue le plus est la manière dont il charrie la langue où il fait se côtoyer, se chevaucher, poésie et prose, épique et quotidien, les vivants et les morts. Comme personne d’autre, John Berger fait apparaître les morts qui illuminent son écriture. Une des pages les plus admirables et les plus consolantes que j’aie jamais lues se trouve dans Un métier idéal, Histoire d’un médecin de campagne. Sassal, le héros, s’est donné la mort, mais ce suicide ne rend pas l’histoire de sa vie plus sombre : « J’y vois autant de lumière que jamais. Elle est simplement plus violemment mystérieuse. » Maryline Desbiolles