Travelling – 25.12.2016

| RTS - Radio Télévision Suisse | Episode du | Durée : 53:45 | RSS | Site Web

Travelling, un déplacement de caméra pour tout connaître de l'histoire du cinéma! Une émission de Catherine Fattebert.. Fichiers audio disponibles durant 30 jour(s) après diffusion. - Pour un usage privé exclusivement.

Bien que Christopher Lee soit devenu, avec Le Cauchemar de Dracula (1958), une vedette à part entière, son retour dans le rôle est retardé de plusieurs années, obligeant les studios Hammer à sortir une première suite au titre quelque peu mensonger, Les Maîtresses de Dracula (1959).
Ce n’est que sept années plus tard que Christopher Lee accepte d’endosser à nouveau la sombre cape sous la direction de Terence Fisher.
Pourquoi avoir attendu si longtemps.
Réponse de lʹintéressé : par crainte dʹêtre prisonnier de cette image de marque et aussi pour des raisons plus prosaïques.
Lee nʹa perçu que la modique somme de 750 livres pour son interprétation du premier Dracula.
Il exige cette fois dʹêtre payé à la journée de tournage.
Ce qui a pour résultat dʹécourter considérablement ses apparitions dans le film. Déjà altéré, le scénario mécontente Christopher Lee et Terence Fisher, étonnés de la médiocrité des dialogues écrits par Jimmy Sangster pour le personnage de Dracula. Du coup, Dracula reste totalement muet pendant tout le film et ne profère que des sons bestiaux.
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Le film commence par une séquence pré générique emprunté à premier Dracula. Elle décrit la destruction du vampire par Van Helsing.
Pendant un long moment, Fisher sʹattaque à nous décrire la psychologie des deux couples dʹanglais invités malgré eux dans le château de Dracula.
Conscient de l’impatience du public, qui ignore encore comment le monstre sera ressuscité, le réalisateur retarde au maximum son apparition, profitant de l’introduction d’un nouveau personnage, le serviteur Klove, pour créer une première frayeur.
Alors qu’il faut attendre, en effet, près de la moitié du film pour qu’enfin intervienne le personnage titre, ce dernier semble d’abord disposé à apparaître à tout moment, créant chez le spectateur un état d’angoisse permanent. Une fois entré en scène, le comte Dracula s’avère malheureusement moins terrifiant que prévu, rééditant, sans vraiment innover, les apparitions choc du premier film. Il ne prononce, en outre, aucune parole, mais le vampire possède encore, en dépit du physique distingué de Christopher Lee, la sauvagerie de la bête à abattre.